la couverture originale de CharlElie

la première proposition de CharlElie et la bonne !

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Perplexité

FACEBOOK me laisse perprlexe…

 

Personnellement, je n’ai pas Facebook ; j’ai créé deux pages facebook pour mes livres… Rencontres étoilées (http://www.facebook.com/rencontresetoilees) et Jardins à l’Algérienne ( http://www.facebook.com/jardinsalalgerienne) pour me faire de la pub et pour faire connaître mon travail d’auteur. J’ai aussi mon site perso ; (albertlabbouz.fr) qui doit être actualisé par mon webmaster… Mais, comme je suis sur Twitter( @Albertlabb ) et que j’ai mon blog sur WordPress (rencontresetoilees.wordpress.com), et que je re-tweete, les articles que j’écris sur mon blog sont partagés sur ma page Facebook « jardins à l’algérienne » et du coup je peux voir qui a aimé ou pas …

Alors, par le biais des liens, je vais sur les pages Facebook de ceux/celles qui ont aimé. Et là je reste perplexe sur Facebook et sur mes « amis » que je connais en vrai et qui ont Facebook. Je vais sur leur page et je vois le nombre d’amis, de connaissances qu’ils ont et parfois je reconnais des disparu(e)s alors je clique pour voir et savoir ou ce qu’ils/elles sont devenu(e)s ou bien quelle tête ils/elles ont maintenant et quel(le)s sont leurs nouveaux/nouvelles ami(e)s. Mais je reste perplexe, (je sais, je me répète, c’est exprès!)… Pourquoi perplexe ? Parce que je sais que la somme d’ami(e)s qu’ils ont n’est pas le reflet de leur vraie vie. Ils ont des ami(e)s, mais ils n’en voient et en côtoient que quelques un(e)s.

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec l’idée d’amitié, car je n’ai jamais su la définir. Je ne sais pas où commence une amitié, où elle finit et ce qui fait que c’est une amitié. Il existe des gens qui ne sont pas de ma famille, et que j’aime, que je respecte, et avec qui partager des choses (repas, concerts, ballades, discussions …) est nécessaire pour moi, pour eux aussi j’espère… Je tiens à ces gens… Mais je ne sais pas nommer la relation que j’ai avec eux… Amitié ? Je ne sais pas… Y a t il une hiérarchie dans l’amitié ? Relation, collègue, connaissance, camarade, copain-copine, ami(e)? Y a t il des règles, des passages obligés pour passer d’une étape à l’autre ? Je ne sais pas… Je ne l’ai jamais su. Ce que je sais, c’est que j’aurais voulu que certain(e)s ne disparaissent pas, jamais, ne s’éloignent pas, que ce soit à cause des aléas de la vie (déménagement, décès) ou bien parce que le temps a passé et qu’il passe sous forme de période : l’enfance, l’adolescence, les mariages, la vie sociale… Certes j’ai encore des amis d’enfance et d’adolescence… Mais les autres ? Ceux/celles que j’aimerais encore sentir à proximité, pourquoi le temps ne les a pas fait subsister ? Serait-ce donc que la relation n’était pas si importante, si vitale ? Sur le Facebook des gens que je connais, parfois, ils sont nombreux… Ne seraient ils pas alors que des fantômes du passé pour leur rappeler qu’à une époque ils se connaissaient, ils se côtoyaient dans le même lycée, la même ville le même quartier, qu’ils avaient peut-être partagé, vécu des choses semblables ailleurs, autrefois ? Autrefois … ? A quoi sert Facebook ? A dire à d’autres qu’on est toujours vivants ? Non… j’ai vu dans la liste de quelqu’un que je connais qu’il avait toujours pour ami quelqu’un de mort…une de ses connaissances (même pas un ami) dont personne n’avait enlevé son profil… On peut donc être ami Facebook avec des morts … C’est bien. Les quelques « amis » décédés que j’ai connus, je n’ai pas besoin de Facebook pour dire que je les ai aimés et que parfois je pense à eux, avec émotion… J’ai vu aussi dans ces listes d’amis, que beaucoup étaient « amis » avec leurs propres enfants qu’ils voyaient encore … Ah Bon ? Facebook est donc nécessaire pour faire comprendre à ses enfants qu’au delà du lien familial, nos enfants sont aussi nos amis et vice versa ? Qui plus est… dans la réalité ce n’est pas toujours vrai, mais bon…  J’ai vu aussi que beaucoup, mettaient en photo des moments de leur vie… Photos de vacances, anniversaires, réjouissances amicales ou familiales… ça me laisse perplexe, ça aussi… « Regardez… Là c’est nous au bord de la mer, dans un pays étranger, nous mangeant dans un bon restau (avec photo du bon plat), c’est moi faisant le con à l’anniversaire de untel »… etc… Perplexe aussi de servir de relais aux infos… regret du décès de tel ou tel personnage public… J’admets à la limite cela comme un hommage perso à quelqu’un dont la disparition nous touche… Voilà… donc si j’ai bien compris, que Facebook non seulement d’être un relais de nos vraies ou virtuelles amitiés, est aussi un réseau médiatique qui nous permet de nous transformer en passeur, en journaliste de sa propre vie. Je sais que je suis mal placé pour écrire ce qui va suivre, mais je l’écris quand même… Nous voulons tous être regardés, aimés, admirés, reconnus du plus grand nombre et pourquoi pas même d’inconnus qui grâce à Facebook trouveraient notre vie géniale… !!! Facebook n’est il pas une fabrication à envieux  quelque part ? Je peux à la rigueur comprendre que Facebook soit une vitrine pour un artiste, un créateur, un politique même … Un thermomètre de sa popularité, un vecteur de sa publicité (mes pages Facebook de mes livres existent pour cela… au départ…) Oui… Facebook comme relais publicitaire je peux l’admettre…

