la couverture originale de CharlElie

la première proposition de CharlElie et la bonne !

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JARDINS à L’ALGERIENNE Nouveau témoignage…

Bien sûr, quand on n’est pas un auteur reconnu par le monde médiatico-littéraire, ou bardé d’attachés de presse qui copinent avec le show-biz littéraire,  parce qu’on est qu’un auteur publié par un éditeur indépendant, les retours des lecteurs qui se procurent votre livre dans un salon, ou en le commandant chez l’éditeur ou chez certains libraires ouverts à la découverte ( ils ne le sont pas tous… ils veulent vivre aussi et non pas d’autres recours que de mettre en avant les best-sellers, les grandes maisons d’éditions, les Mussso, Levy, et autres…)- ces retours sont un peu une poussière de reconnaissance, des bribes de notoriété que vous n’aurez jamais… Dans un accès de fierté, personnellement, je peux me dire quelque chose de l’ordre de l’injustice, ou même en gonflant mon ego penser :  » les cons ( ceux qui ne savent pas que j’existe en tant qu’auteur, ou qui ne me lisent pas…) ils ne savent pas ce qu’ils loupent !
Ces retours de lecteurs/trices croisé(e)s le temps d’un salon où la concurrence fait rage, et où vous voilà balourdé vendeur comme sur un marché:« il est beau mon roman, ils est frais… », sont la justification de l’envie de continuer à écrire. Oui, car un auteur non lu et auquel on ne renvoie rien de son travail est un zombie, un mort vivant, un inutile…
J’en suis à 3 livres publiés chez Grrrart-editions et la dureté de la vente en salon m’a fait penser que cela ne servait à rien d’écrire et que je ferais mieux d’arrêter et de gratter ma guitare dans mon jardin en vivant une retraite aigrie. Mais… Un lecteur vous écrit et vous vous dites… Ce n’est peut être pas inutile…
François L. m’a écrit sur Jardins à l’Algérienne et voilà son témoignage. Peut être par l’intermédiaire de ce blog s’il est relayé, d’autres lecteurs/trices inconnu(e)s auront envie de découvrir Albert Labbouz, cet auteur anonyme que l’agneau de Dieu n’a pas touché du doigt…
Cher, Albert Labbouz
 
Nous nous sommes rencontrés 5’ à Saint-Louis, le temps que je t’achète ton roman.
Je viens de le lire avec beaucoup de plaisir et de nostalgie. Le plaisir, c’est parce que j’aime beaucoup ton écriture, ta fantaisie, l’espèce de liberté que tu glisses sous ta plume, les trouvailles qui amusent les pages. Le plaisir, c’est aussi la tendresse que tu mets dans le rappel de ces souvenirs, la gentille distance que tu établis entre toi et Théo avec une bonne dose d’humour, mais humour rime avec amour. Le plaisir, c’est cette narration soutenue qui interdit au lecteur de s’arrêter, des personnages attachants, une histoire vraie et pourtant qui dépasse (je n’ose pas écrire « transcende ») la réalité, qui va en tout cas au-delà.
La nostalgie, c’est parce que nous avons eu des vies parallèles : toi de retour en France et moi le petit Patos qui arrive en Algérie, toi et moi victimes (plus ou moins consentantes mais « réservées) de ce « viol » dont tu parles. La fin des enfances confrontés à d’autres réalités.   C’est aussi parce que nous avons eu en commun Oran ! Et puis, mon grand copain s’appelait Choukroun!
Je suis content de te connaître (lire, c’est co-naître, pour reprendre un vieux cliché) avec ta sensibilité, l’acuité de ton regard et ton talent !
 
Bonne continuation. Je vais me procurer tes autres livres : un type qui se fait photographier avec L. Cohen ! Moi, j’ai aussi eu ma journée de gloire : j’ai passé une après-midi avec Moustaki !
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CHOISIR SON ENNEMI

Je ne peux pas être dans le silence en ce moment… Il y a si peu d’espoirs, si peu d’envie, et pas de désir.

« ILS ONT VOTÉ ET PUIS APRÈS » … ? chantait Leo Ferré…

Cette France qui m’a accueilli lorsque j’avais 8 ans. Cette France je ne la reconnais pas tant elle s’égare dans ses choix, tant elle se laisse berner par de sombres discours et mensonges à tout va. Beaucoup ont d’abord soutenu un voleur, un menteur, un névrosé en faux-self cherchant le pouvoir en promettant sans vergogne le bonheur d’une autre vie à des français abîmés par la violence, la mort, la misère et le rétrécissement des consciences et du portefeuille. Il s’est viandé et c’est tant mieux ! Mais cela n’a pas suffi. Deux sont restés en course…

