la couverture originale de CharlElie

la première proposition de CharlElie et la bonne !

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celui qui écrit ces lignes…

QUELLE BELLE FAMILLE !

 C’est celui qui écrit ces lignes qui dit ça…`

Quelle Belle Famille !

Polie, bien élevée bien éduquée, serviable, généreuse, pas un mot plus haut que l’autre…

Combien de fois s’est-il demandé depuis qu’il les connaît : ET LA TENDRESSE BORDEL ? Et les démonstrations simples d’affection entre eux…? Sourires, effleurement de caresses, mots tendres. Pour mémoire qui lui reste en travers de la gorge, quel(s) regard(s) avaient-ils posé sur son fils venu des U.S.A avec sa copine lors du dernier Noël ? Juste savoir comment c’était avec Trump … Une question sur ses projets ? Sur ses films sur ses musiques ? Sur son avenir ? Seul le gendre musicien (merci à lui) a fait cet effort…

Que de repas figés entre le super vin qui provient de leurs propres récoltes, la magnifique roue à aube qu’ils ont remise en état, la petite rivière avec le petit pont de bois, les arbres à planter pour la naissance d’un petit, et le succès inespéré d’un fils devenu handicapé du à une erreur de jeunesse et qui a provoqué un malheur intense…Et n’en déplaise à sa mère qui n’aime pas Monsieur Paul, succès financé par un ex patron d’Univers sale et par le capital  de feu Monsieur Charles, des armées de communicants et les éditions Raoul B; (au début)

OH bien sûr, comme l’a si bien dit l’artiste officiel  de la famille : celui qui écrit ces lignes, c’est un aigri, un jaloux peut être aussi, quelqu’un qui n’a pas rencontré la notoriété …  Mais avaient-ils seulement compris une fois, une seule fois dans leur vie que l’amour, le partage, l’échange, la liberté aussi anarchique soit-elle, avaient guidé les pas de celui qui écrit ces lignes. « Ecrire pour ne pas mourir » comme le chante Anne Sylvestre. Et l’artiste de la notoriété s’est trompé plus d‘une fois : celui qui écrit ces lignes n’a jamais été envieux de son succès. Bien au contraire … ! il avait été même comme un attaché de presse avant qu’ils soit reconnu artiste officiel de ce monde médiatique.

Celui qui écrit ces lignes écrivait, il chantait, il créait, il mettait en scène, quand le futur artiste essayait encore de réussir un panier au basket dans la cour d’une école à l’ancienne. Quand celui qui écrit ces lignes a appris son accident, il en avait pleuré… Son ex-compagne qui le quitte peut en témoigner…

Eux, d’origine italienne, les avait-il vus une seule fois s’échanger une effusion d’amour, de tendresse même infimes entre eux ?

Lui, celui qui écrit ces lignes, d’origine juive méditerranéenne où l’enfant est la chair de  la chair qu’on couvre d’onguents, de pommades, de parfums, de miel et de sucreries… et d’un tas d’expressions arabo-judéo intraduisibles en français en avait été abreuvé, lui dont le médecin de sa mère lui avait dit d’avorter…ET la mère après une série d’enfants mort-nés ou n’ayant pas vécu a refusé, voulant garder celui-là !

MAIS QUE VIVENT LES MERES JUIVES ! … Au-delà de celle(s) dont la pudeur ou allez savoir quoi forme des adultes frustrés de ce manque d’enveloppement maternel, voire paternel aussi, qu’ils ont reçu malgré eux, hélas.

Mais quelle enfance avaient-ils donc tous eue pour ne pas avoir reçu câlins, embrassades, enveloppements chaleureux, bisous ?

Les paysans au sens noble du terme ne sont ils que des taiseux incapables de manifester le moindre sentiment de bienveillance, de parole sincère et chaude ? Je n’ose le croire.

Celui qui écrit ces lignes vient d’une famille qui n’a jamais eu d’argent pour le superflu mais qui n’a jamais lésiné sur l’amour aussi démonstratif soit-il, même en public et surtout en famille, sans hypocrisie. Celle qui vient de le quitter aussi peut témoigner de cela.

Combien avait-il été abasourdi lors du suicide de la nièce par alliance de l’oncle de la fuyarde. C’était  une gentille jeune femme mariée au frère de celle qui vient d’abandonner sa famille, celle surnommée ici la fuyarde, que personne n’osât prendre en amont sa souffrance à bras le corps, à bras l’âme (excepté son mari). Elle était malade psychologiquement et personne n’a investi de sa propre personne pour l’aider comme il se devait, la laissant dans l’errance de psychiatre en psychiatre … commentant à peine sa descente aux enfers… Dieu fasse qu’elle soit avec les anges !

Est-ce là leur monde de générosité eux dont les combats communistes étaient portés en étendard ?

Pouvaient-ils nier, qu’au delà de la souffrance de leur nièce qui a quitté en douce celui qui écrit ces lignes, alors qu’il était absent  en province pour vendre quelques malheureux romans et de la décision qu’elle a prise et dont il saigne, va au-delà du :« c’est comme ça… », « c’est la vie, c’est son choix. » ?