MAIS…

Facebook me laisse très perplexe… oui… me passent par la tête des trucs du genre : « Big Brother is watching you… » « La solitude ça n’existe pas … » Ben… si justement… Je pose la question est: et si Facebook n’était qu’un placebo contre cette solitude qui effraie certain(e)s d’entre nous ?

Je n’arrive pas à m’imaginer (si j’avais Facebook) qu’en « likant » quelqu’un que je connais… Je n’aurai pas, plus envie de l’avoir en face de moi autour d’un café, d’un verre ou d’une soirée. Et lui dire simplement : «  Alors ? Quoi de neuf ? Qu’est ce que tu racontes depuis le temps ? »

À mon âge et à l’heure qu’il est… Mes réflexions et mes pensées tournent autour de ce putain de temps passé et de celui qu’il reste, et de me dire…Qu’est ce qui fait une vie ? Qu’est ce qui la défait ? Qu’est ce qui a été important ? Qu’est ce qui ne l’a pas été ? Que sont mes amis devenus…?  » Dans quel état gère/j’ère?  »  Et  comme ma mère et son Alzeihmer grandissant  tout me ramène à cette question qu’elle nous pose 50 fois par jour …

 » Qu’est ce que je dois faire ? »

 

Coyrighyt Albert Labbouz Aout 2017 pour Désespoir Productions…

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Last day ? version augmentée et basta !

LA RETRAITE …C’est quoi cette histoire? Parce qu’un jour on cesse de travailler, Ce devrait être le grand jour, le grand soir à l’image d’une naissance ou d’une mort? Tout le monde me tanne: « alors? C’est ton dernier jour? Tu vas fêter ça ? Et tu vas faire quoi après? C’est une nouvelle étape …  tu vas avoir du temps, maintenant… Etc… » certain(e)s m’envoient des SMS me souhaitant une vie nouvelle, d’autres des regrets de mon départ… Faut il que le travail soit à ce point une douleur, la charge de toute une vie pour que tous veulent en être soulagés à ce moment précis du dernier jour… C’est comme si on avait vécu que pour cela: la retraite !!! Et quand on ne travaillait pas c’était quoi ? Des intermèdes appelés vacances… repos…maladie…? Une vie ne se résume t elle qu’à ses départs… à ses adieux… à ses  » nouvelles étapes »?  Des retraites, des nouvelles étapes, j’en ai vécu des centaines depuis l’enfance, à commencer par mon départ d’Algerie et puis mes déménagements et puis mes changements d’école dans mon boulot de remplaçant éternel et puis aussi les virages dans mes désirs d’artistes ( chanteurs, comédien, théâtreux, auteur, écrivain, voyageur…) et puis aussi mes amours foutus. À chaque fois une retraite; une nouvelle vie, de nouvelles rencontres, et irrémédiablement des pertes, des oublis, des effacements. Il paraît qu’on appelle ça « la vie ». Non… mais tout ça pour dire que cette idée de retraite est bien une connerie, car des retraites on en vit sur tout le chemin qui va de ce premier épisode-naissance à l’ultime. … Changer… Ah Bon ? La retraite va me changer alors ? Je vais pouvoir réaliser mes désirs, mes envies et le travail, ce salaud m’en empêchait ? Non… Non… fausses excuses.  Tout ça parce que notre temps était rythmé d’horaires de lever pour aller bosser, d’horaire de fermeture, de temps de pose pour souffler. La retraite un autre rythme alors ? Que nenni, je me lèverai matin et quoi ? Avec une heure ou deux de sommeil en plus so what ? Alors, je n’ai pas attendu ce moment pour dire que je vais faire ce que je n’ai pas eu le temps de faire ? : des tours Eiffel en allumettes, aller à la pêche, reprendre des études, lire tout Proust, apprendre le piano, faire le tour du monde .Vivre différemment me dit on… Ben voyons… Qui m’empêchait de le faire pendant que je travaillais hein, justement pendant ces intermèdes créés par la loi ? La vie est un travail à elle toute seule, et sa retraite porte un nom beaucoup plus sombre: Mourir. Avec cette notion de travail que beaucoup porte comme un fardeau ( demandez aux vraies travailleurs, travailleuses qui rentrent chez eux les soir avec des crampes dans les mains, des maux de dos, des burn out en sourdine…), il a été créé le monde des retraités pour les soulager un peu comme dans  » Soleil Vert », le « club » comme me le dise certains. Mais comme me l’écrit ma copine Sylvie, c’est juste un rite initiatique pour masquer le fait que tu n’as plus 20 ans et que ta jeunesse et sa force est derrière toi. Alors… Ben… ce qui veulent se bercer d’illusions sur leur retraite à venir, en se disant que tout va changer partir de ce last day… Libres à eux. Et Sylvie ajoute à juste titre ce que disent les gens de Matala en Crête: « To day is life, To morrow never comes… »