Et vous voilà mes chers français, mais pauvres français prêts à vous engouffrer dans l’ignominie d’une héritière carnassière feignant la respectabilité et se revendiquant du peuple, elle qui a vécu et grandi à Saint-Cloud dans un château grâce à un don bizarrement acquis offert à son père par un PDG cimentier. Son père, admirateur de l’Allemagne nazi, des chants militaires, créateur de groupuscules fascistes qui ne lésinaient pas à casser du bougnoul ou à se payer un youpin lors de virées scandées par le bruit de leurs rangers ! Un père raciste xénophobe, homophobe, tortionnaire notoire pendant la guerre d’Algérie. Haines à tous les étages que ce géniteur a forcément transmis, et légué à ses filles, à ses femmes, à sa famille et à ses louches amis d’Europe qui arborent des drapeaux avec des relents de croix gammées… Elle veut vous faire croire que de son passé elle a fait table rase, qu’elle a tué le père et que nettoyée dans un bain de renaissance, elle est redevenue vierge de toute haine et est prête à sauver le travailleur opprimé par le patronat, l’agriculteur étranglé par la mondialisation ou le chômeur qui bien sûr, pour elle, payent tous le tribut de l’immigration, de ces gens venus d’ailleurs qui viennent retirer le pain de la bouche des français catholiques pratiquants. Elle veut vous cloisonner dans ses frontières à elles comme si les envahisseurs apocalyptiques allaient nous anéantir, violer et voiler nos femmes… Elle et ses copains parlementaires qui piquent aussi le pognon à leur façon au parlement européen où ils ne viennent que très rarement.

Vous voilà mes chers français, mes pauvres français tiraillés entre cette vermine bleue verdâtre et ce dandy tombé d’on se sait où, sorti de banques prestigieuses et qui n’a jamais biberonné à la politique hormis pour deux années transitionnelles à l’économie. Ce dandy qui dit se situer au delà du bien et du mal, ni de droite ni de gauche… Certes le cartésianisme français a du mal à élever sa pensée, tant ataviquement, nous avons tous été élevé dans la loi des contraires. Une porte doit être ouverte ou fermée, le noir et le blanc, le haut et le bas, le dessus et le dessous, le père et la mère, la terre et le ciel, le bien et le mal. Comment pouvons-nous apprendre à penser si nous ne pouvons plus nous situer ?

Un temps j’ai cru pouvoir rêver de nouveau à l’égalité, à la liberté, à la fraternité, à la jeunesse, à la poésie, à l’intelligence du cœur, à la raison du sentiment. Un temps j’ai cru que l’union allait de nouveau avoir droit de cité et que nous pouvions redevenir acteur de notre destinée conduit par un ou deux hommes fraternels, érudits, rassembleurs. J’ai voté pour l’un deux avec la conviction ferme que tout était possible, tout était permis bientôt… Mais, mes pauvres français vous vous étiez déjà laissés bernés et englués dans la fausseté des trois premiers candidats… Alors… tout est retombé, la dépression est réapparue, la tristesse, l’angoisse aussi avec un choix que j’espérais ne plus jamais avoir à refaire depuis 2002. La déception aussi car cet homme qui avait recueilli ma voix, ma voie, dégouté par sa défaite a retrouvé l’antipathie et l’amertume qu’il avait réussi à combattre grâce à l’amour, à sa nouvelle compagne et à ces milliers de jeunes qui de nouveau étaient prêts à croire à la politique. Qui plus est, lui qui avait été une sorte de lumière ironique dans la noirceur des coups bas, s’est retranché dans une sorte de mutisme, que personnellement j’interprète comme une sorte de « Démerdez vous ! ». Du coup, il nous faut, il me faut encore réfléchir. Quel ennemi devais-je, devons-nous, devez choisir ? Quel ennemi doit se choisir ceux que cette alternative ne réjouit pas ?

Celle qui verrouillera toutes les portes et réactivera la répression sauvage et sanglante quand une lutte sociale pourrait naitre ? Celle qui musèlera la culture en imposant les goûts du parti d’où elle est issue ? Celle qui pactisera avec d’autres diables américains ou russes ? Celle qui musèlera la presse démocratique ? Celle qui régressera en nous conduisant vers une autarcie monétaire ? Ou bien, celui qui se fera les dents à la gouvernance en étant la marionnette des financiers ? … Car franchement, qui peut penser que ce serait la même chose d’être opposé à cette femme qu’à cet homme qui veulent le pouvoir ? Il est à mon sens plus clair et plus facile d’avoir l’homme comme adversaire que cette dangereuse femme. Ne vous trompez pas, votre liberté sera anéantie de toutes parts : liberté de choisir, liberté de circuler, liberté de penser, liberté de rire… Ne riez pas ! Pensez vous que les comiques et autres stand up auront droit de cité ? Pensez vous que vos programmes télé, vos journaux, seront tenus par des hommes et des femmes indépendants du pouvoir qu’elle verrouillera ? Si elle est à la tête du pouvoir, il faudra entrer en résistance ouverte, violente, frontale pendant 5 ans. Ce sera épuisant, car nous retrouverons les clivages, les délations et qui sait, comme dans un vieux Chili ou une vieille Grèce des années 70, ou une Russie stalinienne, combien disparaitront, combien seront enfermés pour avoir voulu retrouver un air sain, un air de liberté où on n’a pas à se méfier de son voisin…? Ce n’est pas de la politique fiction. Cette femme ne promet pas le bonheur, elle vous mène à votre malheur qui que vous soyez … Et vous mes chers français agriculteurs, ouvriers, pêcheurs, petits commerçants vous pleurerez des larmes de sang de vous être fait bernés une fois de plus par une riche menteuse qui se réclame du peuple qu’elle n’a jamais fréquenté !

Pensez vous vraiment que le dandy financier débutant en politique (mais il faut bien débuter…), pourrait vous conduire en enfer comme elle ?