Y a t il  eu seulement une personne  de cette belle famille française qui une fois le passage à l’acté opéré lui ait dit : « réfléchis encore un peu, le temps n’est pas figé et avec l’âge beaucoup de choses évoluent et peuvent changer… ?  Ce n’est pas seulement un homme, un ex amour que tu quittes, mais toute une vie construite ; des familles, des amis, des jeunes adultes qui sont tes enfants, des projets encore à réaliser qui pourraient arranger bien des choses. Soigne toi, trouve des solutions, des aides véritables ne baisse pas les bras. La vie peut par-delà les malheurs réserver d’étonnantes surprises » …Qui a essayé de l’en empêcher, de retarder son exécution et l’exécution de celui qui écrit ces lignes ? ? QUI ? Si oui, que cette personne se manifeste !

Celui qui écrit ces lignes, est de ceux qui se targue, même avec ses nombreux défauts, d’être plus entier qu’eux: les « gentils » « les polis », « les lisses ». Ces bobos de gauche qui n’ont même pas su changer le monde quand Waldeck Rochet ou Jacques Duclos se démenaient pour éradiquer les inégalités sociales. Et voyez vous, il ne cite même pas l’Abbé Pierre, ce serait trop facile car Ils en en souriraient en lui disant qu’il est dans l’amalgame.

Ils se targuent des combats de Simone Veil qui jusqu’au bout n’a pensé qu’à l’humain, qu’à l’humanité de la loyauté de la vie. Mais ils haussent les épaules face au désarroi, à la détresse, aux envies de mourir  de celui qui écrit ces lignes et qui sent derrière ce(s) haussement(s) d’épaules ces indifférences…

«  Bien fait pour sa gueule ; finalement, il l’a cherché… »

Se sont-ils  seulement inquiétés de savoir comment il allait, s’il allait lui aussi finir au bout d’une corde ou au fond d’un cocktail d’anxiolytiques ou tout simplement pour  lui transmettre un signe de réconfort ou d’espoir… Un de ses frères et sa sœur à elle l’ont fait eux ! Mots apaisants, solidarité fraternelle … Qu’ils en soient bénis ! L’humanité, la fraternité elle est là … N’est ce pas Monsieur son autre frère qui ne lui a même pas adressé un mot de réconfort ? N’est-ce pas neveux et nièces qui l’appelaient Tonton ? ! Y avaient-ils seulement pensé ? N’en ont-ils pas eu le courage ? Avaient-ils d’autres chats à fouetter ? L’ignoraient-ils ? le savaient-ils ?

Se sont-ils réellement  inquiétés de leur cousine, leur nièce, leur soeur qui va mal au-delà de ce qu’elle laisse apparaître, même maintenant ? Toujours transparente, toujours à ne pas vouloir déranger et aider…

Abandonne-t-on sa famille sans l’once d’un regret ou d’une explication saine certes, pas facile… Explication ardue sans doute mais où les mots auraient eu leur importance, elle qui ne parlait plus.

Tiens ! Je vais citer leur poète préféré à cette belle famille

Jean FERRAT :

C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle, pas à pas, humblement
Sans vérité tracée, sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement

Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts en grand sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la Terre et du Ciel

Au nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui…

Mais savent-ils encore se battre dans leur confort bourgeois … ? Ont-ils encore un idéal ?Autre poète phare qui leur est cher : Aragon

Que serais je sans toi qui vins à ma rencontre

que serais je sans toi qu’un cœur au bois dormant

que cette heure arrêtée au cadran de la montre…

Que serais je sans toi que ce balbutiement…

Que savent ilsdu malheur d’aimer ?

Et puis dites à l’artiste aux cent mille exemplaires de son livre vendu et adapté par lui-même et à son comparse le serpent Kaa, qu’oublier Ferré dans son slam aux poètes est une erreur monumentale, Ferré qui a écrit :

Qui donc réparera le cœur des amants tristes ?

 Celui qui écrit ces lignes n’évoque même pas le fait qu’en tant qu’auteur qui a écrit cinq pièces de théâtres jouées récompensées au Festival Théâtre de Drancy, poèmes, romans, essais, nouvelles récompensées elles aussi, scénarii et plus d’une centaine de chansons, l’artiste célèbre n’aurait-il pas pu lui proposer de faire partie  de  son CD :« il nous restera ça »?

 Oui… Bien sûr leur  conviction, il s’en doute, est que celui qui écrit ces lignes est  le seul fautif de l’abandon de sa compagne du noyau familial.