Sur l’océan pas toujours calme, même agité de ma traversée, le pas que beau va. Oui, et la nave va…  et comme le chante my boss: No retreat no surrender!

7 Juillet 2017 copyright ALBERT LABBOUZ pour désespoir productions

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JARDINS à L’ALGERIENNE Nouveau témoignage…

Bien sûr, quand on n’est pas un auteur reconnu par le monde médiatico-littéraire, ou bardé d’attachés de presse qui copinent avec le show-biz littéraire,  parce qu’on est qu’un auteur publié par un éditeur indépendant, les retours des lecteurs qui se procurent votre livre dans un salon, ou en le commandant chez l’éditeur ou chez certains libraires ouverts à la découverte ( ils ne le sont pas tous… ils veulent vivre aussi et non pas d’autres recours que de mettre en avant les best-sellers, les grandes maisons d’éditions, les Mussso, Levy, et autres…)- ces retours sont un peu une poussière de reconnaissance, des bribes de notoriété que vous n’aurez jamais… Dans un accès de fierté, personnellement, je peux me dire quelque chose de l’ordre de l’injustice, ou même en gonflant mon ego penser :  » les cons ( ceux qui ne savent pas que j’existe en tant qu’auteur, ou qui ne me lisent pas…) ils ne savent pas ce qu’ils loupent !
Ces retours de lecteurs/trices croisé(e)s le temps d’un salon où la concurrence fait rage, et où vous voilà balourdé vendeur comme sur un marché:« il est beau mon roman, ils est frais… », sont la justification de l’envie de continuer à écrire. Oui, car un auteur non lu et auquel on ne renvoie rien de son travail est un zombie, un mort vivant, un inutile…
J’en suis à 3 livres publiés chez Grrrart-editions et la dureté de la vente en salon m’a fait penser que cela ne servait à rien d’écrire et que je ferais mieux d’arrêter et de gratter ma guitare dans mon jardin en vivant une retraite aigrie. Mais… Un lecteur vous écrit et vous vous dites… Ce n’est peut être pas inutile…
François L. m’a écrit sur Jardins à l’Algérienne et voilà son témoignage. Peut être par l’intermédiaire de ce blog s’il est relayé, d’autres lecteurs/trices inconnu(e)s auront envie de découvrir Albert Labbouz, cet auteur anonyme que l’agneau de Dieu n’a pas touché du doigt…
Cher, Albert Labbouz
 
Nous nous sommes rencontrés 5’ à Saint-Louis, le temps que je t’achète ton roman.
Je viens de le lire avec beaucoup de plaisir et de nostalgie. Le plaisir, c’est parce que j’aime beaucoup ton écriture, ta fantaisie, l’espèce de liberté que tu glisses sous ta plume, les trouvailles qui amusent les pages. Le plaisir, c’est aussi la tendresse que tu mets dans le rappel de ces souvenirs, la gentille distance que tu établis entre toi et Théo avec une bonne dose d’humour, mais humour rime avec amour. Le plaisir, c’est cette narration soutenue qui interdit au lecteur de s’arrêter, des personnages attachants, une histoire vraie et pourtant qui dépasse (je n’ose pas écrire « transcende ») la réalité, qui va en tout cas au-delà.
La nostalgie, c’est parce que nous avons eu des vies parallèles : toi de retour en France et moi le petit Patos qui arrive en Algérie, toi et moi victimes (plus ou moins consentantes mais « réservées) de ce « viol » dont tu parles. La fin des enfances confrontés à d’autres réalités.   C’est aussi parce que nous avons eu en commun Oran ! Et puis, mon grand copain s’appelait Choukroun!
Je suis content de te connaître (lire, c’est co-naître, pour reprendre un vieux cliché) avec ta sensibilité, l’acuité de ton regard et ton talent !
 
Bonne continuation. Je vais me procurer tes autres livres : un type qui se fait photographier avec L. Cohen ! Moi, j’ai aussi eu ma journée de gloire : j’ai passé une après-midi avec Moustaki !
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CHOISIR SON ENNEMI

Je ne peux pas être dans le silence en ce moment… Il y a si peu d’espoirs, si peu d’envie, et pas de désir.

