la couverture originale de CharlElie

la première proposition de CharlElie et la bonne !

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Point Mort

POINT MORT

Je ne suis point Mort

Ou suis je au point mort ?

Impossible d’enclencher une vitesse

Manuelle ou Automatique

Le temps qui passe me stresse

Je dois aller en sens unique

Mettre marche arrière est inutile

Les rétroviseurs sont fragiles, on y voit flou

à peine y aperçoit on une ville, des gens debout

Mes parents, des amis, ma famille mes amours défilent.

Je ne suis point Mort

Ou suis je au point mort ?

La boite de vitesse est elle out

Le moteur à bout de souffle ?

Ma conduite intérieure s’essouffle

Aidez moi à traverser la route

Dites moi qu’est ce que je dois faire

Pour rouler vitres baissées sur cette terre

Sur les sièges mes enfants, ma femme avec le futur

Pour ma dernière ligne droite, peinard pépère …

Je ne suis point Mort

Ou suis je au point mort ?

Le réservoir est peut-être à sec sans diesel

En panne des sens suis-je au delà du réel

Qui peut m’aider à pousser ma vie dans une descente

Peut être redémarrera t elle sous les tilleuls menthe

Sous les oliviers, les palmiers, l’arbre à came

La batterie retrouvera ses cymbales et ses tomes

Les pistons se feront entendre jusqu’au cœur de l’homme

Les transmissions seront huilées jusqu’au violon de l’âme

Je ne suis point Mort

Ou suis je au point mort ?

Jacquot me l’avait dit : Juste quand tu démarres

Avant de mettre à pleine gomme

Juste ce que tu sais faire

Le minimum

Faut que je le fasse dare dare et au maximum

L.Cohen aussi m’avait dit avant de prendre Manhattan

Un amour, une chanson c’est comme une Volvo

Ça dure trente ans … mais est ce que ça les vaut ?

Je  ne suis point mort

Ou suis je au point mort ?

Copyright Albert Labbouz pour désespoir Production Avril 2019

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Ma mère 28 Mars 2019

Je devais lire ça ce jour à l’enterrement de ma mère . Mais les circonstances ont fait que je n’ai pas pu le faire… je vous livre le texte ici… qui ne sera pas partagé ni sur Facebook ni sur twitter… J’en informerai via sms ou mail celles et ceux qui ne Sont pas abonné à mon blog…

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« Dans les yeux de ma mère y a toujours une lumière. » Je cite ce vers d’Arno, car il s’applique merveilleusement bien à ma mère. Et cette lumière permanente, faisait qu’elle rayonnait sur tous ceux et toutes celles qui l’ont approchée.

Elle ne jouait pas à être gentille pour être à tout prix aimée, elle était aimée de tous et de toutes qui ont croisé son chemin. (Amies, voisins, voisines, femmes de ménage, aide soignantes,  dame de compagnie) Sa gentillesse, sa tolérance, son ouverture d’esprit, sa fraternité, sa tendresse dans sa voix n’était pas comédie ou faux semblant. Personne ici ne peut dire le contraire. Sa douceur, sa gentillesse  deviendront une légende.

Elle a perdu sa mère à 5 ans, élevée par sa sœur ainée, mariée à 16 ans pour échapper à une marâtre comme elle disait, elle a eu une vie souvent chaotique, mais elle disait :

« c’est toi qui doit gagner pas ce qui te fait du mal ! »

Ma mère a aimé sa famille, toute sa famille même si dans certains moments, la vie n’a pas été facile,  comme après le départ d’Oran. Elle a mené sa famille sans faillir, sans égoïsme, sans jeter l’éponge une seule fois, sans chercher de responsable à sa fatigue parfois …  sans fuir… « Tout passe… » Disait elle…Elle a su affronter, les tournants critiques qui ont pu exister avec mon père. Elle a su les surmonter, les dépasser, parce qu’elle nous aimait, parce qu’elle ne voulait pas de défaite sur quelque plan que ce soit. Ni conjugal, ni familial. Un vrai capitaine de navire qui ne s’en va pas parce que parfois le bateau peut prendre l’eau … Elle disait :

«  Dans tout faut en prendre et en laisser… Autant en emporte le vent… »

Des nouvelles vies, ma mère en a eu plus d’une mais jamais sans abandonner, ni prendre l’un de nous, mon père ou un de ses enfants, pour un bouc émissaire responsable, de ses difficultés, de ses états d’âme qu’elle cachait quelque fois … Et quand les choses étaient profondes, ma mère avait un truc à elle : elle chantait, des chansons qui nous resteront dans la tête, toute notre vie. Ma mère adorait rire aussi, et ne manquait jamais une occasion de le faire entendre. Ses couscous, ses plats de là bas, ses pâtes au bouillon, ses cigares et ses moukrouds personne ne saura les faire comme elle, même si à sa manière elle nous expliquait comment faire :

« Tu prends une poignée de ça, et tu vois… tu mélanges un petit peu… »

Tout approximatif…mais le résultat n’avait pas son pareil ! N’allait pas croire qu’elle se dévouait et faisait ce qu’elle avait à faire sous la contrainte ou avec dégoût. … Juste pour faire plaisir, pour le bonheur… pour le partage…

Ma mère a été une femme libre et nous a permis de l’être aussi dans nos choix, sans jugement. Elle faisait pour le bien de tous et de toutes et parce que ça lui faisait plaisir pour que nous puissions être : « mieux qu’eux… et du moment que je vous sais heureux…» comme elle disait. Plus qu’altruiste, ma mère était ouverte au monde, à la nouveauté, c’était une passionnée de comprendre : « montre moi, je ne suis pas plus bête qu’une autre… Si j’avais connu tout ça quand j’étais jeune, soupirait elle… » Elle adorait apprendre, ne pas se laisser dépasser.  En Algérie, toute jeune, elle lavait les tenues des soldats partis en guerre : culottière à 15 ans. Elle a appris à conduire à plus de 50  ans, couturière, vendeuse à Prisunic, elle a tenu une brûlerie de café, elle a voyagé même si trop tard, elle a dit à mon fils :

«  Emmène moi avec toi en Amérique… L’Amérique l l’Amérique je veux la voir et je l’aurai ! »

Ses petits enfants et ses arrières petits enfants étaient ses bonheurs qui faisaient sa fierté. Qui d’entre elles ou d’entre eux ne lui a pas entendu dire :

« C’est la joie, ça, la lumière ! Napebèsek, Que Dieu vous protège » ?