Ne se sont-ils pas posé la question de savoir si le malheur de cette femme et mère de famille n’avait pas d’autres causes plus souterraines, plus archaïques, plus sociales aussi (son boulot par exemple entre autres, la disparition d’une mère trop tôt disparue, des manques de caresses familiales ? Que sais-je encore ? L’inconscient est trop vaste quand on ne l’affronte pas) ? Dans cette belle famille tout ce qui touche à la psy de manière générale effraie…

Celui qui écrit ces lignes ne se met pas hors de cause d’une part de sa propre responsabilité au fil des ans, en écrivant cela. Il a conscience de ses carences, et de ses non-dits aussi, de ses excès et ses défauts … Se sont-ils seulement dit que celui qui écrit ces lignes n’était qu’un gros feignant qui ne l’aidait en rien ? Certes, on ne sait pas si la lumière est toujours allumée quand la porte du frigo est fermée. Celui qui écrit ces lignes veut dire par là qu’on ne sait pas ce qui se passe chez le voisin vraiment et même dans sa propre famille au sens large … « Briser les préjugés comme disait un certain juif Albert E. est plus difficile que briser un atome ». Se sont-ils demandé si son compagnon, celui qui écrit ces lignes, avait cherché des solutions pour l’aider ou la faire aider ? Se sont-ils dit que le fait qu’elle ne réponde à aucune de ses propositions d’aide était un crève-cœur pour lui ? Ne pas pouvoir aider sa compagne qui se renfermait dans un mutisme dangereux et mortifère ? Se sont ils  demandé si après 33 ans et un tiers de vie commune, il l’aimait encore ?

Celui qui écrit ces lignes n’aura pas de réponses et n’en souhaite pas.

De toutes façons, ils qualifieront ces lignes d’aigreurs, de rancœur, de vengeance, de règlement de comptes, mais celui qui écrit ces lignes s’en fout !

Je m’en fous !

« Faut vous dire Monsieur que ces chez gens là, on n’vit pas on n’vit pas… On triche » J.B

ALBERT LABBOUZ Copyright Desespoir Productions

OCT/NOV 2018

 

 

 

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L’âge du Christ 33 et 1/3

33 ans et un tiers

Avant j’étais sobre je ne buvais pas une goutte d’alcool ou de temps en temps chez des amis, apéro et repas sympas. Je ne fumais pas non plus ou une ou deux fois par an, un cigare ou un cigarillo. Puis, sans me prévenir en douce en cachette, en lousdé elle a préparé son coup pendant des mois sans rien dire à personne et elle s’est  barrée. Elle a abandonné la vie qu’elle menait en famille depuis 33 ans 1/3 (l’âge du christ) Elle allait mal et ça ne datait pas d’hier. Elle ne voulait plus de moi. Elle ne voulait plus, plus rien. Elle voulait autre chose. Savait-elle quoi exactement ? Moi, je ne sais pas trop quoi, même maintenant. Alors après avoir voulu quitter ce monde pour de vrai, je suis passé à autre chose. J’ai inventé l’Ouzo Times, tous les jours vers 18h 40; une sorte d’apéro riche (olives, tarama, houmous, saucisson, soubressade et grignotteries) qui me rappelait les années que nous avions passées en Grèce sous le soleil, tranquilles, quasiment amoureux, sans les enfants au début vers les années 87/88 et après avec nos enfants quand ils étaient tout petits. Les Cyclades on connaît bien on peut dire… A pied, en canot,  bateau et en voiture…

Depuis qu’elle est partie, je bois beaucoup d’Ouzo. Si j’ai des cigares, j’en fume. Si j’avais de la cocaïne j’en sniferais et j’en ferais  les frais. Je suis seul. Des fois, je ne suis pas trop mal, je l’avoue, comme le chantait Bécaud: « la solitude ça n’existe pas! » ! Mais ce que je m’enfile dans le corps malade pas si grand que ça, (naturel ou chimique) et dans la tête ne m’empêche pas de continuer à l’aimer malgré elle, malgré moi. J’aime encore les 3 autres qui ont compté malgré le mal qu’elles m’ont fait en me quittant. « Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours » chante Cabrel. La seule chose que je ne sais pas, c’est combien de temps cela va durer (l’aimer et boire de l’Ouzo) et comment je vais devenir ? Physiquement, psychiquement. Vais-je vivre ou exister ? Ce n’est pas la même chose. Même si j’aime l’Ouzo, je suis prêt à arrêter et que cela redevienne occasionnel à condition que le soleil, le bleu, le blanc, les regards revolver reviennent. Mais je ne suis sûr de rien. On dit tant de choses en colère ou en dépression. Et ces choses,  elle me les a écrites ! Écrites car elle ne pouvait, ne savait plus dire plus parler. Elle était devenue muette réellement . Il y a des moments où les mots ne nous appartiennent plus. Ils peuvent aussi se taire ou déborder comme la lave d’un volcan endormi depuis des siècles. Ils peuvent, cela s’est déjà vu, tuer.

Oui je ne suis sûr de rien comme tout le monde entier dans cette vie, sur cette planète. Qui sait quoi ? Et quoi d’abord croyons nous savoir ? (sic) … « Ne dis jamais jamais ne dis jamais toujours laisse à la mort le soin de prononcer ces mots ». chante François Béranger… Et c’est tant mieux.

