la couverture originale de CharlElie

la première proposition de CharlElie et la bonne !

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Sacré Virus…

Ben oui… je me suis dit que depuis le début de la pandémie et du confinement français. Je n’avais rien écrit là dessus. En fait, je ne savais pas quoi écrire ou comment l’écrire… Abreuvé quotidiennement de news, de fake news aussi, de débats, de polémiques, de mauvaises nouvelles, de dérisions nécessaires ( Vive l’humour qui nous aide dans des périodes difficiles ! …), de conseils pour s’occuper ( ça me rappelle quand on me disait à la retraite, tu vas voir tu vas avoir beaucoup de choses à faire que tu n’as pas eu le temps de faire juste là ! … MDR…) Bref,  je ne savais pas par quel bout prendre la chose pour l’écrire. …

Peut être aujourd’hui, sais je un peu plus comment parler de tout ça et par quel bout prendre la chose… Ce horla que l’on croyait imaginaire chez Maupassant… Hors-là la chose !

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai mes coups de blues, mes moments d’anxiété, et ma tristesse de ne pas voir pour de vrai les gens que j’aime; de ma famille la plus proche à la plus éloignée en passant pas les ami(e)s, les connaissances ressuscitées et les collègues oublié(e)s un temps pour cause de retraite.  Comme beaucoup j’ai versé ma petite ou grosse larme sur certaines disparitions. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été contraint de changer mes habitudes, pourtant moi qui vis seul ou presque depuis 2 ans et demi et qui avait déjà commencé à les changer ces foutues habitudes…  Obligé d’en ajouter de nouvelles… Et comme beaucoup, je me pose la question de l’après, en espérant qu’il y ait un après… Toutes et toutes éloigné(e)s malgré elles, malgré eux, malgré vous, les tenir dans nos bras, les embrasser, sous quelle forme ? Les revoir… comme après un exil forcé ou un retour de guerre… Comme beaucoup d’entre vous je me demande ce que vont devenir les rapports humains directs… Les visios apéro ou discussions sur lesquelles je ne crache pas, les coups de fil et les sms changent la donne de la relation humaine. D’abord, bien que ces formes de communication nous réjouissent, merci au XXI e siècle, elles nous frustrent aussi.

Il me serait facile d’être simpliste et de rédiger la note de ce blog, par un j’aime … j’aime pas…et lister ce qui me remplit d’espoir, d’initiatives, de futur, de saluer les vrais chercheurs, les sommités scientifiques qui s’acharne à cette course contre la mort,  comme les anonymes qui luttent et travaillent pour continuer à nous rendre la vie plus aisée infirmier(e)s, femmes et hommes de ménage, livreurs, caissières, éboueurs…solidaires de tous âges, face aux insouciants, aux conneries dites, entendues, ou même chantées de ci de là, cahin-caha. Je lis, et j’écoute tout ce que je peux … Je fais le tri. Parfois je m’offusque, seul, ou je suis en colère… Mais à bon escient me refusant de cautionner certains médias qui trainent à longueur de journée leur cortège de pourcentages et leurs débats entourés de spécialistes de mes deux… ( pas tous fort heureusement.)

Dans ce lot, ce fatras à la Prévert de paroles et d’écritures, je sais que certaines choses me révulsent. Et la première sont celles que j’ai lues, entendues sur les bienfaits de ce virus… Oui… Oui…Ah ce beau virus… Il permet à la planète de revivre, à la nature de reprendre ses droits, Vive le virus ! qui enfin laisse la terre se venger de l’avoir maltraitée. Certes je ne peux que me réjouir de ce renouveau. Mais faut il être à ce point naïf pour ne pas penser que ce renouveau ne sera que temporaire, après…? Les avions ne redécolleront plus? les voitures ne pollueront plus ? les abeilles ressusciteront?  les hommes ne repartiront plus à la chasse? les centrales nucléaires ne rejetteront plus leur merde?  les hommes vivront d’amour chérissant leur prochain comme eux mêmes? les mutations génétiques affreuses cesseront? les désherbants ne seront plus utilisés? le fric retrouvé ( trop malins celles et ceux qui savent comment ils vont le retrouver ou comment ils ne l’ont surtout pas perdu!…) ne pourrira t il plus les échanges internationaux? les pauvres seront reconnus et aidés comme il se doit? la banquise se recréera t elle… ? Quel angélisme que de penser cela et de le dire et de l’écrire et de le chanter !!!  L’histoire nous dit tout le contraire de cette angélisme puéril, de cet optimisme de pacotille… Je me souviens de 1789 et de cette France qui devaient se désanoblir et que le peuple reprendrait ses droits… Je me souviens de La Commune et des espoirs qu’elle avait suscités. Je me souviens qu’au début de la 2 e guerre Mondiale, tout un peuple saluait Hitler et Pétain comme des sauveurs… et quelques années plus tard…on connait la suite, Dieu Merci.  Je me souviens de celles et ceux qui criaient Vive De Gaulle un 13 Mai certains de rester dans leur pays d’origine… Je me souviens en 1981, les mêmes qui criaient « Vive Mitterand » heureux que la France passe à gauche dégueulaient sur le personnage moins d’un an après… Idem Pour Hollande… Je me souviens qu’après le 11 septembre toute une planète pleurait sur une Amérique moribonde, et quelques mois plus tard, ils étaient des milliers à vômir Obama qui tentait de faire renaitre une Amérique autre, et hop… ceux là même ont élu un idiot à la tête de leur pays. Je me souviens qu’après les attentats  du Bataclan et Charlie Hebdo, tout le monde aimait les flics jusqu’à les embrasser et quelques mois plus tard, les maudissait de réprimer celles et ceux qui réclamaient des droits pour mieux vivre, être mieux payés. Les exemples abondent… Hiroshima, Fukushima, Ben Laden, on se félicite d’avoir vaincu une crise, une pandémie un malheur, un dictateur, on se dit que tout ne sera plus comme avant… après… Que la terre tournera autrement qu’on en tirera les leçons… Y a t il moins ou plus d’antisémites depuis la Shoah ? Moins ou plus d’Homophobie après le Sida ? Plus d’éléphants  et de rhinocéros après les braconnages et les safari ?Moins ou plus de pollution maritimes depuis le Torrey Canyon ou autres pétroliers…? Bref … Que reste t il non seulement de nos amour, mais de ces printemps qui chantaient un renouveau démocratique ?