Quant à nous ses enfants, elle nous savait différents, mais ne faisaient pas de différence respectant la personnalité de chacun. « Chacun est comme il est… chacun fait comme il pense… » Même si parfois elle a pu dire sur la fin quand la sénilité commençait à prendre le dessus, que j’étais méchant, elle ne manquait pas d’ajouter que j’avais bon fond et qu’elle m’adorait. Son gendre et ses belles filles même temporaires, elle les a aimées comme ses propres enfants, et jamais elle n’a eu le sentiment que l’un ou l’unes d’elles agissaient avec elle autrement que parce qu’elle était aimée.

C’étaient aussi ses enfants qui lui avaient donné, sa descendance, son arrière descendance et son arrière arrière descendance. Et cette descendance n’oubliera jamais ce qu’elle leur a transmis quand parfois ils ou elles doutaient de leur avenir ou de leurs choix. Petits enfants, arrière petits enfants, ils se tournaient vers elle pour chercher un conseil, une sagesse… ou bien quand ils voulaient retrouver le goût d’un plat ou d’une douceur sucrée. C’étaient une mère juive qui n’a jamais empêché de laisser prendre leur envol à toute sa famille. Personne ici ne peut témoigner de méchanceté, de ragots, ou d’hypocrisie qu’elle ait pu avoir envers qui que ce soit ! Je souhaite à toutes les mères, grand-mère et arrière grand mère ici d’être ce genre de grand mère, d’arrière grand mère, de mère juive quelque soit leur confession.

Elle s’en va après une longue agonie, elle qui disait à un moment en s’appuyant sur sa béquille, la « canne de Jeanne: » « Ô vieillesse ennemie… » Et rajoutait : «  heureusement que j’ai toute ma tête ! » Même si sa tête l’a parfois abandonné ces dernières années, des sursauts d’humour, des réparties bien à propos démontraient que si l’immédiateté des choses lui échappait, en tous les cas les bonnes répliques humoristiques à point nommées pouvaient fuser. Et ça nous faisait rire. Jusqu’à ces derniers temps, elle qui avait joué le rôle d’Esther sur scène pouvait réciter par cœur une tirade de Racine apprise dans son enfance. J’en avais été soufflé. Quelle comédienne ou actrice elle aurait pu être ! J’en suis sûr !

Nous sommes tristes et accablés de la voir partir, même si d’autres sont partis plus jeunes qu’elles, elle qui réclamait tant ce départ les derniers temps, mais nous savons que comme on dit chez nous les JUIFS, si Dieu veut, elle s’en va retrouver mon père, mon grand père, mes oncles et tantes, ses cousins et cousines, sa mère qu’elle a peine connu, son père, sa sœur qui l’a élevée, Mme Dahan son amie, et ses nièces et neveux disparus qui l’appelaient tata Luluce, et bien sûr mes sœurs Viviane et Sylvie qui n’ont pas eu le temps de vivre… et qu’elle n’a pas eu le temps de connaître et d’élever…

Avec ma mère c’est plus qu’une époque qui s’en va. C’est le dernier mur de Jérusalem qui s’écroule, plus qu’un pan de notre vie.

Mon père qui l’avait surnommé l’avocat des pauvres aurait dit :

«  C’est le dernier des Mohicans… »

Gardons Mamy, Grand Mamy, Lucienne, Mezaltoub, Luluce, Tata, Mme Labbouz en mémoire et appliquons ce qu’elle disait :

«  Ne leur montre pas que tu as mal soit plus fort qu’eux, tu as tout pour réussir ! »

Je souhaite à tous les jeunes ici présents et qui ont encore leur grand-mère d’avoir une grand-mère, une arrière-grand mère, une mamy… une grand-mamy, comme ma mère a su l’être sans faire semblant d’aimer ! Sans tricher … et sans résignation.

Quelle résistance, quelle force d’avoir lutter pour ne pas abandonner, pour ne pas nous abandonner, pour vaincre ces derniers mois où les portes du paradis ne lui étaient pas encore ouvertes. Sans boire et sans manger, elle avait la force de sourire, de dire encore qui fallait qu’on l’aide à traverser la route… Ma sœur a donné plus que de raison pour l’aider, être là à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, ma belle sœur et mon frère ne comptaient pas leur temps pour lui montrer qu’eux aussi étaient là … Et moi… et moi… et moi… j’ai fait comme j’ai pu, comme je pouvais, même si parfois de la voir se dégrader me mettait en colère. Béatrice, Thierry, Ghyslaine Hervé, Daniel, Pascale, Etienne, Lucas ; ses petites enfants auront tous quelque chose à vous raconter sur leur grand-mère, sur ses paroles, sur ses bons mots, sur ses pointes d’humour. Ses arrières petits enfants (il y en a trop, je ne peux les citer sans risquer d’en oublier un ou une): Mais de Michael, le plus grand  à Shirell, la toute dernière…Leur grand Mamy était quelqu’un de précieux… Un joyau…

Son gendre et ses belles filles. De Guy à Simone et aussi Magali témoigneraient de l’extraordinaire femme qu’elle était.

Maman, Regarde d’où tu es, ce monde là pour toi….  Et ceux qui n’on pas pu venir ; savent qu’à 15 heures leurs pensées se tourneront vers toi… vers nous…

Je suis désolé mais je n’ai pas eu les droits de retransmission télévisuelle comme pour Johnny Hallyday … J’ai quand même envoyé une demande au pape pour que tu sois béatifié … On a l’humour tenace dans la famille surtout dans les pires moments …

Merci Man-man, Merci Mamy d’avoir été ce phare qui nous a conduit vers les bons ports, sur les bons quais.

« Je suis heureuse quand je vous vois tous autour de moi … ma famille… » Disais-tu fièrement.

Tu t’en vas, tu prends ton envol comme me l’a soufflé une amie d’un de tes petits enfants …  Vers la lumière … Nous on retourne dans le monde.