Quoiqu’il en soit, il vous sera plus aisé, plus loyal de combattre cet ennemi là, non ? C’est cet ennemi que vous devez choisir quand vous irez voter…

Ni l’un ni l’autre ne vous feront retrouver le gout du bonheur et l’éclatante lumière d’un soleil renaissant, mais de deux cancers, choisissez le moindre. Demandez vous avec lequel avec lequel vous serez plus apte à le combattre, avec lequel la rémission sera possible,  Choisissez le bon cancer, le bon ennemi !

Albert Labbouz copyright désespoir productions. Mai 2017

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DEVENIR UN PERSONNAGE… pose des problèmes avec sa réalité.

ÉCRIRE… tout le monde écrit… Tout le monde peut écrire… je veux dire écrire des histoires… Moi depuis très longtemps… Ce sont mes histoires que j’écris… Mes histoires d’enfance, mes histoires de rencontres, mes histoires d’amour. Ce sont mes histoires, mais dès qu’elles prennent forme sous la plume, sous l’ordi maintenant… Elles mutent. Ce ne sont plus mes histoires. Ce sont des histoires qui auraient pu être les vôtres, qui deviennent les vôtres. Ce sont des histoires qui vous regardent comme je vous regarde pour écrire ces histoires. Je vais piocher dans ce que je crois connaître un peu… c’est à dire moi. Moi avec les autres, moi avec mon passé, moi avec ma vie. C’est mon matériau. Et je m’écris pour qu’à votre lecture je sois autre et plus vraiment moi. Et ceux qui m’entourent et qui figurent dans ces histoires, ne sont pas ceux qui ont vécu les histoires avec moi. Certes ils ont le contour de ceux qui dans une réalité morte ont traversé ces histoires, mais ce ne sont plus eux. Pour moi qui écris, en tous cas, ils sont devenus des personnages. Alors… Quand ces êtres qu’ils ont été lisent dans un de mes livres les personnages qu’ils sont devenus, très souvent, ils ne se reconnaissent pas, enfin, oui, ils se reconnaissent mais ils se dénient. Ils m’en veulent. Ils se fâchent. Ils n’ont jamais été tels que je les ai écrit. À leurs yeux, ils ressentent cela comme une trahison, j’ai déformé, je mens, ils sous entendent que j’ai des comptes à régler en les faisant devenir personnages.

ÉCRIRE en flirtant avec la réalité est dangereux … Je le constate. L’auto-fiction ne devient fiction pure que si de parfaits inconnus à des lieues de vous, vous lisent. Dans ce que j’écris, je distorsionne mes personnages, je les fais vivre plus que ce qu’ils ont vécu. La base est vraie… mais le prisme de mon écriture les pousse à bout. En les écrivant, c’est moi que je malmène. Ce qu’ils deviennent, c’est un peu de moi qu’ils sont. Ce n’est que de l’écriture. Et même si comme le disait Blaise Cendrars : « l’écriture c’est vache, ça salit tout. »

D’une manière un peu prétentieuse, je pourrais dire c’est de la littérature. C’est faux parce que c’est presque vrai. Comme disait Jean Cocteau : »je suis un menteur qui dit la vérité… » Je n’écris ni pour être beau, ni pour caresser mes personnages dans le sens du poil en prétendant que les modèles qui m’ont permis de les créer étaient parfaits psychiquement. Je ne pense pas savoir ou pouvoir écrire de la littérature lisse, jolie à la Marc Lévy. Mes personnages naissent d’une fêlure, d’une blessure, d’un hiatus. Le personnage que je deviens dans mes livres n’est pas un héros forcément sympa. Ce n’est pas un héros tout court. Ce n’est pas un modèle non plus. Je ne m’enjolive pas. Je ne suis pas condescendant, sympathique avec ce que je fus dans mon enfance, dans mon passé. Mes personnages non plus, même si j’ai pour eux une tendresse certaine. Certains de mes modèles qui deviendront des personnages, offusqués sous entendent que je n’aurais non seulement pas dû écrire ce que je relate, mais que d’abord, ce n’est pas vrai et, ambivalence quand tu nous tiens, et si « mes proches, famille, enfants… venaient à lire ça … ! » D’autant que les patronymes ne sont pas mentionnés et que les prénoms s’ils n’ont pas été changés, sont des prénoms portés par des milliers d’êtres. Des Michèle, des Michel, des Marianne, des Brigitte, des Jean Yves, des Lionel, des Alain, des Sylviane, des Nicole, des Daniel, des Albert, des Théo, des Bruno, des Patrick, des Andréas et même des Fabien … Il en existe des légions de par le monde… Non ? Le plus ambigu reste… «Non … ce n’est pas moi.» Alors ? Pourquoi se plaindre si ce n’est pas vous ? Nous y voilà, renier ce que nous avons été, ce que nous avons vécu est le sentiment qui domine. Ne pas vouloir voir ses mystères Hyde, ses zones d’ombres qui ont forgé ce que nous sommes devenus. Ne laisser vivre que son moi idéal, voilà ce que veulent les modèles réels de mes personnages. Mettre son amnésie en étendard. Voilà, en réalité ce qui m’a été reproché par des ex-ami(e)s et même parfois par de la famille… « Tu n’avais pas le droit …» Le droit de quoi ? D’écrire ? De ne pas me censurer ? Je devais m’auto-censurer ? Écrire… doit passer par la demande d’une permission à ses personnages ou  à qui figurera dans l’écriture ?