Après une crise et un état de grâce passager  on recommence les mêmes erreurs et la terre tourne en s’en portant encore plus mal jusqu’au prochain virus, jusqu’à la prochaine guerre, jusqu’à la prochaine bombe ! … Alors… Doit on dire merci à ce virus qui soi disant va rebattre les cartes de la planète et de nos relations quand on aura réussi à l’endiguer par un vaccin qui finira par être trouvé comme d’autres avant lui, le BCG, la Rage, La polyomilite, la trithérapie face au Sida? L’espace temps est incontrôlable… mais mon côté pessimiste positif me pousse à y croire. Voilà… pourquoi je préfère croire en l’homme qu’en ces gens qui disent que sans ce virus on aurait continuer nos mêmes conneries et que tout va changer après être différents Je trouve ça particulièrement débile. Je préfère entendre Lennon chanter :

« You may say I’m a dreamer But I’m not the only one
I hope someday you’ll join us And the world will be as one »

Le titre de la chanson est IMAGINE… Oui… c’est just an imagination…

 Oui… soyez en sûr que les futurs dirigeants de la planète ( qu’ils soient de n’importe quel bord …) par exemple reconnaitront leurs erreurs passées et rétabliront un équilibre humain et sain. On pourra leur demander des comptes comme on en a donné à Staline, Causcesu, Khadafi, Saddam Hussein, Ben Ali, Sharon, Bouteflika et d’autres… Mais regardez par vous même… Quoi de neuf sous le soleil après ? … Comme disait une vieille copine perdue de vue à chaque 31 décembre…: « C’est la même qui recommence… » Et rappelez vous cette phrase de Brel… »Oui notre monsieur… Oui notre Bon Maitre …Pourquoi ont il tué Jaurès ? »

Allez…Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez ou qui vous sont chers et gratuits … et gardez espoir… il fait vivre parait il …

copyright: Albert Labbouz. Avril 2020 pour désespoir productions.

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je l’ai enfin vu …

En juin 2019, j’écrivais ici sur mon blog… un article qui s’intitulait  » avant de voir la vie scolaire… » Article que vous pourrez relire et où je ne fustigeais personne, sinon le fait que des tas de films sur l’école et la banlieue avaient  déjà  été faits, et où je listais les films emblématiques sur le sujet. Je me demandais en outre quelle pierre nouvelle pouvait on rajouter à l’édifice sur le sujet mille fois traité. That’s all… J’attendais donc de voir.

Mon histoire personnelle et familiale, beaucoup le savent, a des connexions avec Fabien Marsaud et j’ai quelque fois côtoyé Mehdi Idir dont je connais le roman familial. Histoire sur laquelle je ne me permettrai pas d’émettre une opinion, un jugement, un avis. Là n’est pas le propos. Le propos est purement cinématographique et cinéphilique. Et c’est bien, parce que j’ai eu des liens que je pense forts avec Fabien que mon regard sur son travail de slameur ou de co-réalisateur et que je me considère aussi comme un auteur ( même si nous ne jouons pas dans la même cour…), me permettent non pas de juger, mais d’offrir ma vision sur son travail d’artiste.

Je le répète ici comme je l’ai souvent écrit… On peut admirer un artiste et reconnaitre que dans certaines de ses créations il y a des faiblesses, des facilités, voire des râtés … Et comme je l’ai souvent dit et écrit aussi, je suis de ceux qui dissocient l’oeuvre d’un artiste et sa vie privée aussi pourrie soit elle. Les instances judiciaires sont là pour régler ce côté-là ( cf: l’affaire Polanski  ou récemment la censure de l’autobiographie de Woody Allen ) Mais mon propos n’est pas là non plus, aujourd’hui…

Bref, ou anyway comme vous le voulez… ou même Wesh si ça vous fait plaisir … Revenons à ce film « La vie scolaire »

Je vais donc commencer par les points positifs… Une actrice Zita Hanrot et un acteur Gaspard Gevin-Hié …

Une déception du coté acteur: Soufiane Guerrab que j’avais trouvé excellent et hélas  non césarisé dans « Patients » … Déception car  … Rôle trop cliché, jeu d’acteur faiblard et surtout, surtout le fait de lui donner un côté intello de prof de maths avec ces lunettes cerclées… On n’y croit pas du tout. Je passerai sur Alban Ivanov que j’avais aussi trouvé pas mal dans « Patients » et qui là… ne réussit même pas à nous faire croire à son côté surveillant déconnant et magouilleur pour obtenir du shit des élèves…

Je passe sur Liam Pierron, qui fait les efforts nécessaires  surement demandés par ses réalisateurs, pour rendre crédible son personnage que je sais tout droit inspiré de la vie de Mehdi Idir. Sa ressemblance avec Faudel ou avec Samy Seghir le jeune acteur de « Neuilly sa mère »… m’a gêné pendant tout le film. Mais bon… cela n’est rien par rapport au film lui-même.