Tu n’as plus à demander ce que tu dois faire. Maintenant tu le sais : Repose en paix, continue de veiller sur nous et ne doute pas un seul instant que nous te porterons en nous dans notre cœur et dans notre âme éternellement. Tu es plus indélébile qu’un tatouage … Quelle que soit l’heure ou le moment, printemps été automne hiver, quand tu auras besoin de nous, tes enfants Charles, Sonia ou moi ta famille au sens large … On sera là pour toi et ne pense plus que tu n’oses pas le faire pour ne pas nous embêter. Tu ne nous as jamais embêté. « Une mère n’a pas d’âge » me disait hier un ami et un autre de 80 ans m’a écrit : « la perte d’une mère est un trou dans l’eau qui ne se referme pas »

On t’aimait, On t’aime, On t’aimera …

Au revoir Manman chérie…

Copyright Albert Labbouz pour désespoir productions 28 Mars 2019

 

 

 

 

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Il aurait mieux fallu

Une fois n’est pas coutume… voici mon dernier poème qui sera surement un slam musical écrit le premier jour de cette nouvelle année… j’espère qu’il ne choquera personne. Ce n’est pas  le but recherché. Juste écrire pour ne pas mourir comme le chante Anne Sylvestre. Allez je vous donne les références et les clins d oeil de ce texte:

Joan of Arc: Leonard cohen

Jeanne D’Arc:Luc Besson

La reine Margot:Patrice Chereau

Napoleon: D’Abel Gance

Capitaine Conan: Bertrand Tavernier

Requiem pour !un massacre Ouradour sur Glane

Hiroshima mon amour: Alain Resnais

la liste de Schindler : Steven Spielberg

The impossible sur le tsunami de 2004

Manhattan Kaboul :Renaud

A mighty heart avec Angelina Jolie

actualités diverses sur les attentats du 13 Novembre 2015

La rouille: Maxime Le Forestier

………

Il aurait mieux valu

Il aurait mieux valu que je sois avec Jeanne d’Arc  sur le bûcher

Le jour où elle m’a fait trébucher

Assassiné le jour de la Saint Barthelemy

Abandonnant ses enfants, sa famille, ses amis

Décapité en place de grêve après la révolution

Avant qu’elle n’échafaude ma funèbre oraison

À Verdun dans une tranchée entassés

Quand sur un barbelé je serais devenu une gueule cassée

Dans l’église d’ Ouradour sur Glane

Ce dimanche où elle s’est dit : je le damne

Oui être à Nagasaki ou à Hiroshima mon amour

Quand elle s’est persuadée de s’enfuir pour toujours

Aller aux douches d’Auschwitz ou de Dachau

Quand tout seul je me suis retrouvé au cachot

Le jour du Tsunami en Thaïlande sur la plage j’aurai voulu

Quand elle est partie être balayé, inondé dans les flots, disparu

Buvant mon café au 108 eme étage d’une tour le matin du 11 septembre

Quand revenu, totalement vide j’ai trouvé la chambre

Je me serais laissé trancher la gorge par Daesh

Si j’avais su qu’un jour elle me quitterait pour une autre crèche

Enfin,  je me serais exposé sous les balles des terroristes au Bataclan

Si j’avais su qu’elle m’abandonnerait prenant sa clé des champs

Ainsi…

Si le bon Dieu l’avait voulu

Selon le siècle selon l’époque

Soit je ne l’aurais pas connue

Soit elle aurait pleuré sur ma dépouille

ça lui aurait sans doute fait un choc

Et ne se serait pas déposée sur notre amour, la rouille

En portant le deuil elle aurait su ressusciter, oui

Notre amour endormi.

 

Copyright Albert Labbouz pour Desespoir Prodictions 1 er Janvier 2018

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À quoi sert une CHANSON D’AMOUR pour un retour … ?

Ne me quitte pas  Jacques Brel

La chanson des vieux amantsJacques Brel

J’veux pas qu’tu t’en ailles Michel Jonasz

Y a rien qui dure toujours Michel Jonasz

Guigui Michel Jonasz

J’t’aimais tellement fort que j’t’aime encore Michel Jonasz

Pars…( et surtout reviens moi vite…) Jacques Higelin

Je t’aimais, je t’aime et je t’aimeraiFrancis Cabrel

Restons amantsMaxime Le Forestier

Je suis venu te dire que je m’en vaisSerge Gainsbourg

Amis Gerard Manset

Pourquoi les femmes ?Gerard Manset

Je suis malade Serge Lama

Le petit bonheur Felix Leclerc

Souffrir par toi n’est pas souffrir Julien Clerc

Tu ne me dois rien Stephane Eicher

Les mots bleus Christophe

Dis quand reviendras tu ? Barbara

Cœur Perdu Renaud

Me jette pas Renaud

Voilà c’est fini Jean Louis Aubert

Je t’aimais bien tu sais… Léo Ferré

La vie d’artiste Léo Ferré

La solitude o Ferré

Que serais je sans toi ? Ferrat/Aragon

Qu’il est difficile d’aimer Gilles Vigneault

A suivre Bernard Lavilliers

Putain de Toi Georges Brassens

Elle est partie sans rien dire Charlelie Couture

Puisque tu pars Jean Jacques Goldman

Je n’ai pas changé Julio Iglesias

Non je n’ai rien oublié Charles Aznavour

Mais de Nous… Thomas Pitiot

Quand on perd son amour Saez

Les meurtrières Saez

Les voyages en train Grand Corps Malade

Tu dis Rien Louise Attaque

If you leave me now Bee Gees

Yesterday Beatles

It ain’t me babe Bob Dylan

Don’t think twice is allright Bob Dylan

The Gypsy’s wife Leonard Cohen

One of Us cannot be wrong Leoanrd Cohen

Bobby Jean Bruce Springsteen

Brilliant Disguise Bruce Springsteen

Thougher than a restBruce Springsteen

ETC… ETC…

 