Il m’a été dit une fois après la publication de Rencontres étoilées, par sa maman, qu’un personnage que j’avais connu enfant et devenu célèbre depuis, n’était pas l’enfant triste que je décrivais. Certes, peut-être, mais je n’avais écrit que mon ressenti de l’époque vis à vis de cet enfant. Ma vision… Il m’a été dit aussi toujours dans Rencontres étoilées par un personnage féminin au centre d’une rencontre importante permise grâce à elle, qu’en la décrivant ainsi, je la faisais passer pour une s…, incapable de ne transmettre autre chose que des morpions ? Alors, que quelques lignes plus haut, je la décrivais comme une intellectuelle, tendre sensible et qui m’avait apporté beaucoup. Elle n’avait vue que l’anecdotique de la rencontre, et focalisé hélas, que sur le jeu de mots fait avec le mot: vers et qui concluait la rencontre étoilée.

Quelqu’un de ma famille me faisait le reproche dans Jardins à L’algérienne de sous entendre qu’un de mes oncles n’avait pas été généreux avec les personnages de mes parents … Encore un qui avait mal lu, l’hommage en pointillé que je rendais à toute ma famille dans tout le livre. Toujours dans Jardins à L’algérienne, la dernière compagne d’un de mes oncles me dit texto un jour au téléphone, alors que je désirais voir mon oncle avant qu’il ne meure, que je ne lui avais pas fait de cadeau à mon tonton, dans mon livre. Cette punaise ne savait sans doute pas lire car tous les chapitres concernant cet oncle aimé et sa femme d’alors, ma tante, même si mes lignes étaient mordantes, elles n’offraient que la vision sans discernement d’un gosse capricieux de 8 ans en 1962, mais cette dernière compagne de mon oncle avait bien sûr occulté toutes les phrases de tendresse et de remerciements, de gratitude que je leur témoignais par roman interposé pour m’avoir ouvert à la France, sa richesse, sa culture et sa générosité.

Dernier reproche en date, un personnage de «  D’être libres, un jour, mon amour… ». Un des modèles du personnage du roman, me dit qu’il n’avait pas aimé mon livre (c’est son droit le plus strict) et qu’il l’avait jeté à la poubelle après lecture, car il ne voulait pas que ses enfants, sa femme ou sa famille ne tombe dessus et lise le chapitre que je lui avais consacré, car il me disait que je n’avais aucune considération pour lui et pour ses parents dont je parle un peu dans le livre. Je fus carrément surpris même si je n’en laissais rien paraître, car ce personnage je l’avais construit en le voulant fraternel, sympathique, plein d’humour, malgré ses fêlures, ses excès de l’époque dans les années 70. C’était mon pote, je dois le dire au moins deux ou trois fois dans le bouquin, que je l’aime bien malgré certains travers dont peut être il s’est défait en vieillissant… Je l’avais créé sur la base de ce que je savais de lui à l’époque et qu’il donnait à voir. Son père, mot pour mot est décrit comme un homme goguenard, sympathique, généreux, cultivé, de gauche et prolétaire au meilleur du sens du terme. Sa mère y est décrite comme une femme extrêmement belle, très fière et suscitant la jalousie des autres mères et le fantasme des adolescents comme dans un film de teenagers américains. Quoi de négatif là dedans ou de traumatisant ? C’est ma vision, so what ? ça aurait pu traumatiser sa descendance à mon pote ?  Ils auraient été choqués d’apprendre que leur grand mère jeune femme faisait fantasmer des cohortes d’ados de cette commune prolétarienne ? Qu’auraient ils découvert de  leur père adolescent ? Que comme des millions d’ados de par les siècles et le monde, il avait fait des conneries et n’avait pas été bien dans sa peau lors de son passage à l’adulte ? Tss… Tss… allons… allons…

C’est mon écriture, non ? Je pars d’une base réelle et j’écris à ma sauce, avec mon regard. Je n’empêche personne d’écrire sur moi avec son propre regard, son ressenti. Dans mes écrits, je ne me fais pas de cadeau, particulièrement dans « D’être libres, un jour, mon amour… » où j’ai voulu écrire sur le tsunami de l’adolescence, sur les excès de cette période des années70 où prédominait le sexe, la drogue et le rock and Roll. Je me dépeints moi-même, hypocondriaque, caractériel, écorché vif, déboussolé… Sur les fondations de mon adolescence de 1975, j’ai créé ce personnage qui a le même prénom que moi. Me voilà devenu « canada dry », le goût et la couleur d’Albert,  mais plus Albert.  Je est devenu autre. Personnage de roman … Mes enfants et ma famille en seront ils traumatisés ?  J’ai voulu y décrire plusieurs adolescent(e)s, abimé(e)s, angoissé(e)s pour leur futur, en rupture avec leurs parents et la société, à la recherche de l’amour, de l’évasion, et plus encore… Des adolescent(e)s, de jeunes adultes, très cons parfois aussi…

Dans mes trois livres publiés chez Grrrart-éditions, j’écris sur le passé que j’ai traversé avec la même optique que Proust ou Modiano ou Bukowski (sans vouloir me comparer à eux, ni même prétendre rivaliser…). Pagnol avait cette démarche aussi dans la gloire de mon père et le château de ma mère. Je veux éclairer le présent en essayant de comprendre mon passé. Enfin… tant que j’écrirai en regardant dans le rétroviseur.