Je souhaite qu’elle aille mieux, et qu’elle en prenne conscience, ou que quelqu’un lui en fasse prendre conscience, que comme on dit, elle puisse travailler ses démons comme Saint Michel terrassant le dragon, comme David tuant Goliath avec une fronde,  comme Ulysse échappant aux cyclopes, comme la bête retrouvant forme humaine grâce à la Belle, comme Jekill se débarrassant de Hyde … Seule ou en se faisant aider, si on croit en la psychanalyse. (Je ne parle pas de thérapie mais bien de cure analytique. La psychothérapie s’intéresse aux symptômes, la psychanalyse traite les troubles et les symptômes avec passage à un état de satisfaction; satisfaction ne signifie pas bonheur. Les personnes totalement hostiles à la psychanalyse ne sont pas détachées de leur objet incestueux et l’analyse dit quelque chose de leur objet incestueux que la psychanalyse viendrait mettre en cause. L’objet incestueux cette saleté  !  C’est une attitude majoritaire…) Dans la névrose on fabrique un mythe ( un roman familial, une fiction névrotique. Une névrose est un mensonge que l’on se raconte en trouvant des coupables ( là c’était moi) ou des prétextes basés sur des réalités. ( J’ai pas assisté à des dizaines de conférences pendant 5 ans avec Jean Gerard Burzstein à l’hôpital Bellanger pour rien quand même ! Burzstein qui disait qu’il faut bien accepter une part de saleté en nous pour mieux vivre… Attention nous sommes dans le symbolique, pas dans le social ni dans le quotidien … ) Mais bref ! Je n’écris pas cet article sur de la psychanalyse et vous êtes assez grand(e)s pour aller chercher vous mêmes les signifiants de ce que je sous-entends.

Je souhaiterais qu’elle vive mieux, qu’elle vive, débarrassée de ses névroses ressurgies de très loin, en retrouvant la parole, une parole vraie qui émanerait de son passage à la satisfaction, une joie de vivre comme lorsqu’on s’est connus et si possible en pensant parfois à moi, et à ses familles, et aux souffrances évaporées de nos enfants, selon ses désirs. Et comme on dit en espagnol,  pour finir cet article, je lui transmets mes Besós

Copyright Albert Labbouz pour désespoir productions

13 OCTOBRE 2018

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C’est quoi être lâche ?

Je cogite depuis le 17 juin( jour de fête des pères)  quelque chose à écrire sur ce que je vis en  ce moment.

J’ai voulu quitter ce monde et j’ai pensé à ceux et celles que j’ai aimés chacun à leur façon, et qui n’ont pas choisi de partir: je veux les citer ici çar je les ai tous et toutes aimés … .chacun à ma façon

Victor-Yves Gozlan, Jean Pierre Levy,Eric Kayadjanian,Christophe Mezerette,Joelle Lamini, Annie Ruelle, Corinne Hadjedj, Bruno Pochan, Thierry Hume, Lionel Bicheret, Brigitte Rodriguez,  Philippe Hadjedj, Jean-Yves Boutéraon, Lionel Lebrun, Richard Marty, Patrick Benkemoun, Dominique Prevost, Didier Falgas, Christophe Vazeille …  qui oublie-je ?

Toute cette jeunesse qui pour la plupart n’ont pas dépassé les  40 voire les 50 ans… Et des personnes qui aimaient la vie, des déconneurs ( hein Didounet ?), des êtes joyeux de vivre (Pas vrai Eric ?), des êtres dont les réflexions vous aidaient à avancer ( hein Gimini ?) Ils sont partis emportés par la maladie alors que rien ne les prédestinait à ce destin? Mais pourquoi ? pourquoi eux/elles tels des anges leur a-t-on coupé les ailes ? ils avaient tant encore à nous apporter… à nous faire avancer pour vivre.

Alors…malgré les coups de poignards que j’ai reçus dans le dos, dans le coeur, dans l’âme, bien qu’ayant pensé les rejoindre, je me suis ravisé. Je suis toujours vivant. Je tente de vivre ou de survivre. Sans le vouloir vraiment je garde la vie, ou la vie me garde,  car il faut se battre contre les ignominies, les mensonges, les incohérences, les histoires qu’ont réécrit, qu’on réinvente … Même si on me répète que chacun est libre de ses choix, y a l’art et la la manière de faire passer ces/ses choix… Ne pas jouer les doubles faces et cracher son venin une fois la porte du frigo réfermée… Mes enfants sont là… Ils savent la vérité… Ils savent mon amour pour eux …au delà des mots… des maux… Ils savent que je sais en donner de l’amour …

Pour l’instant je survis à ma manière… Mais avec le temps la lumière se fera et les ténèbres s’illumineront… sous l’étonnement de tous et de toutes… Et ceux qui m’aiment sauront reconnaitre malgré le nombre de mes défauts, apprendre à différencier le vrai du faux et de la faux. La méchanceté, de la réelle lâcheté, des prétextes fallacieux dits sous des airs de Sainte…