Non ce n’est pas une play-list pour votre Ipod ou Iphone, pas plus qu’une succession de mes chansons préférées bien qu’extraites de ma discothèque personnelle. De plus, ce n’est pas une liste exhaustive. Vous pouvez la compléter avec vos propres titres. Ce sont des chansons incontournables écrites sûrement dans la douleur de voir partir l’être aimé(e) et parfois d’espérer son retour. La plus emblématique est bien sûr NE ME QUITTE PAS de Brel ou DIS QUAND REVIENDRAS TU ? de Barbara Michel Jonasz lui, est sûrement le détenteur de ces/ses douleurs de séparations et de ruptures et de faux espoirs de retour mises en vers et en chansons. Dans la poésie dite « traditionnelle » il en existe aussi chez Baudelaire, Alfred de Musset, Victor Hugo, Aragon et même Jean De La Fontaine ( si… si…) … Le thème n’est pas nouveau et alimente variétés, poésies, chansons, littératures et cinéma quand il faut plus de quatre couplets pour dire son déchirement, son désespoir, son isolement, et aussi son espoir de retour de flamme et d’amour.

« On voudrait renaître » chante Gérard Manset. Est-ce toxique ? ou Cathartique ? comme dirait Emma l’une de mes nièces. «Tous ces cris ces S.O. S » comme le chantait Daniel Balavoine cherchent ils à atteindre un but ? Faire revenir l’être qui vous a abandonné (e), parfois lâchement. « J’veux savoir si tu m’aimes encore… » dans « à suivre »chante Lavilliers. Combien de parties, de fuyardes, de celles qui vous ont dit vouloir faire un break, ont fait sinon marche arrière, du moins sont revenu (e) s après ces blessures qui souvent laissent de vilaines traces ? Faire le deuil d’un être qui s’en est allé dans l’au-delà, est souvent plus naturel et plus facile même s’il est dur et dure un temps. Le dur dure… Mais faire le deuil d’un amour sans y mettre une dose d’espoir est une souffrance incommensurable. C’est vrai que comme le chantait Jackie Quartz dans «  juste une mise au point » : «  la mort d’un amour donne la vie à un autre ».Ah bon ? En voilà une idée qu’elle est bonne…comme disait Coluche. OK … Mais c’est valable jusqu’à quel âge ? « Au delà de cette limite votre ticket n’est plus valable ! » écrivait Romain Gary. Et Rutebeuf concluait « L’espérance des lendemains ce sont mes fêtes… »

À un ancien amour qui m’avait quitté j’avais posé la question : si je t’avais écrit« Ne me quitte pas » ou « j’veux pas qu’tu t’en ailles, » tu serais revenue ?  La réponse a été catégorique : NON ! J’ai reposé souvent cette question à des copines, des amies. Aucune ne m’a répondu OUI d’emblée … Certaines s’en sont sorties avec un «  faut voir… » Alors «  à mon âge et à l’heure qu’il est » moi qui ai aussi écrit ce genre de chansons quand j’étais blessé, meurtri, quand mal trop mal… quand j’ai  pu retrouvé ma guitare mes mots et mes notes… – je me suis souvent dit que j’allais donner tort à Brel et à Jonasz et à tous ces écorchés, elle va revenir … Peut être pas demain, ni dans un an… mais elle reviendra. Elle trouvera en me retrouvant, l’homme qu’elle a toujours voulu chercher. Elle a passé sur son bateau ivre, les vagues meurtrières de la tempête de la déchirure du couple « Bien sûr nous eûmes des orages …  Oh mon amour mon merveilleux amour de l’aube clair jusqu’aà la fin du jour… je t’aime encore …tu sais je t’aime… » Brel.

C’est ça l’espoir, un putain d’espoir qui ressemble à « un putain de camion » qui vous fauche vos rêves et quelques fois votre vie. «  Et si tu n’existais pas… dis moi pourquoi j’existerais … » comme le chantait Joe Dassin. Ou alors faut-il après être resté « dans la maison vide, dans la chambre vide… », aller au Bal des Laze pour « tuer Jane et son fiancé  » ?  Je t’aime je te tue (editions Point Virgule)  écrivait Morgan Sportes dans un essai genial. Oui, crime passionnel comme disent les juristes. Mauvaise solution qu’il ne faut pas nier qu’elle ait traversé le cerveau des désespérés.

« Qu’il se lève celui qui ne s’paye pas dix minutes, dix minutes
De calomnie par jour …

Qu’il se lève celui qui n’a pas sur l’oreiller rêvé d’avoir
Sa revanche un jour  » Félix Leclerc

Quelles solutions ?  ou Quelle solution « pour retrouver la blancheur éternelle » après avoir « passé son amour à la machine » comme le chante Souchon.

J’ai retourné des centaines de milliers de fois ces questions dans ma tête, et au fil du temps, des années ( je sais que je vais en choquer certain(e)s), je me suis dit Brel et Jonasz et les autres, les sincères, comme les Leprest, les Tachan, les Ferré et même les Miossec, les vrais, pas les chanteurs show business, pas les slameurs et rappeurs angéliques, non ceux qui en ouvrant leur chemise peuvent vous montrer « le(s) grand(s) trou(s) qu’ils ont au fond du cœur. » comme le chante Félix Leclerc. Je me suis dit que tous ces cœurs cassés sortis de l’hôtel du même nom : HeartBreak Hôtel ou du Scarlett Hôtel, étaient des cons ! Des cons masochistes. Elles ne reviennent pas… Les hommes reviennent. Pas les femmes ! Alors ne plus se faire de mal en écrivant ces putains de chansons ! Bordel ! Jonasz chante nous Groove baby Groove, Brel chante nous les bourgeois, Leo chante nous La The Nana… Bashung chante nous Ma petite entreprise.

Et vous voyez comme je suis con moi aussi, j’en ai écrit une de ces chansons à la con,  il y a deux semaines qui s’appelle « Contrairement » et que je mettrai en ligne bientôt.