Que pourrait dire feu mon père disparu depuis 1989, s’il pouvait lire et si je le termine un jour, du personnage que je vais en faire en écrivant sur ses sept ans d’armée et de captivité pendant la deuxième guerre mondiale ?

Qui saura dire quel est le modèle de Laurence, le personnage de mon prochain roman:  « Une femme banale… » tant elle est la somme très complexe de plusieurs femmes, croisées ou connues… ?

Banalité… Écrire n’est pas une mince affaire en soi. Lire en est une autre. Je sais, tous ceux qui écrivent le savent, autant de lecteurs, autant de lectures différentes, d’appréciations, de critiques différentes, d’engouements ou de dégoûts différents.  Moi aussi je n’ai pas fini de lire certains livres qui me sont tombés des mains. Moi aussi, j’en ai voulu à certains auteurs admirés d’avoir été plus «  faibles », ou même nuls, dans certains livres.

La seule réserve argumentaire que je peux comprendre, c’est qu’il ne doit pas être aisé de se retrouver dans un livre et d’avoir la distance nécessaire pour comprendre et admettre que devenir un personnage efface la réalité de ce que nous pensons être. Mais je continue de penser que les grandes œuvres n’existent que quand elles ne suscitent pas l’indifférence ou l’ennui.

Copyright ALBERT LABBOUZ pour Desespoir productions…

JANVIER 2017

En passant | Publié le par | Laisser un commentaire

En 1974… J’avais entendu mon maître chanter

I HEARD MY MASTER SING

Pour L…

J’ai entendu mon maître chanter

Je n’étais pas malade au lit

Mais ma tête bourdonnait de toutes ses mélopées

Et il m’a « catharsisé » de ses chanteries

Et il regardait son ciel les yeux fermés

Ce ciel dont il nous a donné un petit bout

Et que nous possédons à l’intérieur de nous

Il m’a montré la similitude de sa vie

Avec la mienne: Suzanne, Judy, Anne et Marianne

C’est comme Françoise, Pascale, Jeanne et Liliane

Il avait, lui, la mémoire des noms de filles,

le souvenir de ce passé tellement présent

De ce passé vraiment à venir, maintenant

J’étais là, immobile muet prêt à mourir pour rien

Et j’étais tué et servile

Et il a voulu partir « Field Commander Cohen »

Mais on n’a pas voulu voir fuir le mort-né

Il rejoignait son fil

Lui, l’ivrogne d’un vieux livre à la mode

Et tous nous aurions voulu

Des kilos de glu pour le ramener

Nous aurions tous voulu

Porter le fameux imper bleu

Et chanter une chanson franche

Qui ne soit ni amère, ni vieux jeu.

Je l’ai vu, je le sais il n’y avait plus de code

Et l’antre du Show-biz est tombé en avalanche

sur l’homme de tous les ans

Refermant furtivement

les portes de sa Babylone vaudou

Qu’il avait entrouvertes pour nous

Sans se soucier des diamants de notre mine

Mais tout en sachant que le vin neuf de nos vignes

trafiqué par quelques docteur clairvoyant est aigre

Tout comme nous, assassins de Kateri Tekakwitha.

Copyright Albert LABBOUZ 1974

J’avais 20 ans… J’ai écrit ce poème, retrouvé 42 ans après, après l’avoir vu et écouter chanter à l’Olympia.  J’avais même réalisé l’enregistrement intégral du concert que j’ai encore et j’avais fait des photos…

Leonard Olympia

C’est un poème rempli de références à ses chansons. ( masters, Bird on a dire, Suzanne, Famous blue raincoat, Last year’s man, Let’s sing another song, Love calls you by your name, Diamonds on the mine…) la plupart extraites de ses trois premiers albums: Leonard Cohen, Songs from a room, Songs of love and Hate. Kateri Tekakwitha qui conclut le poème est un personnage  de son deuxième roman:  » Beautiful losers/les perdants magnifiques ». Leonard Cohen s’en est allé en cette année 2016, sur son fil comme l’oiseau libre qu’il a toujours été. Il s’en est allé, il sera toujours présent, pour moi. On a les pères de substitutions qu’on peut… qu’on veut.

« lead on my son, it’s your world » (The butcher)

copyright  texte et photo: Albert Labbouz pour Désespoir Productions

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Leonard Cohen: Plus sombre… Tu vis ou tu meurs ?

« Depuis le décès de son amour lointain Marianne Ihlen ( so long…Marianne…), et depuis la lettre émouvante qu’il lui a écrit, les médias ne cessent de spéculer sur la mort de Leonard Cohen. Mon fils m’a même envoyé un sms des Etats Unis, il y a un mois: « Cohen va mourir… » avec le smiley pleurant. Et voilà l’ultime disque, (oui je dis encore disque pas CD, pas Mp3) qui sort et Cohen qui sussure derrière les choeurs de la  synagogue Shaar Hashomayim de Montreal où il a fait sa bar Mitsva et où son arrière grand-père et son grand père ont été fondateurs et  rabbins  » I’m ready… My lord… »

J’avais commencé à écrire ça… le jour de la sortie de son ultime album… et j’ai arrêté, l’écriture, car je sentais bien qu’il me faudrait écrire sur sa mort future, et je ne le pouvais pas… Comment écrire, sur le décès futur et imminent, peut-être, d’un proche, de quelqu’un avec qui vous avez grandi et qui vous a grandi ?