Par son geste lâche, elle ne sait pas encore que je retrouve mon droit de parole et que je  mets de côté le droit de réserve qui la protégeait elle et sa famille … Les masques tomberont…  J’en ai des choses à dire et à révéler et cela viendra  en lieu et temps voulu que ce soit par écrit ou de manière parabolique avec des chansons; qu’on n’y vienne pas y voir de la vengeance ou de l’aigreur comme me l’a dit Grand Corps Malade. Mais bien ma vérité… L’accepteront ou pas ceux et celles qui sauront extraire de leur cerveau un brin de lucidité…

Désolé moi aussi de cet article particulier, mais quand il  faut que ça sorte , ça doit sortir…

P.S … au fait… faites passer si vous le pouvez…

Copyright Albert Labbouz pour désespoir production 30 aout 2018

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Tiens… j’ai dit Tiens !

Jack in the box ! Higelin s’en est allé. Et je savais que cela me ferait autant mal que le départ de Leonard. Mais bon. Si Leonard entretenait mes blues, Higelin lui, me les effaçait. Quand j’allais mal, quand je n’avais pas la pêche, quand les mauvaises ombres de la vie me chahutaient, le remède c’était Higelin. Il avait le don, la grâce de me remettre sur pied. Médecin de mes états d’âme d’âne…

Tout avait commencé avec Brigitte Fontaine, Arezki et lui… chez Saravah de Pierre Barouh, ces années où on avait envie de ne rien faire. « Chope la soupape Leslie !…Chope la soupape ! Remember…

« Je mourrai dans une voiture carbonisée, la portière ne voudra pas s’ouvrir, et je hurlerai. Tu apprendras ma mort, atroce, par un ami, par les journeaux ou par la poste, alors …
Alors tu t’souviendras, que nous avons fait l’amour, remenber, que je pleurais de plaisir, et que ma peau, était douce et vivante à la paume de tes mains, alors …
Alors tu voudras, recommencer, tu auras une envie folle, immédiate, de recommencer, et tu sauras que quoi je parles, en ce moment précis, alors ... »

Déjà la mort avant même la vie… Et même » cet enfant que je t’avais fait… qu’en as tu fait ?  » Elle était là… La mort… Mais c’est cette garce qui finalement le faisait vivre… Il savait la niquer la Mort, Jacquot, jouer avec elle, l’amadouer:

« ceux qui n’ont jamais croqué de la veuve,les bordés d’nouilles les petits rats blancspeuvent pas savoir ce qui gigote dans les trous du défunt cerveau quand sa moitié dépose une botte de roses sur l’chardon du terreau« , se foutre de sa gueule… jusqu’à lui offrir Champagne…

Ouvrez mon sarcophage
Et vous pages pervers
Courrez au cimetière
Prévenez de ma part
Mes amis nécrophages
Que ce soir nous sommes attendus dans les marécages

Voici mon message
Cauchemars, fantômes et squelettes
Laissez flotter vos idées noires
Près de la mare aux oubliettes
Tenue du suaire obligatoire…

C’était surtout la vie, qui l’animait Jacques. À la cartoucherie de Vincennes en 73, on était allés Françoise et moi, il devait y avoir Higelin avec des tas d’autres: Melina Mercouri, François Béranger, Gilles Vigneault, Moustaki… 6 heures pour la Grèce ou quelque chose comme ça. Nous  on attendait  Jacques Higelin… On a croisé Brigitte Fontaine, on lui a demandé :  » il n’est pas là Jacques ? » Elle ne savait pas. On s’est assis par terre devant des babas qui fumaient de l’herbe roulée dans du papier journal. Il est arrivé guitare en bandoulière habillé bleu de jean’s. Il a gratouillé des accords, quelques minutes, sans sortir une parole et il a commencé, je me rappelle ses mots comme si c’était hier… » La première révolution que doit faire un bébé en sortant de sa mère … » et puis et il a dit hilare  » J’en ai marre, j’m’casse… » Et il est parti… Libre… ça avait duré montre en main 5 mn à tout casser. On en est resté cois, Françoise et moi. Un baba a dit devant nous, hilare, lui aussi…  » Il est stone… » On a ri Françoise et Moi. Oui, c’était lui, notre Higelin. Cet homme obligé de rien et qui fait ce qu’il veut. En rentrant on s’est remis sur la platine « Six pieds en l’air… » Cartoucherie de Vincennes 1973  Alertez les bébés