Techniquement… D’un bout à l’autre j’ai eu la nette impression et je n’étais pas le seul chez moi  (mon fils, sa compagne, un ami …) de ne voir qu’un long téléfilm sans moments de fulgurances cinématographiques, tant au niveau des plans, surtout dans les scènes de dialogues, que dans la scène qui se veut la plus originale (celle de la fête, avec le parallèle entre fête des jeunes et fêtes du personnel du collège). Même dans certains clips tourné par Mehdi Idir, j’y avais trouvé quelques véritables scènes de cinéma ( Roméo Kiffe Juliette, le bout du tunnel, Education Nationale, Pocahontas…) Pour le coup, là on adhère pas du tout et on a même du mal à y croire, et croyez moi des fêtes d’enseignants de banlieues, pour en avoir vécu quelques unes quand j’étais moi même enseignant remplaçant dans le 93, j’en ai vécu pas mal, des coincées, aussi bien que des foutrement déjantées ( droit de réserve oblige, je ne rentrerai pas dans les détails…ceci a déjà été évoqué dans ma pièce « salle des maitres »…) Le montage est quelconque, et ne donne pas au film un rythme qui nous permettrait de le suivre avec ce questionnement tout bête d’un spectateur lambda: « et comment tout cela va évoluer ? » Et là j’aborde le fond de ma déception, excuse moi Fabien, tout cela manque de profondeur, d’émotions, tout est superficiel, au ras des pâquerettes de banlieue et de l’éducation Nationale. Même les  semblants de vies des familles qui défilent chez la CPE… (Sincèrement et sans me poser en donneur de leçons… Regardez les films de Raymond Depardon, sur la justice, » Faits divers, Délits flagrants, 10 e chambre correctionnelle, sur les campagnes: les habitants, la vie moderne, sur la folie  San Clemente et vous verrez que même en peu de dialogues on fait passer un message puissant… et même sans champs contre champs) Une image, un plan, une scène doit être un uppercut, une bouffée de sensations, une émotion à fleur de peau. Il y en avait quelques unes dans « Patients ». On espère un semblant d’histoire d’amour entre la CPE et  Yannis, ou/et Messaoud et la CPE mais un simple échange de regard, ou de sourires, ou un secret commun, ou une discussion confession brève et non élaborée autour d’un café, ne suffit pas à faire passer une émotion. On aurait aimé mieux connaitre le parcours familiale de la CPE ( Dans la journée de la jupe ( film sur les élèves d’un collège de banlieue aussi) avec Adjani on comprend mieux l’extrémisme des choix de l’enseignante quand on découvre au plan final d’où elle vient et pourquoi …) On espère aussi un regard différent sur la banlieue  et les jeunes des cités ou à la limite du hors système scolaire du 93, et on a  que des clichés, même de quoi donner de l’eau au moulin aux farouches connards qui disent que le 93 c’est la zone et c’est dangereux. Le personnage du copain à Scooter qui a choisi de dealer et qui meurt fait partie d’un de ces clichés … Et puis désolé, une fois de plus Fabien, tout est tellement lisse, propret dans votre film, (ah le désir de ne pas trop blesser de ne pas s’impliquer à fond dans un débat ou un conflit, de toujours montrer son coté clair et gentil … ça me rappelle des choses… mais bref …). J’ai enseigné à Garcia Lorca, à Rodin, à Renoir dans ce quartier où vous avez filmé, et croyez moi, c’était autrement violent et difficile quand je devais rentrer dans ces classes même en SEGPA ( que vous n’expliquez pas, tout le monde ne sait pas ce que peut être une Segpa…) Peut être me direz vous les temps on changé. Mais du temps où Armand C. ou Jean Yves S. (prof et directeur de Garcia Lorca à un moment), ce n’était pas aussi cool que le Lycée que vous montrez. Voulez vous dire par là, que les temps ont changé ? Si oui…vous ne le dites pas comme il faut… Et l’instrument « cinéma » ne le montre pas.

Allez… je vais quand même avoué que certaines répliques de certains mômes, m’ont fait sourire,  mais bon ça ne suffit pas ni à faire un film, ni à l’envie que j’avais d’écrire ( je vous jure que c’est vrai sincèrement, « la vie de ma mère… gros » !) que Grand Corps Malade et Mehdi Idir ont réussi leur coup sur un nouveau, un énième film sur la banlieue, l’école et le 93 et qu’on attend le prochain avec impatience… Rien ne pourra remplacer ou supplanter trois films magistraux sur le même sujet: Entre les murs ( bien sûr), ça commence aujourd’hui ( avec Philippe Torreton) et Etre ou avoir… Je pourrai même rajouté Le maitre d’école avec Coluche inspiré directement d’un livre pamphlet Journal d’un éducastreur de Jules Celma. Je passe bien sûr sur le cultissime La haine de Mathieu Kassovitz.

Finalement…  Après le générique, très beau, genre photo de classe, on se demande: mais qu’ont ils voulu nous dire Idir et Marsaud ? Quel est le message ? Mehdi voulait-il sa petite thérapie cinématographique, comme le soi disant faux  » biopic  » Patients ? Si oui, tout aurait du être poussé à fond, décortiquer, quitte à poser ses tripes sur la table. Même la scène qui aurait pu être la plus puissante ( celle du dernier parloir entre La CPE et son mec, tombe à plat, même si l’actrice fait tout ce qu’elle peut pour nous  bouleverser.) Et là, Mehdi, si Tu ( je te re tutoies, pour le coup …) si tu avais vraiment osé mettre à nu ton histoire avec en background tes années collèges… ça aurait pu être très fort. Le cinéma peut être parfois une arme, et un miroir pour le spectateur qui cherche forcément souvent des identifications, soit à l’histoire, soit aux personnages. Tout comme le personnage que tu as créé, on dirait que tu te dis, « ça servira à rien, je suis comme ça et rien ne changera… » De toi même en filmant avec Fabien cette vie scolaire, tu bloques ce fameux ascenseur social si cher aux slams de Fabien. Et je vois bien écrire dans la marge d’un livret cinématographique: « Peut mieux faire… »

Ma conclusion sera pour tous les admirateurs de Grand Corps Malade qui bien sûr ont adoré le film qui a eu bien sûr son large quota d’entrée … Et comment ne peut on pas adoré Fabien, quand on le connait sur scène ou sur CD ou sur selfies ? … Chers fans, admirateurs de Grand Corps Malade, le talent  (et Fabien est talentueux …) d’un artiste ne donne pas forcément de belles réussites, parfois. Mais rien ne peut vous empêcher de continuer à le vénérer comme vous le faites. Juste un truc, et après vous pourrez m’insulter ou me fustiger, ne laissez pas vos émotions, votre admiration altérer votre sens critique.