Mais je ne peux m’empêcher de me dire qu’il y a des exceptions qui confirment la règle du non-retour d’un amour… Même Brel qui n’a jamais pensé que la femme est l’avenir de l’homme parce que d’entre elles les connes ne ressemblent qu’aux connes, a eu cette exception. Mathilde est revenue… Mais pas dupe, il savait que tout ça pouvait recommencer…

Mon cœur, arrête de bringuebaler
Souviens-toi qu´elle t´a déchiré
La Mathilde qui est revenue

Mes amis, ne me laissez pas, non
Dites-moi, dites-moi qu´il ne faut pas
Maudite Mathildepuisque te v´là

Et vous mes mains, restez tranquilles
C´est un chien qui nous revient de la ville
Mathilde est revenue

Et vous mes mains, ne frappez pas
Tout ça ne vous regarde pas

Mathilde est revenue

Et vous mes mains, ne tremblez plus
Souvenez-vous quand j´vous pleurais dessus
Mathilde est revenue

Ma mère, arrête tes prières
Ton Jacques retourne en enfer
Mathilde m´est revenue

Amis, ne comptez plus sur moi
Je crache au ciel encore une fois
Ma belle Mathilde puisque te v´là, te v´là

Jacques Brel

N’est-ce quand même pas tout de même une forme de Back to Black (Amy Winehouse) ?

 Ah… oui…Je réponds à la question qui donne le titre à cet article :

À RIEN !

Et vous qu’en pensez vous ?  Vous y croyez au retour ? Que feriez vous ?

Vous croyez aux sunlights des tropiques…?

 Copyright Albert Labbouz pour Desespoir Productions 30 decembre 2018

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2018

2018…

Sale année pour moi. Certain(e) s le savent. Mais il y a eu des prémices j’aurai dû me méfier. Léonard est parti en 2016. Jacques Higelin cette année. Mes béquilles culturelles sont passées de l’autre côté. Mes pères spirituels sont partis …

Bouddha du Sri Lanka a dû se venger de quelque chose qui ne lui a pas plu. A–t-il de l’humour ?

Ma mère bien que d’une force incroyable se casse la deuxième hanche et sombre dans la démence sénile et vit une terrible et longue agonie où elle ne demande qu’à se jeter par la fenêtre. Mon ami, le doux, le gentil Eric de Marseille, une force vivante de vie, de joie, d’intelligence meurt d’une sale tumeur, à moins de 45 ans, je me fissure le genou j’en boite encore. … Et bien sûr, la femme avec qui je croyais finir ma vie et qui me fermerait les yeux plaque le domicile familial après 33 ans 1/3 de vie commune au grand dam de ses  deux enfants, de ma famille et je suppose d’une partie de ses neveux et nièces et d’un de ses frères et de sa sœur qui m’aiment bien. Je ne vais pas jouer le coup de la scoumoune mais viennent s’ajouter une arcade sourcilière ouverte, une T.S, un accident de voiture, un bridge dentaire qui saute, un corps qui m’abandonne une nuit, des ami(e)s qui m’engueulent d’avoir crié au secours et qui ne donnent plus signe de soutien.

Comme le chante Baschung : « Malédiction… Malédiction … tous en scène… »

Dieu merci mon fils américain renoue le dialogue avec moi et mon fils français est souvent là avec sa nouvelle copine pour l’espoir, la joie et la vie… D’autres aussi me montrent leur fidélité, leur fraternité et leur présence loyale, des ami(e)s de longue date, l‘association philosophique dont je fais partie, quelques voisins pas trop connus, mon éditeur, mon psy, une ex collègue du CMPP, mon frère, ma sœur, ma belle sœur, ma cousine… et même Springsteen dans son dernier opus à Broadway.

À mon âge et à l’heure qu’il est, comme il est difficile de se reconstruire quand on a été abîmé et meurtri à ce point. Sali même parfois. Comme je n’ai cessé de le répéter il y a l’art et la manière. Elle a choisi la manière et a nié l’Art. Je ne peux me défaire de penser à son  mal être qu’elle dissimule sous un masque de « tout va bien », même à l’heure actuelle.  Je ne peux faire abstraction de son faux-self (regardez sur le net) et de son boulot qui l’a tant usée, transformée, affadie, « zombinisée »… Est-ce encore mon problème ?  je ne peux plus, non pas  ne veux plus, rien faire face à son  refus et à son déni de se faire aider.

«  J’ai dans mes bottes des tonnes de questions… » (encore Baschung).

Combien de temps encore pour que dans mes ténèbres une faille se forme laissant apparaître un rayon de lumière ? Moi qui aime tant aimer, tant partager, tant découvrir avec un être aimé ou des ami(e)s …

Je n’ai plus de rancunes, ni de rancoeurs, pas de vindications.  Je tends même des mains qu’elle ne veut pas saisir ou ne sait pas comment les saisir… Je suis comme tous ceux et celles de ma génération ( my génération comme le  chantait les Who) riches ou classes moyennes, dans la dernière ligne droite de ma vie. Le Nirvana  existe-t-il ? La sérénité peut elle nous faire signe. ? Ne peut-on finir cette vie tranquille quelque soit le temps qu’il nous reste ? Doit-on croire au ciel ? À la chance ? À une puissance divine ou à un grand architecte de l’Univers ? À rien ? Mais  peinard … même seul (e). J’ai tant aimé aimer. Le pourrais je encore ? Nous nous sommes tant aimés.Tous. ! … Le pouvons nous encore ? Et comment ? Et pour combien de temps encore ?

Barbara disait, chantait :

« Même si tu ne crois plus à l’Aurore

Le jour se lève encore

Il faut reprendre le corps à corps. »

 

Copyright Albert Labbouz pour désespoir productions Décembre 2018

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DEUX CONTES

  DEUX CONTES

Ces deux contes me furent rapportés par mon propre grand père à la pré- adolescence où les insomnies m’empêchaient de dormir au point de réveiller mes parents et où mon grand père qui dormait dans la même chambre que moi,  pour me rassurer et bien qu’âgé de 80 ans se réveillait pour m’aider à trouver le sommeil en me racontant des histoires d’un autre temps. Voici la première que j’appellerai :

 LES AMIS.

Pour P.W

 Autrefois, il y a bien un siècle ou deux, en Algérie du côté de Tlemcen, un homme se targuait d’avoir des centaines d’amis qui l’adoraient et ne juraient que par lui. Il disait qu’il était aimé et que sur ses amis toujours il pourrait compter quoi qu’il lui arrive.