Doux, tout  doucement
 Je me balance
Tout abandonné
 Aux caprices des vents.
Les yeux grands ouverts
Je sombre dans l’enfance
Quand elle m e berçait
Dans ses bras, ma maman
Doux, tout doucement
Vient l’exquise jouissance
Qui m’arrache l’échine
De son spasme brûlant.
Pâle, abandonné
A ma seule innocence,
Dernier râle d’amour,
Je prends du bon temps.
Doux, tout doucement
Voici l’aube qui point.
Doux, tout doucement
Le soleil fait un signe.
Il viendra tantôt
Me réchauffer les flancs
Noircir ce grand corps
Tout gonflé de vermines.
Doux, tout doucement
La corde me ronge.
Mon esprit tantôt
S’en va quitter mon corps.
Puis ma tête ira
se rafraîchir à l’ombre
au pied du gibet où je pends
Tristement
Cru cruellement
les corbeaux incrédules
vont me becqueter les yeux
bouffer mes ornements
se remplir la panse
de ma sombre infortune
gaver leurs petits
des restes du mourant
Doux, tout doucement
Je me balance
Tout abandonné
Aux caprices des vents.
Les yeux grands ouverts
Je sombre dans l’enfance
Quand elle me berçait
Dans ses bras, ma maman.

La Mort… La Mort toujours recommencée… comme pour l’apprivoiser…

Et Jacques Higelin convoqua le Rock en France… BBH 75… La claque de la claque. Pour nous cette jeunesse des années 70…  Deux rencontres avec lui. la première au pop club de José Artur à la Maison de la Radio … je la raconte dans mes rencontres étoilées page 49 et 50. Et une autre au Pavillon de Pantin, futur Zenith… très tard le soir un autre festival il attend son tour pour passer. il fait les 100 pas près des loges, il est habillé en cuir tout en cuir. Perfecto… Il a une Fender rouge, les cheveux courts devant longs derrière à la Bowie Aladdin Sane. Et Il met le feu… aux paumés du petit matin qui sont restés pour lui.`

Pavillon de Pantin 1975 est ce que ma guitare est un fusil ?

Des concerts d’Higelin j’en ai vu des centaines et des centaines, même dans des lieux improbables.  En vrac… Souvenirs… Au cabaret Campagne Première où son batteur Michel Santangelli étant absent, il a fait lui même avec sa voix la batterie quand elle intervenait. Souvenirs… dans un cinéma de province dans une banlieue paumée de la province en question, un trou du cul du monde. Il se jette dans la foule assise sur les vieux fauteuils en cuir rouge du cinéma et atterrit sur les genoux de mon pote Yoyo. Et il continue comme ça en chopant Yoyo par le cou près à lui rouler un patin. Yoyo me dira après le concert: « Il sentait vachement la transpiration. »

Sur les genoux de Yoyo ( 1975? 76?)

Souvenir au cinéma Marcadet détruit depuis, un concert où il oublies chose rare les paroles d’une chanson. je suis au premier rang et je lui crie les paroles. Il me répond: Merci Monsieur…vous avez gagné le droit de vous taire. Souvenir. Forum des Cholettes, au moment de la présentation des musiciens, le batteur ne fait pas le solo, et le public siffle…et Higelin leur dit: » Le singe au zoo n’est pas obligé de manger les cacahuètes que lancent les badauds… » Souvenirs encore. palais de la Mutualité. Pierre Louis, un ami, me dit : »tu te rends compte ? On a un mec comme Higelin mon pote en France ! Higelin … Aussi bien que les ricains… Même mieux… » Mis bout à bout les concerts d’Higelin me permettrait de faire deux fois ou trois fois le tour de la terre dans mon aéroplane blindé. Souvenirs… Higelin répète en public dans la petite salle de quartier de l’espace Renaudie à Aubervilliers. Souvenirs aléatoires: au cirque d’hiver, Au Rex, au Théâtre de la Mer à Golfe Juan, à la fête de l’Huma, aux folies bergères, à Mogador, à Bercy, au Zenith, au Palais des sports, à la grande halle de La villette, à  l’espace Renaudie à Aubervilliers, au Bataclan, au forum de Blanc Mesnil, à la Philharmonie … ? Il a jalonné ma vie le Higelin, il a ponctué mes peines, mes amours, mes déceptions, mes amitiés. Comment disent ceux qui savent écrire ? Il était le grand frère que je n’ai pas eu ? le père qui m’a manqué ? le pote indéfectible ? Savait-il Higelin combien du bien il nous a fait, il m’a fait ? Il m’a même appris à aimer Trénet moi qui n’était pas un fan…

Mis à part Bruce Springsteen, je ne connais pas d’autre artiste capable de tenir plus de 4 heures et de tenir la salle, de nous tenir entre émotions, Rock, contes et légendes, déconnades, impros … Comment disent ceux qui savent écrire  et qui se croient artistes ou poêtes? On était en communion,  en osmose, concert chamanisme ? … Non… rien de tout cela on vivait… On faisait la nique à la mort… Il l’a chanté lui même notre pote Crabouif…  » La mort est le berceau de la vie… » Son coeur continue de battre comble cour de ses frères d’amour et de colère à travers le sien…

Vingt-quatre heures sur vingt-quatre
Tournent les machines
Qui s’encrassent et se détraquent
Se calaminent
Et souvent tombent en panne
Vingt-quatre heures sur vingt-quatre
Mon cœur bat

Mon cœur bat
Et quand il tombera en panne
Surtout ne t’inquiète pas
Car le tien continuera de battre
Comme le cœur de mes frères
D’amour et de colère
A travers le mien
O bébé

La mort est toujours proche
La mort est toujours là
J’ai l’cerveau qui résonne
Comme une vieille cloche félée
baby bébé

Avec sa guitare comme un fusil, il nous a descendu quand ça lui a chanté et pour notre plus grand bonheur. Maintant je le sais, le savez vous ? …  Moi, je l’ai toujours su, même après son départ dans son banlieue Boogie Woogie Blues.