Aimer, admets aussi des nuances ou des déceptions que l’on souhaite temporaires …

Mars 2020

Albert Labbouz copyright pour Désespoir Production.  

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Bonne année ?

D’ici quelques jours, tout le monde ou presque dira cette phrase à ceux ou celles avec qui ils sont, famille, amis, connaissances, réseaux sociaux, collègues, amoureux; amoureuse, enfants etc… : BONNE ANNEE ! Certains y rajouteront même BONNE et HEUREUSE ANNEE ! Les plus bavards oseront même dire: TOUS MES VOEUX…

Oui… c’est la tradition. Les juifs se la sont déjà souhaitée bien avant pour Roch Hachana et les musulmans aussi bien avant…

La nouvelle année chrétienne ou païenne, c’est selon, célèbre en principe la circoncision de Jésus, sept jours après sa naissance comme le veut la religion juive. D’ailleurs sur de vieux calendriers, le 1er janvier était inscrit: Circoncision. Jésus fils de Joseph et Marie considéré aussi comme le fils de Dieu allait sauver le monde, et donc cette nouvelle année ne pourrait être que meilleure vis à vis de la précédente. Mais on connait la suite…

C’est aussi la nouvelle année pour dresser des bilans et émettre ce qu’on appelle de bonnes résolutions. C’est qu’on y tient dur comme fer à vivre le meilleur de notre vie. Certes, certain(e)s se seront réjouis de l’année écoulée, par divers événements, changement positif et substantiel de boulot, promotion, mariage, rencontre d’un être cher, naissances d’enfants ou de petits enfants, voyages, vacances, nouvelle maison ou appartement, études réussies, perte de poids assumée, arrêt de tabac ou d’alcool et j’en passe. Pour elle et eux, les voeux de début d’année ont pris un sens et n’ont pas été vains. Formidable et tant mieux pour elles et eux !

Sans égotisme forcené, je ne peux me résoudre à croire, et même à vouloir entendre ces phrases de début d’année. Je peux les dire aux gens auxquels je tiens et qui m’importent.

Mais comment croire une fois de plus à une bonne nouvelle année? Tant pis si je me répète, mais depuis 2018 bien que chaque premier l’an, la bonne année me fut souhaitée, ( même en 2017/2018 par la femme avec qui je vivais depuis 33 ans 1/3), les malheurs et les pertes indépendants de ma volonté se sont accumulés: fuite de la femme de ma vie, dépression, accidents en tout genre, hôpitaux, perte de ma mère, perte d’un ami très cher,  maladies de certains autres, solitude non voulue, artistes aimés décédés ( Higelin entre autres) … Situation politique et sociale française déplorable, Monde qui court à sa perte… Et je passe sur d’autres faits trop personnels pour les noter sur ce blog.

Certes dans la balance je peux trouver des éléments positifs qui font que ces deux années écoulées m’ont maintenu en vie : ami(e)s fidèles, cousine et cousin présents et fantastiques, retrouvailles d’ami(e)s éloignés ou perdus de vue, fraternité avec certains, consolidation des liens familiaux avec ma fratrie, joie de la présence et de la réussite professionnelle de mes enfants, connaissance de la petite amie et de ses parents d’un de mes fils, bons films vus, bon livres lus, de bonnes musiques écoutées, retour à l’écriture. Il n’empêche… A mon âge et à l’heure qu’il est, je ne peux croire aux bonnes années à venir… La vieillesse est à ma porte, mes amours se sont enfuies et Béranger aura beau chanté  « Revenez amours envolés… » Rien n’y fera… Le corps fera des siennes, l’esprit accentuera ses oublis, d’autres deuils suivront, des espèces disparaîtront ( dommage que ce ne soit pas des espèces de cons ou de connes, parce qu’il y en a un paquet et ils ont même tendance à se reproduire…). J’ai beau être un pessimiste positif comme le recommandait Leonard Cohen. Le pessimisme prend le dessus sur le positif. Et il chantait aussi:  » I saw the Future… it’s murder… » Comme quoi … Et comme disait Béranger aussi : « Alors moi, les violons les flonflons, je trouve ça tellement anachroniques que ça m’file la colique! » Ne venez pas me dire qu’il faut s’extasier sur un vol d’hirondelles, sur un beau coucher de soleil, sur un sourire d’enfant, sur une belle fleur, et profiter de ces courts moments suspendus pour se sentir bien. Se conscientiser comme disent certains…lol et re lol!!

Nous avons longtemps cru un ami et moi que la nouvelle année était la même qui recommençait… L’histoire, nos histoires, nous ont appris que non… Hélas… Les bons souvenirs sont certes ceux qui perdurent, parait il, mais les cicatrices physiques ou mentales seront toujours présentes, sauf quand la peau six pieds sous terre ou dans la fumée les aura fait disparaitre. Allez je ne vais pas finir sur une note morbide et je vais citer encore une fois Cohen:

 » Hold on, hold on, my brother My sister, hold on tight
I finally got my orders
I’ll be marching through the mornin’
Marchin’ through the night
Movin ‘cross the borders of my secret life »
« Tiens bon, tiens bon, mon frère.
Tiens bon, ma soeur.
J’ai finalement reçu mes instructions.
Marchant au pas je traverserai le matin,
Je traverserai la nuit, Passant les frontières
De ma vie secrète. »

Ces frontières dont parle Leonard, sont elles toutes ces bonnes nouvelles années souhaitées  tout en sachant qu’on vous demandera vos papiers avant de passer de l’autre côté ?