N’avais-je pas déjà dit l’importance qu’il avait dans mes rencontres étoilées ? (éditions Grrrart. Pages 211 à 222  et p.247 à 255)

Depuis ce matin je reçois des messages de personnes qui savaient combien il comptait pour moi . Des personnes de mon passé dont je n’avais plus de nouvelles, des ami(e)s proches, et  même des connaissances de réseaux sociaux, comme si Leonard Cohen était un membre de ma famille, comme si il était nécessaire de me souhaiter des condoléances, comme si évoquer Leonard Cohen c’est penser à Albert.  Cela me fait chaud au coeur, car en aimant Leonard Cohen, peut être quelque part, ai je réussi à transmettre un peu son message de vie, lui le pessimiste positif. Et toutes celles qui ne m’écrivent pas et dont j’ai partagé la vie pour certaines ou dont j’ai croisé le chemin  un temps, je sais qu’elles pensent à moi aussi… J’entends mon prénom dans leur silence. Françoise, Marianne, Marguerite, Régine, Florence. Ces » toutes celles » et « ces Tous ceux » sont de ma génération et le départ de Leonard Cohen les ramènent à la mort définitive de leur, de ma, de notre jeunesse… Le temps inexorable et son cortège de nostalgie et de défaites invincibles. C’est comme ça.

Puissent nos enfants avoir un jour sur leur chemin, quelqu’un qui les guide avec amour, sagesse, pour être like a bird on a wire, libre comme un oiseau sur son fil, quelqu’un qui leur ouvre les portes de la création, de la perception intelligente pour un futur qui ne soit pas « murder »… ( I see the future it’s murder ». in the future L.C). Quelqu’un qui leur fera rencontrer des Suzanne, des Marianne,  des Janis, des Rebecca,  des Sharon, des Anjani, des Webb sisters. Ils ne se résigneront pas, ils reprendront leur arme et seront alors fiers de porter leur fameux imper bleu et d’avoir pour ami le monde entier.

Je pleure, certes, mais Leonard sera toujours vivant.

Albert Labbouz copyright désespoir production 11 novembre 2016img_1025
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Dylan is Dylan… Vous ne le saviez pas ?

BOB DYLAN: Pavillon de Pantin 4 juillet 1975

« Je n’en crois pas mes yeux. je suis au premier rang, Dylan ne boude plus la France, il est sur scène, élégant, frisé sans sourires, mais heureux. je suis en bout de rang, mais je me lèverai à la fin et j’irai m’appuyer sur le rebord de la scène. Il arpente la scène pendant certaines chansons avec sa guitare, et à un moment, je n’ai pas rêvé, il vient au bord de la scène au bout de mon rang, et tout en tenant la rythmique sur le solo qu’égrène un de ses musiciens, il me regarde, oui, il me regarde ! Il est à peine à deux mètres de moi. Il peut me voir; il n’est pas ébloui par les projecteurs de face, et je le jure, il n’y a aucune mythomanie dans ce que j’écris là, il me fait un clin d’oeil, rien que pour moi. Dylan m’a reconnu, moi le fidèle d’entre les fidèles. Dylan est un humain qui sait reconnaitre ceux qui ne l’ont jamais laissé tomber. »

J’ai écrit cela page 59 de Rencontres Etoilées ( éditions Grrr… art) et dans mon dernier livre  » D’être libres, un jour, mon amour… » (éditions Grrr…art) Après les exergues figure une chanson de Dylan:  » This wheel’s on fire » et ce n’est pas pour rien. (  livres disponibles sur grrrart-éditions.fr)