Il raconta cela à sa grand-mère qui lui dit sagement que sur cent amis, il y en aura qu’un seul de bon. L’homme, bien qu’adorant son aïeule sans se fâcher lui demanda ce qui lui faisait dire cela. La grand-mère, sage, lui proposa une expérience à tenter pour qu’il puisse vérifier qu’elle n’avait pas tort. Elle ne lui demanda pas d’aller voir la centaine d’amis et de le leur demander en face, mais d’en choisir au moins cinq, ceux qu’il estimait être les plus amicaux, les plus sincères et elle ajouta que dans les cinq, il devait y mettre un seul que lui n’appréciait que moyennement.

Notre homme réfléchit et trouva de suite celui, non pas qu’il n’aimait pas, mais qui ne lui avait jamais montré un signe particulier d’affection, ni d’animosité. Et voici ce que le proposa sa grand-mère.

«  Tu vas sacrifier un de nos moutons et tu mettras sa tête et une partie de son corps encore saignants dans un grand sac en toile de jute. Puis tu iras visiter tes amis, d’abord les quatre premiers en commençant par celui dont tu es le plus convaincu de son amitié et ainsi de suite jusqu’au dernier, celui dont tu doutes de sa sincérité envers toi. Et à chacun tu leur diras que tu viens de tuer un homme à la suite d’une bagarre qui a mal tourné et que tu as besoin qu’ils enterrent le corps dans leur terrain et qu’il te cache un moment. Tu verras leur réaction… »

L’homme qui aimait sa grand-mère accepta convaincu que le premier l’aiderait et qu’il n’aurait même pas besoin d’aller voir les quatre autres.

Le lendemain… L’avant Veille de Pessah[1]… il sacrifia le mouton comme le font les musulmans en souvenir d’Isaac et de son fils. L’agneau pascal commun aux trois grandes religions monothéistes.

Au soir tombé, il se rendit chez son premier ami un fort honnête homme aisé et avec qui tous les soirs, il buvait l’anisette et mangeait la Kémia[2].

Quand son ami lui ouvrit la porte, son regard se jeta de suite sur le sac rougi du sang de l’animal.

  • Qu’est ce qui t’amène chez moi à cette heure ci mon ami? lui demanda-t-il. Nous sommes en train de purifier la maison pour Pessah…
  • Je viens de tuer un homme qui en voulait à ma bourse, et je lui ai tranché la gorge, j’ai besoin que tu me caches et que tu m’aides à faire disparaître la tête et le corps de ce malheureux au fond de ton puits ou de ton terrain.

L’ami en question lui répondit qu’il tombait mal en plein nettoyage de Pessah avec sa famille, il ne pouvait l’aider. Et sans en ajouter d’avantage lui claqua la porte au nez.

Il se rendit chez le deuxième qui lui répondit qu’il était en famille à table que ce n’était pas le moment de le déranger, et que l’affaire était bien trop sérieuse pour qu’il soit son complice ; que le mieux qu’il ait à faire était de se rendre aux gens d’armes

En ces temps-là le téléphone arabe[3]fonctionnait mieux que nos smartphones actuels. Si bien que le suivant ne lui ouvrit même pas la porte et le quatrième éteignit toutes les lampes à huile comme s’il était absent.

Quand il arriva devant la masure du cinquième un homme pauvre dont la seule occupation financière était de vendre des légumes secs et des cacahouètes au marché. Il n’eut pas à frapper car il était attendu sur le perron. L’homme lui dit :

  • Je sais ce qui t’arrive. Entre dans mon humble demeure. Ma femme a fait une excellente taffina[4], viens te restaurer, demain nous brûlerons les restes de celui qui t’a agressé et tu pourras te reposer et oublier ton malheur dans ma maison autant de temps que tu le souhaites. Si les gendarmes me posent la moindre question je leur dirai que nous nous connaissons à peine et que nous n’étions pas vraiment amis. »

L’homme ouvrit alors le sac en toile de jute et y laissa tomber la tête et le corps du mouton.

  • Tiens dit-il, je sais que tu n’es pas fortuné et que sur le plateau du Sedder[5]pour Pessah tu ne mets que l’os d’un mouton récupéré dans les poubelles du boucher. Maintenant, grâce à toi et à ma grand-mère je sais ce que c’est un ami. »

Le deuxième conte beaucoup plus court je l’ai intitulé :

 LA DETTE

à M.G

Depuis plus d’un mois Moshé, le cordonnier ne dort pas et sa femme ne sait pas pourquoi. Il est soucieux inquiet. Fais de mauvais rêves et n’est pas dans son état normal. Au début sa femme ne lui pose aucune question, sur le mal être de Moshé. Mais comme elle n’arrive pas à dormir non plus au bout de quatre semaines, tant Moshé se tourne et se retourne dans le lit elle lui pose la question de cette mauvaise excitation.

Moshé lui explique que pour les fêtes, n’ayant pas assez d’argent il a demandé à Jacob le voisin d’en face, bijoutier de son état, de lui prêter une bonne somme d argent pour passer Roch Hachanah[6], Kippour[7]et Souccoth[8]tranquillement avec sa famille. Jacob n’a pas hésité, Moshé promettant de lui rendre au plus vite cet emprunt, car avec l’hiver approchant les gens auront besoin de réparer leurs chaussures et la clientèle sera florissante. Mais les affaires de Moshé n’ont pas été florissantes, car l’hiver a été un peu rude et les gens se sont calfeutrés chez eux. Moshé ne peut pas rembourser Jacob. Myriam, la femme de Moshé, se lève, et sans dire un mot se dirige vers la fenêtre de la cuisine qui donne juste en face de celle de Jacob. Et la voilà qui crie :

  • JACOB ! C’EST MYRIAM! LA FEMME DE MOSHÉ ! MON MARI NE PEUT PAS TE RENDRE L’ARGENT QU’IL TE DOIT !

Et elle ferme la fenêtre. En rentrant dans le lit elle dit à Moshé.

  • Bon ! Maintenant tu dors. C’est lui qui ne va plus dormir.