Allez. On y croit…

Albert Labbouz Decembre 2019. copyright désespoir productions

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Anniversaire

Il y a un an ma mère fêtait ses 93 ans. Fêtait? C’est un bien grand verbe… sur son lit d’hôpital ma sœur et moi nous avions apporté une part de mille feuilles, son gâteau préféré et on avait allumé une bougie. Elle qui ne s’alimentait presque plus en a mangé un petit bout et elle a réussi à souffler la bougie sans trop savoir pourquoi elle faisait ça. Et on a chanté le cœur serré:  » bon anniversaire et que l’an fini nous soyons tous réunis… »

Cette année là la femme que j’aimais s’était enfuie comme une voleuse, de quoi d’ailleurs? Et je savais que l’an fini nous ne serons pas tous réunis. C’est ça l’utopie mâtinée d’espoir à la con.

Combien de temps ma mère vivrait elle encore, elle qui réclamait la mort et qui d’un geste signifiait qu’elle se jetterait bien par la fenêtre!? Elle est partie tranquille je suppose le 26 mars de l’année suivante. La veille nous étions là ma sœur et moi. Ma sœur lui a demandé si elle savait qui elle était… les lèvres de ma mère se sont à peine entrouvertes et de la tête elle a fait  » oui » ! Je me suis approché à mon tour et je lui ai demandé : » manman regarde moi! » Elle qui n’ouvrait plus les yeux, les a alors ouverts très grands. Et m’a fixé un moment, 5, 10 secondes peut être .. je ne crois pas que sur terre il puisse exister un bleu comme était le bleu intense et clair des yeux de ma mère à ce moment là. Elle avait déjà le ciel de nos racines au fond d’elle… et puis nous sommes partis en lui disant à demain. C’est ça l’utopie mâtinée d’espoir.

Mais le lendemain elle était sur une table froide les yeux fermés et bien coiffée vêtue d’une chemise de nuit toute blanche. Je n’ai pas cessé de la regarder même au travers de mes larmes. Garder à tout jamais son visage confondu au mien. Là voilà tranquille et délivrée. C’est ça l’utopie mâtinée d’espoir.

Je venais de perdre la même année les deux femmes que j’aimais. Deux mères. L’une qui jusqu’au bout du bout à su franchir toutes les écueils d’une vie difficile en nous aimant et en aimant tout simplement. L’autre, happée par une vie qu’elle pensait pourrie et qui n’a pas su franchir les écueils du chemin cahoteux, caillouteux escarpé de l’amour avec un grand A!

Mon cœur et mon âme saignaient. Mais je savais en re entendant les mots de la mère que « c’est pas ta tête qui doit gagner, mais Toi! » Alors, il me fallait gagner pour que ni mon âme ni mon cœur saignent à jamais! C’est ça l’utopie mâtinée d’espoir.

Un an plus tard, aujourd’hui, sur sa tombe le jour de son anniversaire nous lui avons apporté un petit pot de fleurs, on a bien pensé au mille feuilles…mais bon, on a juste allumé la bougie. La nuit j’avais rêvé que nous étions avec elle ma sœur et mon frère dans sa salle de bains nous préparant pour aller au cimetière et je m’étonnais qu’elle soit aussi présente pour aller avec nous se rendre sur sa tombe. Elle nous a pris tous les trois dans ses bras, elle au milieu de nous. L’an se finit et nous étions réunis. Plus d’utopie! Un nuage d’espoir. C’est ça l’amour.

Ironie du sort. Dans la boîte aux lettres un ami de province m’a envoyé un disque surprise avec un point d’interrogation sur le Cd . Je l’ai mis. Lili Boniche chantait ana El awarka… une des chansons préférées de ma mère…

Les larmes sont venues. Bon anniversaire mamy … c’est ça l’espoir… et le bleu qui va avec …

19 décembre 2019. Copyright Albert LABBOUZ pour désespoir productions

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JUIF ERRANT…

Quel mythe fabuleux…Quelle Fable…que celle de ce juif errant…

Ce juif errant auquel je m’assimile ce matin au réveil. Je cherche la faute que j’ai pu commettre pour errer ainsi depuis 1962. Car le juif errant dans la mythologie qu’on lui prête, est quelqu’un qui a commis une faute et se retrouve damné à errer toute sa vie, en proie aux rejets de ceux qu’il croise ou des peuples qui lui attribuent la crucifixion du Christ, d’où l’extension, pas forcément vraie du peuple d’Israël responsable de cette crucifixion de celui que certains avaient reconnu comme le messie et pas les autres. Était-il coupable ou responsable de quoique ce soit d’ailleurs ? Qui peut le dire ? En tout cas, il errait et sans doute cherchait-il un lieu une terre, un endroit où se poser et finir sa vie. Là j’extrapole ma propre vision, car le mythe permet cela et bon nombre d’écrivains, de poètes et de religieux de tout poil ont divagué là dessus.

( https://fr.wikipedia.org/wiki/Juif_errant).

Le très bon« Jacobi marchait » de CharlElie, ou le fabuleux Paris Texas de Wim Wenders contribue pour moi à cette référence mythologique du Juif Errant.

Pour ne pas déroger, à mes habitudes stylistiques, je vais parsemer par ci par là, ma réflexion personnelle de citations de mes héros préférés (littéraires, cinématographiques ou musicaux).