« ILS ONT VOTÉ ET PUIS APRÈS » … ? chantait Leo Ferré…

Cette France qui m’a accueilli lorsque j’avais 8 ans. Cette France je ne la reconnais pas tant elle s’égare dans ses choix, tant elle se laisse berner par de sombres discours et mensonges à tout va. Beaucoup ont d’abord soutenu un voleur, un menteur, un névrosé en faux-self cherchant le pouvoir en promettant sans vergogne le bonheur d’une autre vie à des français abîmés par la violence, la mort, la misère et le rétrécissement des consciences et du portefeuille. Il s’est viandé et c’est tant mieux ! Mais cela n’a pas suffi. Deux sont restés en course…

Et vous voilà mes chers français, mais pauvres français prêts à vous engouffrer dans l’ignominie d’une héritière carnassière feignant la respectabilité et se revendiquant du peuple, elle qui a vécu et grandi à Saint-Cloud dans un château grâce à un don bizarrement acquis offert à son père par un PDG cimentier. Son père, admirateur de l’Allemagne nazi, des chants militaires, créateur de groupuscules fascistes qui ne lésinaient pas à casser du bougnoul ou à se payer un youpin lors de virées scandées par le bruit de leurs rangers ! Un père raciste xénophobe, homophobe, tortionnaire notoire pendant la guerre d’Algérie. Haines à tous les étages que ce géniteur a forcément transmis, et légué à ses filles, à ses femmes, à sa famille et à ses louches amis d’Europe qui arborent des drapeaux avec des relents de croix gammées… Elle veut vous faire croire que de son passé elle a fait table rase, qu’elle a tué le père et que nettoyée dans un bain de renaissance, elle est redevenue vierge de toute haine et est prête à sauver le travailleur opprimé par le patronat, l’agriculteur étranglé par la mondialisation ou le chômeur qui bien sûr, pour elle, payent tous le tribut de l’immigration, de ces gens venus d’ailleurs qui viennent retirer le pain de la bouche des français catholiques pratiquants. Elle veut vous cloisonner dans ses frontières à elles comme si les envahisseurs apocalyptiques allaient nous anéantir, violer et voiler nos femmes… Elle et ses copains parlementaires qui piquent aussi le pognon à leur façon au parlement européen où ils ne viennent que très rarement.

Vous voilà mes chers français, mes pauvres français tiraillés entre cette vermine bleue verdâtre et ce dandy tombé d’on se sait où, sorti de banques prestigieuses et qui n’a jamais biberonné à la politique hormis pour deux années transitionnelles à l’économie. Ce dandy qui dit se situer au delà du bien et du mal, ni de droite ni de gauche… Certes le cartésianisme français a du mal à élever sa pensée, tant ataviquement, nous avons tous été élevé dans la loi des contraires. Une porte doit être ouverte ou fermée, le noir et le blanc, le haut et le bas, le dessus et le dessous, le père et la mère, la terre et le ciel, le bien et le mal. Comment pouvons-nous apprendre à penser si nous ne pouvons plus nous situer ?

Un temps j’ai cru pouvoir rêver de nouveau à l’égalité, à la liberté, à la fraternité, à la jeunesse, à la poésie, à l’intelligence du cœur, à la raison du sentiment. Un temps j’ai cru que l’union allait de nouveau avoir droit de cité et que nous pouvions redevenir acteur de notre destinée conduit par un ou deux hommes fraternels, érudits, rassembleurs. J’ai voté pour l’un deux avec la conviction ferme que tout était possible, tout était permis bientôt… Mais, mes pauvres français vous vous étiez déjà laissés bernés et englués dans la fausseté des trois premiers candidats… Alors… tout est retombé, la dépression est réapparue, la tristesse, l’angoisse aussi avec un choix que j’espérais ne plus jamais avoir à refaire depuis 2002. La déception aussi car cet homme qui avait recueilli ma voix, ma voie, dégouté par sa défaite a retrouvé l’antipathie et l’amertume qu’il avait réussi à combattre grâce à l’amour, à sa nouvelle compagne et à ces milliers de jeunes qui de nouveau étaient prêts à croire à la politique. Qui plus est, lui qui avait été une sorte de lumière ironique dans la noirceur des coups bas, s’est retranché dans une sorte de mutisme, que personnellement j’interprète comme une sorte de « Démerdez vous ! ». Du coup, il nous faut, il me faut encore réfléchir. Quel ennemi devais-je, devons-nous, devez choisir ? Quel ennemi doit se choisir ceux que cette alternative ne réjouit pas ?