Copyright Albert LABBOUZ ( et mon grand père Chaloum ) Décembre 2018 pour désespoir Production

[1]Pessah : Pâques

[2]Kémia : apéro grignoteries, olives, tramousses, cacahuettes etc…

[3]Le telephone arabe : le bouche à oreille.

[4]Tafinna : plat traditionnel fait le le vendredi soir à base de haricots, de viandes grasses de pommes terre et d’œufs bouillis

[5] : Seder le plateau se composant de différentes choses rappelant la sortie des juifs d’Egypte.

[6]Rosch Hachannah :Nouvel an juif.

[7]Kipoour : Le grand pardon après Rosh hachannah l’un des piliers de la religion juive.

[8]Souccot : la fête des baraques symbolisant l’assistance divine envers les enfants pendant la sortie d’Egypte

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celui qui écrit ces lignes…

QUELLE BELLE FAMILLE !

 C’est celui qui écrit ces lignes qui dit ça…`

Quelle Belle Famille !

Polie, bien élevée bien éduquée, serviable, généreuse, pas un mot plus haut que l’autre…

Combien de fois s’est-il demandé depuis qu’il les connaît : ET LA TENDRESSE BORDEL ? Et les démonstrations simples d’affection entre eux…? Sourires, effleurement de caresses, mots tendres. Pour mémoire qui lui reste en travers de la gorge, quel(s) regard(s) avaient-ils posé sur son fils venu des U.S.A avec sa copine lors du dernier Noël ? Juste savoir comment c’était avec Trump … Une question sur ses projets ? Sur ses films sur ses musiques ? Sur son avenir ? Seul le gendre musicien (merci à lui) a fait cet effort…

Que de repas figés entre le super vin qui provient de leurs propres récoltes, la magnifique roue à aube qu’ils ont remise en état, la petite rivière avec le petit pont de bois, les arbres à planter pour la naissance d’un petit, et le succès inespéré d’un fils devenu handicapé dû à une erreur de jeunesse et qui a provoqué un malheur intense…Et n’en déplaise à sa mère qui n’aime pas Monsieur Paul, succès financé par un ex patron d’Univers sale et par le capital  de feu Monsieur Charles, des armées de communicants et les éditions Raoul B; (au début)

OH bien sûr, comme l’a si bien dit l’artiste officiel  de la famille : celui qui écrit ces lignes, c’est un aigri, un jaloux peut être aussi, quelqu’un qui n’a pas rencontré la notoriété …  Mais avaient-ils seulement compris une fois, une seule fois dans leur vie que l’amour, le partage, l’échange, la liberté aussi anarchique soit-elle, avaient guidé les pas de celui qui écrit ces lignes. « Ecrire pour ne pas mourir » comme le chante Anne Sylvestre. Et l’artiste de la notoriété s’est trompé plus d‘une fois : celui qui écrit ces lignes n’a jamais été envieux de son succès. Bien au contraire … ! il avait été même comme un attaché de presse avant qu’il soit reconnu artiste officiel de ce monde médiatique.

Celui qui écrit ces lignes écrivait, il chantait, il créait, il mettait en scène, quand le futur artiste essayait encore de réussir un panier au basket dans la cour d’une école à l’ancienne. Quand celui qui écrit ces lignes a appris son accident, il en avait pleuré… Son ex-compagne qui le quitte peut en témoigner…

Eux, d’origine italienne, les avait-il vus une seule fois s’échanger une effusion d’amour, de tendresse même infimes entre eux ?

Lui, celui qui écrit ces lignes, d’origine juive méditerranéenne où l’enfant est la chair de  la chair qu’on couvre d’onguents, de pommades, de parfums, de miel et de sucreries… et d’un tas d’expressions arabo-judéo intraduisibles en français en avait été abreuvé, lui dont le médecin de sa mère lui avait dit d’avorter…Et la mère après une série d’enfants mort-nés ou n’ayant pas vécu a refusé, voulant garder celui-là !

MAIS QUE VIVENT LES MERES JUIVES ! … Au-delà de celle(s) dont la pudeur ou allez savoir quoi forme(nt) des adultes frustrés de ce manque d’enveloppement maternel, voire paternel aussi, qu’ils ont reçu malgré eux, hélas.

Mais quelle enfance avaient-ils donc tous eue pour ne pas avoir reçu câlins, embrassades, enveloppements chaleureux, bisous ?

Les paysans au sens noble du terme ne sont ils que des taiseux incapables de manifester le moindre sentiment de bienveillance, de parole sincère et chaude ? Je n’ose le croire.

Celui qui écrit ces lignes vient d’une famille qui n’a jamais eu d’argent pour le superflu mais qui n’a jamais lésiné sur l’amour aussi démonstratif soit-il, même en public et surtout en famille, sans hypocrisie. Celle qui vient de le quitter aussi peut témoigner de cela.

Combien avait-il été abasourdi lors du suicide de la nièce par alliance de l’oncle de la fuyarde. C’était  une gentille jeune femme mariée au frère de celle qui vient d’abandonner sa famille, celle surnommée ici la fuyarde, que personne n’osât prendre en amont sa souffrance à bras le corps, à bras l’âme (excepté son mari et ses enfants.) Elle était malade psychologiquement et personne n’a investi de sa propre personne pour l’aider comme il se devait, la laissant dans l’errance de psychiatre en psychiatre … commentant à peine sa descente aux enfers… Dieu fasse qu’elle soit avec les anges !

Est-ce là leur monde de générosité eux dont les combats communistes étaient portés en étendard ?

Pouvaient-ils nier, qu’au delà de la souffrance de leur nièce qui a quitté en douce celui qui écrit ces lignes, alors qu’il était absent  en province pour vendre quelques malheureux romans et de la décision qu’elle a prise et dont il saigne, va au-delà du :« c’est comme ça… », « c’est la vie, c’est son choix. » ?

Y a t il  eu seulement une personne  de cette belle famille française qui une fois le passage à l’acté opéré lui ait dit : « réfléchis encore un peu, le temps n’est pas figé et avec l’âge beaucoup de choses évoluent et peuvent changer… ?  Ce n’est pas seulement un homme, un ex amour que tu quittes, mais toute une vie construite ; des familles, des amis, des jeunes adultes qui sont tes enfants, des projets encore à réaliser qui pourraient arranger bien des choses. Soigne toi, trouve des solutions, des aides véritables ne baisse pas les bras. La vie peut par-delà les malheurs réserver d’étonnantes surprises » … Qui a essayé de l’en empêcher, de retarder son exécution et l’exécution de celui qui écrit ces lignes ? ? QUI ? Si oui, que cette personne se manifeste !