(Certaines seront cachées, incluses dans mon récit et traduites en français; Saurez vous les dénombrer, les débusquer ? It’s a game also, comme la vie )

Voici la première, elle est de Gérard Manset…

« C’est un long long chemin… » Elle fait écho au titre d’une chanson des Beatles «  The long and winding road » et ça ferait trop plaisir à Grand Corps Malade si j’y ajoutais un de ces slams intitulé « Rencontres ».

Pourquoi donc ce matin cette parabole du juif errant m’est apparue ? Parce que pour en arriver où je suis, j’en ai fait du chemin, j’en ai traversé des mers, des terres, et souvent contre mon gré.

« Pourquoi ?
Parce-que j’ai attendu beaucoup
Et que je t’ai cherchée partout
A en boire toute l’eau des rivières, pour voir le fond
Et pour en soulever les pierres A couper les arbres des bois, pour voir plus loin
Entre New-York et Versailles. »  Michel Jonasz

Contre mon gré, à cause de guerre sans nom, d’amours ratés, de déménagements non souhaités, de suicides loupés aussi, de trahisons, de psys, en hypocondrie…. Avais-je une recherche dans mon errance ? Je ne le savais pas, souvent cela m’est apparu comme revivant l’errance de mon père durant la seconde guerre mondiale, qui pour échapper à un camp en Allemagne avait cassé de ses mains les planches du sol d’un wagon plombé et sauté d’un train, en pleine nuit et dans le froid. Il avait erré à travers la France entière d’Est en Ouest, du Nord au Sud pour atteindre une France Libre, et ne retrouver son pays, sa jeune femme que 7 ans plus tard. Il était abîmé par la dysenterie et une tuberculose naissante, dans une citadelle marocaine semblable à celle du désert des Tartares. Cela devait faire l’objet d’un roman qui s’arrêta net après près de cent pages écrites, par la fuite préméditée, sournoise, incompréhensible d’une femme déboussolée qui avait été ma compagne pendant 33 ans et avec qui j’avais eu deux enfants. J’avais pensé qu’en la rencontrant après tant d’errances, et j’en étais convaincu, que j’avais enfin tuer mon juif errant. Je posais mes valises et le bon temps n’avait qu’à rouler, que les nouveaux Road-movies ne seraient que des yellow bricks Road que Here comes the sun and hello sunshine jusqu’au bout.

Mais…

« it’s that you or a brilliant disguise… » Bruce Springsteen

 et « Avec le temps… avec le temps va tout s’en va… » 

Et tout s’est en allé… effectivement, pour elle… Pas pour moi car je savais grâce à mes errances que la pluie tombe sur l’homme de l’an passé et que c’est une rude, rude pluie. Néanmoins, j’ai tenté de reprendre mes haillons, mes hardes, mes peines et mes guenilles et j’ai essayé de battre une nouvelle fois la semelle dans les pays de la dépression, des hôpitaux et des psys à ma soixantaine déjà bien entamée. Je comptais tellement que le soleil brillerait sur la porte de derrière et que de la fissure s’échapperait de la lumière. J’espérais sur mes enfants, mes ami(e)s avec un petit peu d’aide de leur part. Si chacun n’a pas failli à ce que j’étais pour eux, cela n’a pas été évident pour mes enfants, qui démarraient leur vie, leur  chemin, leurs espoirs, leurs amours et qui même désemparés par ma blessure ne pouvaient rien d’autre pour moi , que m’aimer… C’était déjà énorme ! All you need is love, n’est ce pas ? Ils m’évitèrent d’avoir de la sympathie pour le diable, et à aucun moment je les avais fait exister par égoïsme ou pour penser que leur mère ne leur avait donné naissance que parce qu’elle voulait être gentille avec moi…

LOVE ! LOVE ! LOVE !

J’avais pensé avoir posé mes valises, retrouver une sorte de normalité tant décriée par beaucoup des gens de ma génération dans nos années 70. J’avais une famille, une maison, un chat et des tonnes de projets d’écritures et de cultures, de voyages qui se sont concrétisés avant que la locomotive déraille. Oui, j’ai longtemps pensé que le long fleuve devenait tranquille et que les rapides de la Délivrance m’avaient fait arriver vivant et à bon bord comme Jeremiah Johnson au moment où il s’installe avec sa femme indienne dans un coin de bonheur. Mais les lits ont brulé. Et voilà, que habitué, souvent tranquille et seul même chauve dans mon petit coin de banlieue, la femme au cœur d’acier, une vraie femelle qui vient me faire flipper, désire alors que je n’ai jamais demandé à la faire disparaître, alors que tomber à terre pour la fille qu’on aime et que je commençais à  panser et penser me relever indemne, réclame un dû financier et veut me faire reprendre les sales chemins de traverse. C’est comme si l’assassin de « Dial for M » d’Alfred Hitchcock  se relevait demander des indemnités pour avoir osé été tué avec une paire de ciseaux neufs. Comme si Eve acceptait d’être chassée du paradis mais ordonnait à Adam qui lui veut y rester et même demander des comptes à D… sur Sa décision, de la payer pour aller se trouver un autre coin de parapluie… Je ne sais pas si vous suivez mes images… mais aussi extrêmes soient elles peut être vous parlent elles.

« I want to be in my home » … juste ça.