Celle qui verrouillera toutes les portes et réactivera la répression sauvage et sanglante quand une lutte sociale pourrait naitre ? Celle qui musèlera la culture en imposant les goûts du parti d’où elle est issue ? Celle qui pactisera avec d’autres diables américains ou russes ? Celle qui musèlera la presse démocratique ? Celle qui régressera en nous conduisant vers une autarcie monétaire ? Ou bien, celui qui se fera les dents à la gouvernance en étant la marionnette des financiers ? … Car franchement, qui peut penser que ce serait la même chose d’être opposé à cette femme qu’à cet homme qui veulent le pouvoir ? Il est à mon sens plus clair et plus facile d’avoir l’homme comme adversaire que cette dangereuse femme. Ne vous trompez pas, votre liberté sera anéantie de toutes parts : liberté de choisir, liberté de circuler, liberté de penser, liberté de rire… Ne riez pas ! Pensez vous que les comiques et autres stand up auront droit de cité ? Pensez vous que vos programmes télé, vos journaux, seront tenus par des hommes et des femmes indépendants du pouvoir qu’elle verrouillera ? Si elle est à la tête du pouvoir, il faudra entrer en résistance ouverte, violente, frontale pendant 5 ans. Ce sera épuisant, car nous retrouverons les clivages, les délations et qui sait, comme dans un vieux Chili ou une vieille Grèce des années 70, ou une Russie stalinienne, combien disparaitront, combien seront enfermés pour avoir voulu retrouver un air sain, un air de liberté où on n’a pas à se méfier de son voisin…? Ce n’est pas de la politique fiction. Cette femme ne promet pas le bonheur, elle vous mène à votre malheur qui que vous soyez … Et vous mes chers français agriculteurs, ouvriers, pêcheurs, petits commerçants vous pleurerez des larmes de sang de vous être fait bernés une fois de plus par une riche menteuse qui se réclame du peuple qu’elle n’a jamais fréquenté !

Pensez vous vraiment que le dandy financier débutant en politique (mais il faut bien débuter…), pourrait vous conduire en enfer comme elle ?

Quoiqu’il en soit, il vous sera plus aisé, plus loyal de combattre cet ennemi là, non ? C’est cet ennemi que vous devez choisir quand vous irez voter…

Ni l’un ni l’autre ne vous feront retrouver le gout du bonheur et l’éclatante lumière d’un soleil renaissant, mais de deux cancers, choisissez le moindre. Demandez vous avec lequel avec lequel vous serez plus apte à le combattre, avec lequel la rémission sera possible,  Choisissez le bon cancer, le bon ennemi !

Albert Labbouz copyright désespoir productions. Mai 2017

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DEVENIR UN PERSONNAGE… pose des problèmes avec sa réalité.

ÉCRIRE… tout le monde écrit… Tout le monde peut écrire… je veux dire écrire des histoires… Moi depuis très longtemps… Ce sont mes histoires que j’écris… Mes histoires d’enfance, mes histoires de rencontres, mes histoires d’amour. Ce sont mes histoires, mais dès qu’elles prennent forme sous la plume, sous l’ordi maintenant… Elles mutent. Ce ne sont plus mes histoires. Ce sont des histoires qui auraient pu être les vôtres, qui deviennent les vôtres. Ce sont des histoires qui vous regardent comme je vous regarde pour écrire ces histoires. Je vais piocher dans ce que je crois connaître un peu… c’est à dire moi. Moi avec les autres, moi avec mon passé, moi avec ma vie. C’est mon matériau. Et je m’écris pour qu’à votre lecture je sois autre et plus vraiment moi. Et ceux qui m’entourent et qui figurent dans ces histoires, ne sont pas ceux qui ont vécu les histoires avec moi. Certes ils ont le contour de ceux qui dans une réalité morte ont traversé ces histoires, mais ce ne sont plus eux. Pour moi qui écris, en tous cas, ils sont devenus des personnages. Alors… Quand ces êtres qu’ils ont été lisent dans un de mes livres les personnages qu’ils sont devenus, très souvent, ils ne se reconnaissent pas, enfin, oui, ils se reconnaissent mais ils se dénient. Ils m’en veulent. Ils se fâchent. Ils n’ont jamais été tels que je les ai écrit. À leurs yeux, ils ressentent cela comme une trahison, j’ai déformé, je mens, ils sous entendent que j’ai des comptes à régler en les faisant devenir personnages.

ÉCRIRE en flirtant avec la réalité est dangereux … Je le constate. L’auto-fiction ne devient fiction pure que si de parfaits inconnus à des lieues de vous, vous lisent. Dans ce que j’écris, je distorsionne mes personnages, je les fais vivre plus que ce qu’ils ont vécu. La base est vraie… mais le prisme de mon écriture les pousse à bout. En les écrivant, c’est moi que je malmène. Ce qu’ils deviennent, c’est un peu de moi qu’ils sont. Ce n’est que de l’écriture. Et même si comme le disait Blaise Cendrars : « l’écriture c’est vache, ça salit tout. »