Celui qui écrit ces lignes, est de ceux qui se targue, même avec ses nombreux défauts, d’être plus entier qu’eux: les « gentils » « les polis », « les lisses ». Ces bobos de gauche qui n’ont même pas su changer le monde quand Waldeck Rochet ou Jacques Duclos se démenaient pour éradiquer les inégalités sociales. Et voyez vous, il ne cite même pas l’Abbé Pierre, ce serait trop facile car ils en en souriraient en lui disant qu’il est dans l’amalgame.

Ils se targuent des combats de Simone Veil qui jusqu’au bout n’a pensé qu’à l’humain, qu’à l’humanité de la loyauté de la vie. Mais ils haussent les épaules face au désarroi, à la détresse, aux envies de mourir  de celui qui écrit ces lignes et qui sent derrière ce(s) haussement(s) d’épaules ces indifférences…

«  Bien fait pour sa gueule ; finalement, il l’a cherché… »

Se sont-ils  seulement inquiétés de savoir comment il allait, s’il allait lui aussi finir au bout d’une corde ou au fond d’un cocktail d’anxiolytiques ou tout simplement pour  lui transmettre un signe de réconfort ou d’espoir… Un de ses frères et sa sœur à elle l’ont fait eux ! Mots apaisants, solidarité fraternelle … Qu’ils en soient bénis ! L’humanité, la fraternité elle est là … N’est ce pas Monsieur son autre frère qui ne lui a même pas adressé un mot de réconfort ? N’est-ce pas neveux et nièces qui l’appelaient Tonton ? ! Y avaient-ils seulement pensé ? N’en ont-ils pas eu le courage ? Avaient-ils d’autres chats à fouetter ? L’ignoraient-ils ? le savaient-ils ?

Se sont-ils réellement  inquiétés de leur cousine, leur nièce, leur soeur qui va mal au-delà de ce qu’elle laisse apparaître, même maintenant ? Toujours transparente, toujours à ne pas vouloir déranger et aider…

Abandonne-t-on sa famille sans l’once d’un regret ou d’une explication saine certes, pas facile… Explication ardue sans doute mais où les mots auraient eu leur importance, elle qui ne parlait plus.

Tiens ! Je vais citer leur poète préféré à cette belle famille

Jean FERRAT :

C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle, pas à pas, humblement
Sans vérité tracée, sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement

Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts en grand sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la Terre et du Ciel

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui…

Mais savent-ils encore se battre dans leur confort bourgeois … ? Ont-ils encore un idéal ?Autre poète phare qui leur est cher : Aragon

Que serais je sans toi qui vins à ma rencontre

que serais je sans toi qu’un cœur au bois dormant

que cette heure arrêtée au cadran de la montre…

Que serais je sans toi que ce balbutiement…

Que savent ilsdu malheur d’aimer ?

Et puis dites à l’artiste aux cent mille exemplaires de son livre vendu et adapté par lui-même et à son comparse le serpent Kaa, qu’oublier Ferré dans son slam aux poètes est une erreur monumentale, Ferré qui a écrit :

Qui donc réparera le cœur des amants tristes ?

 Celui qui écrit ces lignes n’évoque même pas le fait qu’en tant qu’auteur qui a écrit cinq pièces de théâtres jouées récompensées au Festival Théâtre de Drancy, poèmes, romans, essais, nouvelles récompensées elles aussi, scénarii et plus d’une centaine de chansons, l’artiste célèbre n’aurait-il pas pu lui proposer de faire partie  de  son CD :« il nous restera ça »?

 Oui… Bien sûr leur  conviction, il s’en doute, est que celui qui écrit ces lignes est  le seul fautif de l’abandon de sa compagne du noyau familial.

Ne se sont-ils pas posé la question de savoir si le malheur de cette femme et mère de famille n’avait pas d’autres causes plus souterraines, plus archaïques, plus sociales aussi (son boulot par exemple entre autres, la disparition d’une mère trop tôt disparue, des manques de caresses familiales ? Que sais-je encore ? L’inconscient est trop vaste quand on ne l’affronte pas) ? Dans cette belle famille tout ce qui touche à la psy de manière générale effraie…

Celui qui écrit ces lignes ne se met pas hors de cause d’une part de sa propre responsabilité au fil des ans, en écrivant cela. Il a conscience de ses carences, et de ses non-dits aussi, de ses excès et ses défauts … Se sont-ils seulement dit que celui qui écrit ces lignes n’était qu’un gros feignant qui ne l’aidait en rien ? Certes, on ne sait pas si la lumière est toujours allumée quand la porte du frigo est fermée. Celui qui écrit ces lignes veut dire par là qu’on ne sait pas ce qui se passe chez le voisin vraiment et même dans sa propre famille au sens large … « Briser les préjugés comme disait un certain juif Albert E. est plus difficile que briser un atome ». Se sont-ils demandé si son compagnon, celui qui écrit ces lignes, avait cherché des solutions pour l’aider ou la faire aider ? Se sont-ils dit que le fait qu’elle ne réponde à aucune de ses propositions d’aide était un crève-cœur pour lui ? Ne pas pouvoir aider sa compagne qui se renfermait dans un mutisme dangereux et mortifère ? Se sont ils  demandés si après 33 ans et un tiers de vie commune, il l’aimait encore ?

Celui qui écrit ces lignes n’aura pas de réponses et n’en souhaite pas.

De toutes façons, ils qualifieront ces lignes d’aigreurs, de rancœur, de vengeance, de règlement de comptes, mais celui qui écrit ces lignes s’en fout !

Je m’en fous !

« Faut vous dire Monsieur que ces chez gens là, on n’vit pas on n’vit pas… On triche » J.B

ALBERT LABBOUZ Copyright Desespoir Productions

OCT/NOV 2018

 

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