Et voilà que 41 ans après, Dylan reçoit le Prix Nobel de Littérature. Cette haute distinction que reçut un autre de mes maîtres à écrire Patrick Modiano, c’était comme si j’en recevais un petit bout. Oui, car que serais je sans Dylan qui vint à ma rencontre il y a près de 50 ans ? J’ai voulu chanter comme lui, composer comme lui, vivre comme lui. Dylan est le premier à m’avoir fait chanteur, auteur, poête et écrivain peut-être ? Ah… J’étais bien vieux alors, je suis plus jeune aujourd’hui pour paraphraser une de ses chansons: My back pages. Oui, Dylan a rajeuni mon adolescence tourmentée, comme un Rimbaud errant. Il est devenu l’homme orchestre (« hey Mister Tambourine man ») qui a guidé mes pas. Bien sûr, d’autres sont venus après ou pendant: Leonard Cohen, Georges Brassens ou Bruce Springsteen… Mais il a été le premier. Dylan a ouvert les portes de l’Eden (Gates of Eden) de ma création, derrière ces portes, comme il le dit, pas de tribunaux et on peut sourire… J’ai marché avec lui sous une pluie lourde ( Hard rain is donna fall) et j’ai attendu que le bateau ( when the ships comes in) arrive pour que mes temps changent ( Times they’re a changent’). Quand mes amoureuses m’ont laissé tomber comme lui j’ai hurlé  que ce n’était pas moi qu’elles avaient cherché ( It’ ain’t me babe…NO. NO. NO.) Et pareilles à ces errantes je me suis souvent senti comme une pierre qui roule en me demandant quel effet ça fait d’être sans abri sous la tempête (shelter from the storm) comme un anonyme ordinaire (tire original de mes rencontres étoilées) sans espoir de retour… ( How does it feel to be without home like incomplete unknown with no direction home. Like  a rolling stone.) J’ai du aussi survivre au Joker, au voleur du haut de ma tour du guet ( All along the watchtower) et j’ai du aussi parfois avoir à dénoncer les crimes commis avec dieu à nos côtés ( God on our sides) et pleurer sur la mort d’innocents dans des taudis sinistres ou discriminés pour leur couleur de peau…( Hollis Brown, Hattie Carol) J’en ai fait  des cauchemars psychomoteurs que je numérotais, parfois j’ai même frisé la parano comme cette homme maigre ( Ballad of Thin Man). Mais Dylan Merci, je savais que l’amour était un mot de cinq lettres ( love is a word of 5 letters.) En écrivant tout ceci, je m’aperçois qu’il était là toujours dans l’ombre comme un guide, même si parfois je lui ai fait des reproches sur des disques moins bons ou des positions équivoques, comme sa pseudo conversion au catholicisme avec ce disque à la pochette affreuse (Saved) ou ses attitudes sur scène, de dos, changeant la musicalité de ses chansons, ses sourires et son manque de chaleur parfois auprès du public. Mais quand on est entier, doit on faire des concessions ?L’essentiel ne résidait il pas dans le contenu dans ces pages, dans ces écrits nombreux, dans ses poèmes symboliques, ses vers énigmatiques… L’essentiel n’était il pas d’éclairer le monde. Ah… vous les jeunes du XXI e siècle, férus de musiques, de rap, de slam,  de différences et pour certains de révoltes, vous ne vous doutez pas de ce que vous devez à un pareil homme! Certains s’offusquent de cette récompense prestigieuse qu’on lui a attribué, mais moi je m’offusque de voir porter aux nues de pseudos poètes, de faux créateurs dont les écritures sont autant de copiés-collés mal agencés et mal corrigés par de piètres correcteur orthographique. Des arlequins drivés par des faiseurs de sous et des chiffonniers décrivant des cercles autour des pâtés de maisons. Tous sont coincés encore avec  le Blues de Memphis ( Stuck inside of Mobile with the Memphis blues again.) Ne me demandez pas de citer des noms… Nous en avons tous quelques uns en tête. Suivez juste mon regard. Dois je le réécrire ici encore et encore, rien à voir avec la chance ( relisez mon article à ce sujet sur ce blog). On ne naît pas poète, écrivain, peintre ou sculpteur, artiste. Il y a dans toute forme de création comme une urgence à vivre malgré tout, à transmettre, et surtout surtout à éveiller les consciences. Mais j’ai déjà écrit tout cela, dit tout cela. Dylan n’a pas été le messie, mais presque. Il a été un prophète, un apôtre aussi, au choix. Il suffisait de le lire, ou de lire les traductions de ses écrits. Cela va au delà de la poésie.… Qui lui arrive, en France à l’orteil ? Ok… Ok… On va me dire que je manque d’objectivité,  que je suis aigri ou que sais je d’autre, et on va aussi me demander qui je suis pour oser dire tout cela. Dylan va répondre à ma place:

I shall be released.

En voici une traduction extraite de BOB DYLAN LYRICS chansons de 1962-2001 chez Fayard.

  • On dit que tout peut être remplacé
  • Mais toute distance n’est pas proche
  • Et je me rappelle le visage
  • de chaque homme qui m’a mis là
  • je vois ma lumière briller
  • Depuis l’ouest jusque vers l’Est
  • D’un jour à l’autre, d’un jour à l’autre
  • Je serai libéré
  • On dit qu’à tout homme il faut protection
  • Que tout homme doit chuter
  • mais je jure que je vois mon reflet
  • Très loin au dessus de ce mur
  • je vois ma lumière briller
    Depuis l’ouest jusque vers l’Est
    D’un jour à l’autre, d’un jour à l’autre
    Je serai libéré
  • Près de moi dans cette foule solitaire
  • Un homme jure que ce n’est pas de sa faute
  • Tous le jour j’entends ses cris si forts
  • Il crie que c’est un coup monté
  • je vois ma lumière briller
    Depuis l’ouest jusque vers l’Est
    D’un jour à l’autre, d’un jour à l’autre
    Je serai libéré ( i shall be released)

Oui… Dylan nous a libéré et nous ne le savions pas. Vous ne le saviez pas ! Il est temps de reprendre la route avec dignité ( On the road again… Dignity)

Copyright Albert Labbouz pour désespoir Productions 14 Novembre 2016

( les chansons en italiques sont toutes de Bob Dylan…)

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D’ÊTRE LIBRES, UN JOUR, MON AMOUR … ( un livre est une petite tombe…)

Alors voilà… Le voilà mon nouveau livre…

D’ETRE LIBRES, UN JOUR,  MON AMOUR…

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Il y a deux ans je me suis une nouvelle fois retrouvé en Crête avec ma compagne… et j’ai bizarrement ressenti une sorte de nostalgie, une saudade, quoi ! le début de ma je
unesse était quelque part là, autour de la mer Egée. Je me suis souvenu de mon premier périple dans les îles avec  des copains, des copines, un amour de l’époque, tous ou presque, oubliés, un peu.  Et en tirant le fil de ce souvenir, tel Ariane, j’ai déroulé mes années 70 et un vieil adolescent, moi, torturé abîmé par la trahison d’un premier amour.   Comme le chante Laurent Voulzy… On a tous dans le coeur etc… etc… Alors, je me suis dit que beaucoup de gens de ma génération pouvaient s’y retrouver et même les ados d’aujourd’hui  fils et filles  de ma génération.