D’une manière un peu prétentieuse, je pourrais dire c’est de la littérature. C’est faux parce que c’est presque vrai. Comme disait Jean Cocteau : »je suis un menteur qui dit la vérité… » Je n’écris ni pour être beau, ni pour caresser mes personnages dans le sens du poil en prétendant que les modèles qui m’ont permis de les créer étaient parfaits psychiquement. Je ne pense pas savoir ou pouvoir écrire de la littérature lisse, jolie à la Marc Lévy. Mes personnages naissent d’une fêlure, d’une blessure, d’un hiatus. Le personnage que je deviens dans mes livres n’est pas un héros forcément sympa. Ce n’est pas un héros tout court. Ce n’est pas un modèle non plus. Je ne m’enjolive pas. Je ne suis pas condescendant, sympathique avec ce que je fus dans mon enfance, dans mon passé. Mes personnages non plus, même si j’ai pour eux une tendresse certaine. Certains de mes modèles qui deviendront des personnages, offusqués sous entendent que je n’aurais non seulement pas dû écrire ce que je relate, mais que d’abord, ce n’est pas vrai et, ambivalence quand tu nous tiens, et si « mes proches, famille, enfants… venaient à lire ça … ! » D’autant que les patronymes ne sont pas mentionnés et que les prénoms s’ils n’ont pas été changés, sont des prénoms portés par des milliers d’êtres. Des Michèle, des Michel, des Marianne, des Brigitte, des Jean Yves, des Lionel, des Alain, des Sylviane, des Nicole, des Daniel, des Albert, des Théo, des Bruno, des Patrick, des Andréas et même des Fabien … Il en existe des légions de par le monde… Non ? Le plus ambigu reste… «Non … ce n’est pas moi.» Alors ? Pourquoi se plaindre si ce n’est pas vous ? Nous y voilà, renier ce que nous avons été, ce que nous avons vécu est le sentiment qui domine. Ne pas vouloir voir ses mystères Hyde, ses zones d’ombres qui ont forgé ce que nous sommes devenus. Ne laisser vivre que son moi idéal, voilà ce que veulent les modèles réels de mes personnages. Mettre son amnésie en étendard. Voilà, en réalité ce qui m’a été reproché par des ex-ami(e)s et même parfois par de la famille… « Tu n’avais pas le droit …» Le droit de quoi ? D’écrire ? De ne pas me censurer ? Je devais m’auto-censurer ? Écrire… doit passer par la demande d’une permission à ses personnages ou  à qui figurera dans l’écriture ?

Il m’a été dit une fois après la publication de Rencontres étoilées, par sa maman, qu’un personnage que j’avais connu enfant et devenu célèbre depuis, n’était pas l’enfant triste que je décrivais. Certes, peut-être, mais je n’avais écrit que mon ressenti de l’époque vis à vis de cet enfant. Ma vision… Il m’a été dit aussi toujours dans Rencontres étoilées par un personnage féminin au centre d’une rencontre importante permise grâce à elle, qu’en la décrivant ainsi, je la faisais passer pour une s…, incapable de ne transmettre autre chose que des morpions ? Alors, que quelques lignes plus haut, je la décrivais comme une intellectuelle, tendre sensible et qui m’avait apporté beaucoup. Elle n’avait vue que l’anecdotique de la rencontre, et focalisé hélas, que sur le jeu de mots fait avec le mot: vers et qui concluait la rencontre étoilée.

Quelqu’un de ma famille me faisait le reproche dans Jardins à L’algérienne de sous entendre qu’un de mes oncles n’avait pas été généreux avec les personnages de mes parents … Encore un qui avait mal lu, l’hommage en pointillé que je rendais à toute ma famille dans tout le livre. Toujours dans Jardins à L’algérienne, la dernière compagne d’un de mes oncles me dit texto un jour au téléphone, alors que je désirais voir mon oncle avant qu’il ne meure, que je ne lui avais pas fait de cadeau à mon tonton, dans mon livre. Cette punaise ne savait sans doute pas lire car tous les chapitres concernant cet oncle aimé et sa femme d’alors, ma tante, même si mes lignes étaient mordantes, elles n’offraient que la vision sans discernement d’un gosse capricieux de 8 ans en 1962, mais cette dernière compagne de mon oncle avait bien sûr occulté toutes les phrases de tendresse et de remerciements, de gratitude que je leur témoignais par roman interposé pour m’avoir ouvert à la France, sa richesse, sa culture et sa générosité.

Dernier reproche en date, un personnage de «  D’être libres, un jour, mon amour… ». Un des modèles du personnage du roman, me dit qu’il n’avait pas aimé mon livre (c’est son droit le plus strict) et qu’il l’avait jeté à la poubelle après lecture, car il ne voulait pas que ses enfants, sa femme ou sa famille ne tombe dessus et lise le chapitre que je lui avais consacré, car il me disait que je n’avais aucune considération pour lui et pour ses parents dont je parle un peu dans le livre. Je fus carrément surpris même si je n’en laissais rien paraître, car ce personnage je l’avais construit en le voulant fraternel, sympathique, plein d’humour, malgré ses fêlures, ses excès de l’époque dans les années 70. C’était mon pote, je dois le dire au moins deux ou trois fois dans le bouquin, que je l’aime bien malgré certains travers dont peut être il s’est défait en vieillissant… Je l’avais créé sur la base de ce que je savais de lui à l’époque et qu’il donnait à voir. Son père, mot pour mot est décrit comme un homme goguenard, sympathique, généreux, cultivé, de gauche et prolétaire au meilleur du sens du terme. Sa mère y est décrite comme une femme extrêmement belle, très fière et suscitant la jalousie des autres mères et le fantasme des adolescents comme dans un film de teenagers américains. Quoi de négatif là dedans ou de traumatisant ? C’est ma vision, so what ? ça aurait pu traumatiser sa descendance à mon pote ?  Ils auraient été choqués d’apprendre que leur grand mère jeune femme faisait fantasmer des cohortes d’ados de cette commune prolétarienne ? Qu’auraient ils découvert de  leur père adolescent ? Que comme des millions d’ados de par les siècles et le monde, il avait fait des conneries et n’avait pas été bien dans sa peau lors de son passage à l’adulte ? Tss… Tss… allons… allons…