Je ne veux pas avoir ce que je ne veux pas… je veux déjeuner en paix, chez moi aussi longtemps que j’en aurai envie et avec qui voudra bien déjeuner avec moi. Le juif errant ne reprendra pas son baluchon et Chagall devra trouver un autre personnage à peindre dans une de ses toiles, s’il peint encore là où il est. Macias ne rechantera pas « J’ai quitté mon pays, j’ai quitté ma maison » une fois de plus…

Tiens je vais citer Gainsbourg quand à Strasbourg des paras voulaient l’empêcher de chanter la Marseillaise :

«  Je suis un insoumis… »

et à cette citation j’ajoute une de Bruce Springsteen :

« Baby,I’am thougher than a rest »

et un petit Haïku de Leonard pour finir :

 Je

ne rendrai

jamais

le Saint Graal

à ses

« légitimes propriétaires »

 Copyright : Albert Labbouz pour Desespoir productions  Septembre 2019

pour les traductions de certaines citations… utilisez internet ou reportez vous aux auteurs cités…

 

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VRAIE VIE : PARABOLES et METAPHORES

J’ai toujours été contre le déballage personnel de sa vie sur les réseaux sociaux, je crois même y avoir fait un article sur ce blog. J’ai toujours préféré si la difficulté de dire aux autres sa vie heureuse ou pas, joyeuse, festive, triste était nécessaire faute de se payer une thérapie ou une  analyse, la parabole, la métaphore, l’élévation du questionnement personnel au travers de l’art, de la culture, de la poésie, de la littérature, de la chanson. Rendait la chose possible pour parler de soi avec l’illusoire espoir de faire réfléchir l’auditeur, le spectateur ou le lecteur sur sa propre vie …

Boris Vian disait : « Tout a été dit cent fois et bien mieux que moi … »

En ce qui me concerne, j ai essayé de manier l’auto fiction dans mes livres :Rencontresétoilées, Jardins à l’algérienne, D’être libres un jour, mon amour  (toujours disponibles et toujours en vente sur le site chez grrrart-editions.fr et en commande chez votre libraire). Le personnage central me ressemble mais ce n’est que la vision que j’ai de moi bien des années après, surtout dans d’être libres, un jour mon amour… Et les évènements racontés sont souvent des mix de plusieurs histoires, et même parfois totalement inventés, enjolivés ou dénigrés… Certaines de mes connaissances s’étant reconnues dans mes livres m’ont jeté l’opprobre, un peu comme fait Woody Allen à Diane Keaton dans Manhattan.Pourtant… tout ceci n’est que littérature ou cinéma. Tarentino, par exemple pousse le style jusqu’à refaire l’histoire… (Hitler est assassiné dans Inglorious Basterds, Bruce Lee est un minable karatéka et Sharon Tate ne meurt pas dans One upon a times… in Hollywood).

Alors, aujourd’hui dans cet article, pour la première fois je ressens la difficulté à prendre de la distance avec l’histoire que je vis depuis plus de quinze mois. Je cherche la parabole sur la solitude, sur la vieillesse naissante, sur la perte d’une mère, sur la trahison d’un  amour et son bizarre départ. Je cherche à exprimer la difficulté de vivre, de mettre fin à une dépression surgie comme une crise cardiaque , un AVC ou une rupture d’anévrisme, et même d’une tentative de meurtre. Je cherche comment comprendre ou comment exprimer les interrogations d’une femme enfuie et ses perspectives futures sans que rien n’ait été conclu ou formulé ou acté. J’oscille en espoir et désespoir. La voilà la parabole, comme un bouchon de liègejeté après une soirée festive, dans la mer, et qui flotte mais  qui ne sait pas si demain la mer sera calme, agitée ou tempestueuse (le mot existe et Lacan l’aurait adoré), voire un tsunami. Et au fil des jours, au tombé du bastingage le matin, le bouchon plonge et ne sait pas s’il remontera à la surface. Parfois la mer est calme et le soleil doux, parfois c’est tout le contraire et je m’enroule dans une couverture recherchant ma position fœtale.  Je ne suis pas le premier à écrire ça :

« J’allais à la fenêtre enroulé dans un drap,

… Je secouais la tête j’en écartais les bras …

J’avais des hauts… J’avais des bas.

Toute la vie devant moi.

Je crois j’en voulais trop »Philippe Djian

Et ce bouchon qui soit de champagne ou de piquette, parfois cherche un refuge et essaie de hurler sans boire la tasse : Gimme Shelter. Des relents du liquide qu’il protégeait lui remonte au bord, et le voilà saoul quand la pleine lune fait sortir les loups garous… Et il invoque les esprits de l’au-delà, qu’ils viennent à son secours, qu’ils l’aident à retrouver sa bouteille même s’il doit être un peu taillé par un Opinel pour de nouveau boucher ce champagne qui perd ses bulles… Il est même prêt à croire au pouvoir divin de la Vierge, ou aux prophéties de ses maitres.

«  Waiting for a miracle… » L.Cohen

« Si la solitude te pèse et que tu viens à passer par là… Tu peux toujours compter sur moi. »  Jacques Higelin

Comme la petite fille aux allumettes d’Andersen, il craque ses allumettes pour apercevoir son grand père, sa mère, son père …ses ami(e)s parti(e)s… Il leur demande de l’aide, de changer le cours des choses. Il en vient à se demander si finalement ils ne sont pas mieux dans leur ailleurs… Il est souvent tenté d’y aller voir.