« I hope I die before I get old (Talkin’ ’bout my generation)

This is my generation
This is my generation, baby »  The Who

J’ai voulu écrire sur l’adolescence de ces années là. A près de vingt ans, on était encore ado, en ce temps-là. Les ados d’aujourd’hui le sont à 12 ans et même plus tôt…

J’ai écrit un an là dessus… Une écriture brute, un peu sale parfois, impudique, une écriture libre aussi comme l’insouciance de ces années qui ne connaissaient ni les objets connectés, ni le sida, ni twitter ou Facebook. Ces années-là, comme une bonne vieille balade Rock : « Stairway To heaven ».  Comme un film de Barber Schroeder : « More » ou  » La vallée« …

Et depuis que le livre est sorti

( disponible ici:  http://grrrart-editions.fr/index.php/roman-livres/albert-labbouz/d-etre-libres-un-jour-mon-amour)-

, je me suis dit que l’écriture auto-fiction pouvait peut-être déranger certains, certaines qui s’y reconnaitraient. Souvent dans les salons du livre, on me demande: « c’est autobiographique ?  » et je réponds invariablement : » j’écris sur ce que je crois connaitre un peu, mais je ne suis qu’un personnage dans mes romans… » et j’ajoute:  » Dans  À la recherche du temps perdu, Marcel c’est Marcel Proust ? c’est autobiographique ?  » idem chez Pagnol, idem dans le grand Meaulnes etc… Alors, pour ne pas créer de polémique, je leur ai adressé un mail que je vous livre ici, si jamais ils le lisent, un jour …

« Chers amis de ma jeunesse…

Après m’être interessé à l’enfance et l’arrivée à DUGNY dans les années 60 d’un gosse qui me ressemble, dans mon nouveau livre, « D’ÊTRE LIBRES, UN JOUR, MON AMOUR… » je mets cette fois-ci l’éclairage sur les années 70, années folles de notre vieille adolescence, à mon sens… Comme toujours mon écriture puise dans mon vécu et mes livres sans être vraiment autobiographiques, s’inspirent d’é
léments du passé qui n’est jamais passé tout à fait inaperçu, pour vous, comme pour moi.

Dans « D’être libres, un jour, mon amour… » titre empunté à une chanson de Moustaki. Au travers d’un périple dans les îles grecques, je tente de dresser le portrait des jeunes adultes tourmentés que nous avons été. Le narrateur encore une fois me ressemble un peu, il a même mon prénom et souvent l’auteur ne lui f
ait pas de cadeaux. Alors… certains personnages, portent vos prénoms aussi, certains évênements vous rappelleront des souvenirs mais vus dans le prisme de l’écriture d’un roman comme un film, un road-movie, un road-roman. Peut être ne les aviez vous pas perçus comme cela? Forcément c’est ma vision que je propose, et forcément, elle est subjective. Cependant, j’aime les personnages que je décris et si parfois je les égatigne c’est sans méchanceté, ni esprit de vengeance, ni complaisance…

Vous vous y retrouverez, mais vous allez y retrouver aussi des gens que vous croyez avoir connus et dont je n’ai pas les mails et à qui j’aurai bien voulu adresser ce mail aussi … Mais Est-ce vraiment vous ? Est ce vraiment eux ? Ne sont ils pas devenus des personnages d’une sorte de film oublié ? C’est ça la force d’un roman, d’une fiction, d’un film… C’est nous, c’est moi, mais ce n’est plus moi, ce n’est plus vous… Alors, je n’écris pas pour régler des comptes ou quelque chose de cet acabit… C’est ma recherche du temps perdu à moi… pour la mémoire, pour faire exister ces époques euohoriques souvent, tristes et violentes parfois, désespérées aussi.
Si jamais vous le lisez … et si vous le souhaitez, vous me direz, le bon, le mauvais… ou vous ne me direz rien… Ce mail perso n’a pas pour autant vocation à polémique ou fâcherie, ce n’est pas le but visé. Si d’aventures j’apparaissais dans un de vos écrits, ou dans vos travaux artistiques, je saurai bien que c’est votre vision que je verrai et je saurai dire:  » si ça se trouve, j’ai été aussi comme ça… »

Alors, si ce roman est né, c’est parce que c’était vous… parce que c’était moi et si nos chemins un jour ont divergé, je voulais vous dire que je ne vous jamais oublié.

Je vous embrasse  »

Voilà… ces années ne m’appartiennent plus vraiment … et si vous lisez « D’être libres, un  jour, mon amour… »  jusqu’au bout, vous comprendrez pourquoi un livre est une petite tombe…

Septembre 2016

COPYRIGHT ALBERT LABBOUZ pour désespoir productions…

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