C’est mon écriture, non ? Je pars d’une base réelle et j’écris à ma sauce, avec mon regard. Je n’empêche personne d’écrire sur moi avec son propre regard, son ressenti. Dans mes écrits, je ne me fais pas de cadeau, particulièrement dans « D’être libres, un jour, mon amour… » où j’ai voulu écrire sur le tsunami de l’adolescence, sur les excès de cette période des années70 où prédominait le sexe, la drogue et le rock and Roll. Je me dépeints moi-même, hypocondriaque, caractériel, écorché vif, déboussolé… Sur les fondations de mon adolescence de 1975, j’ai créé ce personnage qui a le même prénom que moi. Me voilà devenu « canada dry », le goût et la couleur d’Albert,  mais plus Albert.  Je est devenu autre. Personnage de roman … Mes enfants et ma famille en seront ils traumatisés ?  J’ai voulu y décrire plusieurs adolescent(e)s, abimé(e)s, angoissé(e)s pour leur futur, en rupture avec leurs parents et la société, à la recherche de l’amour, de l’évasion, et plus encore… Des adolescent(e)s, de jeunes adultes, très cons parfois aussi…

Dans mes trois livres publiés chez Grrrart-éditions, j’écris sur le passé que j’ai traversé avec la même optique que Proust ou Modiano ou Bukowski (sans vouloir me comparer à eux, ni même prétendre rivaliser…). Pagnol avait cette démarche aussi dans la gloire de mon père et le château de ma mère. Je veux éclairer le présent en essayant de comprendre mon passé. Enfin… tant que j’écrirai en regardant dans le rétroviseur.

Que pourrait dire feu mon père disparu depuis 1989, s’il pouvait lire et si je le termine un jour, du personnage que je vais en faire en écrivant sur ses sept ans d’armée et de captivité pendant la deuxième guerre mondiale ?

Qui saura dire quel est le modèle de Laurence, le personnage de mon prochain roman:  « Une femme banale… » tant elle est la somme très complexe de plusieurs femmes, croisées ou connues… ?

Banalité… Écrire n’est pas une mince affaire en soi. Lire en est une autre. Je sais, tous ceux qui écrivent le savent, autant de lecteurs, autant de lectures différentes, d’appréciations, de critiques différentes, d’engouements ou de dégoûts différents.  Moi aussi je n’ai pas fini de lire certains livres qui me sont tombés des mains. Moi aussi, j’en ai voulu à certains auteurs admirés d’avoir été plus «  faibles », ou même nuls, dans certains livres.

La seule réserve argumentaire que je peux comprendre, c’est qu’il ne doit pas être aisé de se retrouver dans un livre et d’avoir la distance nécessaire pour comprendre et admettre que devenir un personnage efface la réalité de ce que nous pensons être. Mais je continue de penser que les grandes œuvres n’existent que quand elles ne suscitent pas l’indifférence ou l’ennui.

Copyright ALBERT LABBOUZ pour Desespoir productions…

JANVIER 2017

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En 1974… J’avais entendu mon maître chanter

I HEARD MY MASTER SING

Pour L…

J’ai entendu mon maître chanter

Je n’étais pas malade au lit

Mais ma tête bourdonnait de toutes ses mélopées

Et il m’a « catharsisé » de ses chanteries

Et il regardait son ciel les yeux fermés

Ce ciel dont il nous a donné un petit bout

Et que nous possédons à l’intérieur de nous

Il m’a montré la similitude de sa vie

Avec la mienne: Suzanne, Judy, Anne et Marianne

C’est comme Françoise, Pascale, Jeanne et Liliane

Il avait, lui, la mémoire des noms de filles,

le souvenir de ce passé tellement présent

De ce passé vraiment à venir, maintenant

J’étais là, immobile muet prêt à mourir pour rien

Et j’étais tué et servile

Et il a voulu partir « Field Commander Cohen »

Mais on n’a pas voulu voir fuir le mort-né

Il rejoignait son fil

Lui, l’ivrogne d’un vieux livre à la mode

Et tous nous aurions voulu

Des kilos de glu pour le ramener

Nous aurions tous voulu

Porter le fameux imper bleu

Et chanter une chanson franche

Qui ne soit ni amère, ni vieux jeu.