Ailleurs, ailleurs 
Ailleurs, on croit, le monde est meilleur
Et rien ne fait peur, rien ne fait peur
Ailleurs, on croit, le monde est meilleur, meilleur
Ailleurs, on croit, le monde est bien meilleur.
Gérard Manset

Mais qui donc a inventé l’Espoir au contraire de ce que dit Leo Ferré :

« Qui donc inventera le désespoir ? »

Car finalement qu’est ce qui l’empêche de se laisser couler ou de se coincer entre deux algues ou de se faire engloutir par un connard de requin ? Qui le regrettera ce putain de bouchon en liège ? Après quelques semaines, quelques mois peut-être ? Personne ! Même pas ceux, ou celles qui avaient participé à cette super fête où tant de bouchons ont sauté, tant de rires ont fusé, tant de joie s’est propagée, tant de partages et d’échanges ont magnifié cette soirée. Cette soirée où l’espace temps s’est envolé, combien de temps a t elle duré : un soir, des mois, des années ? Bien malin est celui qui saura le dire … Oui, qu’est ce qui l’empêche ce bouchon rescapé de se laisser aller au néant ? Ben « l’espérance folle » comme le chantait Guy Béart. Comme le disait aussi Léo Ferré :

« et s’il n’y avait qu’un trou à la roulette, on miserait quand même ! »

 Vous voulez la parabole qui va ouvrir vos esprits et peut être comprendre certains mécanismes humains, certaines attitudes aussi qui fait que ce bouchon en perdition n’incommode personne ? C’est la parabole du Mandarin utilisée à l’origine par Jean Jacques Rousseau et repris par Balzac dans le père Goriot, par Chateaubriand dans Génies du Christianisme, par Freud bien sûr dans Considérations sur la guerre et la mort.

Grosso-Merdo, la parabole est la suivante :

Si vous pouviez pour être heureux ou riche ou sans souci avoir la possibilité de faire mourir  un mandarin chinois à l’autre bout de la chine sans que vous soyez inquiétés d’être à l’origine de sa mort, le feriez vous ?

John Cassavetes en a fait un superbe film : Meurtre d’un Bookmaker chinoisavec Ben Gazarra.

Le philosophe Alain a écrit cette magnifique phrase à propos de cette parabole dans « Propos sur le bonheur… »:

« Chacun, à toute minute, tue le mandarin ; et la société est une merveilleuse machine qui permet aux bonnes gens d’être cruels sans le savoir. 

 Voilà je suis le bouchon et le mandarin. Mais qui va mieux, qui est heureux(se) vraiment ? qui avez vous tué dernièrement pour aller bien ?

Copyright Albert Labbouz pour Desespoir productions Septembre 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

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DELON VA MOURIR…

Avant qu’il ne s’en aille rejoindre un ailleurs, je voulais écrire sur lui.

Lui:

ALAIN DELON…

Delon est schizophrène, il l’a toujours été. On peut exécrer le bonhomme pour tout ce qu’il est ou ce qu’il a été: ses prises de positions de droite, voir d’extreme droite, ses affaires louches comme l’affaire Markovich, son égocentrisme permanent, son arrogance, sa prétention, son machisme, ses amours foireuses avec Romy Schneider, Nathalie Delon, ou Mireille Darc…

MAIS

Au delà de ça et comme un Céline abject et immoral, il ne faudra jamais oublier le cinéma qu’il a été, l’acteur incroyable qu’il a su être lui, le jeune apprenti boucher de sceaux …

Ne jamais oublier ses compositions, son professionnalisme, ses interprétations uniques et magnifiques chez les plus grands de Visconti à Blier en passant par Godard et bien d’autres… Vous avez Wikipedia ou Imdb pour voir sa filmographie. ses très grands films et ses films moyens…ou bof…mais ils ne sont pas légion car tous vous parleront…

Quel Rocco fantastique dans Rocco et ses frères, quel Guépard Magnifique chez Visconti, quel Monsieur Klein inoubliable, quel Monsieur Ripley étonnant dans Plein Soelil, quel Borsalino fantastique… Rappelez vous l’éclipse d’Antonioni, Mélodie en sous sol d’Henri Verneuil, Le clan des siciliens, les aventuriers, Adieu l’ami avec Charles Bronson, La tulipe Noire, Les Félins avec Jane Fonda , Ramon Mercader aux côtés de richard Burton et Romy Schneider dans l’assassinat de Trotsky de Joseph Losey, le cercle rouge de Jean pierre Melville, avec Bourvil et Montand, le samouraï , Un amour de Swann de Volker Shloendorff,  les granges brulées avec Simone Signoret , Jeff, La piscine de Jacques Deray avec Romy Schneider, Nouvelle Vague de Jean Luc Godard  et jusqu’à au rôle de César dans Astérix aux jeux olympiques …

Mon grand regret est qu’il n’a jamais tourné avec Truffaut… Et que Lunes de Fiel qu’il devait tourner avec Adjani ne soit pas fait avec eux.

Qui d’autre que Delon aurait magnifié ses rôles ? QUI ? Delon … seul Delon… l’acteur… Quand on aime le cinéma et qu’on se dit cinéphile il ne faut pas jeter DELON avec les mauvais rushs du cinéma.

J’ai eu l’occasion de le côtoyer dans une figuration de  « pour la peau d’un flic« , j’en parle dans mon livre Rencontres étoilées éditions Grrart. ( http://www.grrrart-editions.fr). Qui qu’il ait été, lors de cette figuration où j’ai connu Fiona Gelin, il a été aimable, serviable, nous parlant à nous les figurants d’un jour, comme à des professionnels…Nous remerciant chaleureusement à notre départ. Je ne peux oublier la partie de flipper que j ai faite avec lui. J’ai gagné, mais  il en a été content.

Alors ? Delon mort ( il ne l’est pas encore au moment où j’écris ces lignes, mais je préfère les écrire avant…) c’est quand même pour moi une part de l’écran noir de nos nuits blanches qui sera dans l’ombre dans le noir total, un moment… Et il en faudra du temps avant de retrouver un acteur de cette trempe… Le reste, sa vie perso, je m’en tape un peu, je sais que je n’aurai jamais pu admirer l’homme… L’homme ses contradictions, ses esquives louches, son gaullisme … Même si dans Paris Brûle t il il fait un excellent Chaban Delmas…

Voilà… je voulais dire ça. Salut Monsieur Delon l’acteur.

 

Copyright Albert Labbouz pour désespoir production Aout 2019…

 

 

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