« Si un ami vient à manquer … on peut toujours compter sur lui »

Copyright Albert Labbouz Pour désespoir Productions 6 avril 2018crédits photos: Copyright Albert Labbouz

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Ravages et Création artistique

Ça en fait des ravages, et des vagues cette histoire de harcèlements révélés par l’affaire Weinstein.

Les hommes sont des porcs paraît il, et il faut balancer le sien. Du coup, tout Hollywood a levé le voile sur des harcèlements anciens, sur des actrices qui jusque là s’étaient tues. Et les têtes se sont mises à tomber après Weinstein. Kevin Spacey, Dustin Hoffman, James Franco, bien sûr… Polanski, et Woody Allen… et d’autres…

Putain ! … Que des acteurs et réalisateurs que j’admire ! Qu’est ce que je dois faire ? Cesser d’admirer ces gens là … et rejeter leur filmographie, et tous les films qui me les ont fait admirer ?  D’usual suspects, House of Cards, American Beauty entre autres pour Kevin Spacey.… Tous, oui tous les films de Dustin Hoffman…  La quasi totalité des films de Polanski, et tous, oui tous les films aussi de Woody Allen. ? Je fais quoi ? je renie mon  engouement pour leur travail d’artiste ?

Est-ce vraiment une nouveauté que le monde du cinéma, soit un monde de séduction , de dragues mal placées, de désirs, de transgressions, allez je le dis… de cul… … ? Aussi professionnels soient-ils, soient elles ? Peuvent ils, peuvent elles rester insensibles après un baiser de cinéma, après une scène d’amour avec un, une partenaire célèbre ? Après des semaines, des mois de tournage en intimité… Truffaut tombait amoureux quasi systématiquement des femmes qu’ils faisaient tourner, Lelouch, aussi et il en épousa même quelques unes… Questionnons nous : Pourquoi est-ce chez les acteurs et dans le show biz qu’on trouve le plus de divorces et de changement de partenaires ?

Comme si derrière l’artiste on oubliait l’homme et ses fêlures, ces mêmes fêlures qui font de grands films, de grands acteurs et actrices.

Certes, Harvey Weinstein a abusé de son pouvoir pour se taper de jeunes actrices désireuses de faire carrière, il est bien évident que ce gros salaud n’aurait jamais pu conquérir la moindre femme s’il était resté anonyme, pauvre et inconnu.

Se ferme-t-on les yeux à ce point ? Les groupies accrochées aux Rolls Royces des Rock’n Roll Star n’ont-elles jamais existées ? Que se passaient-ils dans les chambres d’hôtel des palaces quand bon nombre de stars du Rock ou du cinéma faisaient monter ces groupies ou ces jeunes femmes attirées par les étoiles, alcoolisées, cocaïnisées ? Le pouvoir de dire NON, certaines de leur propre aveu l’ont utilisé parfois au détriment d’un film ou d’un disque, d’une carrière … Pas d’hypocrisie … Tout se savait dans ce milieu… Tout se sait … Très peu de choses fuitent. Rien n’a été dit, ni mis au grand jour jusqu’à Weinstein …

Moi je regarde l’homme/les hommes harceleur(s), lourdingue(s), pervers, de travers, je leur en veux, je suis triste et déçu, mais personne ne me fera jeter à la poubelle, le créateur, l’artiste: WOODY ALLEN, POLANSKI, Kevin Spacey, Dustin Hoffman, James Franco et d’autres qui m’ont subjugué ou fait rêver ou donner envie de créer moi aussi quand dans une salle obscure l’écran s’éclairait et me faisait voyager, pleurer, rire, m’émouvoir…

 

Qu’on juge les hommes, qu’on les soigne au besoin !

 … mais qu’on laisse les artistes et les génies tranquilles, tel est mon point de vue ! Auriez vous préféré que leur schizophrénie artistique en fasse plutôt des sérials killers ? Vous imaginez-vous si Lars Von Trier n’avait pas été cinéaste ? Ou David Lynch ? Ou Abel Ferrara ? Ou Chabrol ? Ou Zulawski ? Et bien d’autres encore dont les images, les films ont été leur thérapie qui vous a fait du bien à vous, spectateur d’abord. Freud disait : « le méchant fait dans la vie ce que le bon rêve la nuit… » Ce pourrait être un début de définition de la création artistique. L’art, hélas ou pas, se nourrit des traumas, des névroses, des blessures psychiques de leurs créateurs. Les plus grands chefs d’œuvres artistiques, tout domaine confondu, sont le fruit de créateur dont les failles laissent passer la lumière qui se projette sur l’écran noir de nos nuits blanches ou sur les CD ou sur la scène … C’est comme ça ! Je ne cautionne nullement les attitudes sexistes de part et d’autres, que ce soit bien clair ! Juste un petit conseil, pour finir, creusez un peu quand vous tombez en extase devant une œuvre qui vous laisse bouche bée, sonné ou heureux et demandez vous quel a été le chemin du créateur pour accoucher d’une telle claque !