Je l’ai vu, je le sais il n’y avait plus de code

Et l’antre du Show-biz est tombé en avalanche

sur l’homme de tous les ans

Refermant furtivement

les portes de sa Babylone vaudou

Qu’il avait entrouvertes pour nous

Sans se soucier des diamants de notre mine

Mais tout en sachant que le vin neuf de nos vignes

trafiqué par quelques docteur clairvoyant est aigre

Tout comme nous, assassins de Kateri Tekakwitha.

Copyright Albert LABBOUZ 1974

J’avais 20 ans… J’ai écrit ce poème, retrouvé 42 ans après, après l’avoir vu et écouter chanter à l’Olympia.  J’avais même réalisé l’enregistrement intégral du concert que j’ai encore et j’avais fait des photos…

Leonard Olympia

C’est un poème rempli de références à ses chansons. ( masters, Bird on a dire, Suzanne, Famous blue raincoat, Last year’s man, Let’s sing another song, Love calls you by your name, Diamonds on the mine…) la plupart extraites de ses trois premiers albums: Leonard Cohen, Songs from a room, Songs of love and Hate. Kateri Tekakwitha qui conclut le poème est un personnage  de son deuxième roman:  » Beautiful losers/les perdants magnifiques ». Leonard Cohen s’en est allé en cette année 2016, sur son fil comme l’oiseau libre qu’il a toujours été. Il s’en est allé, il sera toujours présent, pour moi. On a les pères de substitutions qu’on peut… qu’on veut.

« lead on my son, it’s your world » (The butcher)

copyright  texte et photo: Albert Labbouz pour Désespoir Productions

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Leonard Cohen: Plus sombre… Tu vis ou tu meurs ?

« Depuis le décès de son amour lointain Marianne Ihlen ( so long…Marianne…), et depuis la lettre émouvante qu’il lui a écrit, les médias ne cessent de spéculer sur la mort de Leonard Cohen. Mon fils m’a même envoyé un sms des Etats Unis, il y a un mois: « Cohen va mourir… » avec le smiley pleurant. Et voilà l’ultime disque, (oui je dis encore disque pas CD, pas Mp3) qui sort et Cohen qui sussure derrière les choeurs de la  synagogue Shaar Hashomayim de Montreal où il a fait sa bar Mitsva et où son arrière grand-père et son grand père ont été fondateurs et  rabbins  » I’m ready… My lord… »

J’avais commencé à écrire ça… le jour de la sortie de son ultime album… et j’ai arrêté, l’écriture, car je sentais bien qu’il me faudrait écrire sur sa mort future, et je ne le pouvais pas… Comment écrire, sur le décès futur et imminent, peut-être, d’un proche, de quelqu’un avec qui vous avez grandi et qui vous a grandi ?

N’avais-je pas déjà dit l’importance qu’il avait dans mes rencontres étoilées ? (éditions Grrrart. Pages 211 à 222  et p.247 à 255)

Depuis ce matin je reçois des messages de personnes qui savaient combien il comptait pour moi . Des personnes de mon passé dont je n’avais plus de nouvelles, des ami(e)s proches, et  même des connaissances de réseaux sociaux, comme si Leonard Cohen était un membre de ma famille, comme si il était nécessaire de me souhaiter des condoléances, comme si évoquer Leonard Cohen c’est penser à Albert.  Cela me fait chaud au coeur, car en aimant Leonard Cohen, peut être quelque part, ai je réussi à transmettre un peu son message de vie, lui le pessimiste positif. Et toutes celles qui ne m’écrivent pas et dont j’ai partagé la vie pour certaines ou dont j’ai croisé le chemin  un temps, je sais qu’elles pensent à moi aussi… J’entends mon prénom dans leur silence. Françoise, Marianne, Marguerite, Régine, Florence. Ces » toutes celles » et « ces Tous ceux » sont de ma génération et le départ de Leonard Cohen les ramènent à la mort définitive de leur, de ma, de notre jeunesse… Le temps inexorable et son cortège de nostalgie et de défaites invincibles. C’est comme ça.

Puissent nos enfants avoir un jour sur leur chemin, quelqu’un qui les guide avec amour, sagesse, pour être like a bird on a wire, libre comme un oiseau sur son fil, quelqu’un qui leur ouvre les portes de la création, de la perception intelligente pour un futur qui ne soit pas « murder »… ( I see the future it’s murder ». in the future L.C). Quelqu’un qui leur fera rencontrer des Suzanne, des Marianne,  des Janis, des Rebecca,  des Sharon, des Anjani, des Webb sisters. Ils ne se résigneront pas, ils reprendront leur arme et seront alors fiers de porter leur fameux imper bleu et d’avoir pour ami le monde entier.

Je pleure, certes, mais Leonard sera toujours vivant.

Albert Labbouz copyright désespoir production 11 novembre 2016img_1025
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