ALBERT LABBOUZ pour copyright désespoir production . Janvier 2018

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Souvenirs… Souvenirs… ( « rigole mon gars »… mon clin d’oeil à Johnny…)

UNE RENCONTRE ETOILÉE RATÉE

JOHNNY HALLYDAY

 Peut-être le JEUDI 1 er MAI 1969 …

DUGNY- PORTE DE VERSAILLES: Palais des sports

 J’étais en Troisième dans un Collège d’enseignement général. C’était un début d’adolescence. Oui en ce temps là l’adolescence commençait vers 15 ans, à peu près. De nos jours… Les ados parfois ont à peine dix ans… Nous les ados de la fin des année 60, on était encore à guetter les interdits, l’érotisme, le désir, un bout de sein dans des LUI pudiques ou des films comme La piscine ou les damnés, la fiancée du Pirate, Macadam Cow-boy ou même ma Ma nuit chez Maud pour les plus intellosMoi, déjà en prise avec mon Œdipe, je laissais ma révolte grandir et les conflits naitre avec mon père. Musicalement, je le poussais à bout en écoutant sur mon électrophone : Honky tonk women, Whole lotta Love, Im free, she cames in to the bathroom window, come tohether , Fortunate son, Born on the bayou, Let’s the sunshine et déjà Bird on the wire[1] pour la musique anglo-saxonne et pour les français mon goût était irrémédiablement JOHNNY HALLYDAY qui était mon idole secrète car je ne le disais pas à mes copains de peur qu’ils se foutent de ma gueule, car aimer Johnny pour un ado boutonneux bien élevé au duvet de moustache naissante en ces années n’était réservé qu’aux prolos, au fils d’ouvriers, aux blousons noirs, aux rebelles sans cause, voir un ex taulard. Et moi, pour mes copains, j’étais tout sauf un rebelle sans cause ou un voyou. Mais oui… Mais oui… Dans ma commune, c’était comme ça. J’étais perçu comme un premier de la classe sympa et rapatrié d’Algérie. Je ne pouvais pas être un gosse qui aime Johnny. Seul Jacky mon copain de F.E.O[2] avait le droit d’aimer Johnny… Mes copains écoutaient du rock and roll, Ummagumma des Pink Floyd et Zager et Evans qui chantaient in the year 2525

Pourtant j’aimais Johnny depuis longtemps. Depuis que mon Frère à Oran avait acheté un 33 tours : Johnny Hallyday et ses fans au festival du Rock and Roll en 1961. On le voyait sur la pochette en costume lamé en Noir et blanc guitare électrique demi caisse dans le dos, pointer un doigt vers la foule, en sueur et le micro en équilibre à deux doigts de tomber dans la fosse où des loulous en chemises noires à pois debout devant leurs fauteuils photographiés bouche ouverte sur le recto du 33 tours, devaient hurler en chantant avec l’idole hystérique de 18 ans : Depuis qu’ma môme, souvenirs souvenirs, une boum chez John ou l’incontournable Kili watch aux paroles incompréhensibles. En Algérie mon père avait interdit à mon frère d’écouter ce disque en sa présence. Le disque avait quand même traversé la Méditerranée comme tous les rapatriés de cette foutue guerre d’Algérie et pour braver les interdictions de mon père, je l’écoutais à plein volume, porte fermée dans ma chambre. Le plein volume devrait faire rire tout ceux qui de nos jours ont des amplis HDD Dolby ou des barres de son de plus 300 watts. Il n’empêche, Johnny était et devenait mon porte parole rock and roll de ma crise d’adolescence. Je confectionnais même une sorte de journal dans un grand cahier 21 x 29,7 où je collais toutes les photos, articles que je glanais dans les Télé 7 jours, les Paris-Match, des journaux divers, des mensuels hétéroclites, des Elle, et tous les salut les copains bien sûr, les France-Dimanche, les Ici Paris… Je recopiais aussi les paroles de chansons… C’était une sorte de journal intime où Johnny me servait un peu de bouclier, de paravent. Nous étions en 69 et depuis 7 ans en France. Sur mon électrophone stéréo à présent passait en boucle le dernier 33 de Johnny intitulé Voyage au pays des vivants. Le Rock and Roll de Johnny était plus agressif, plus rageur fini la voix à la Elvis une voix d’ange comparée aux râles douloureux agressifs mais néanmoins musicaux que balançaient Johnny dans des chansons comme Rivière ouvre ton lit, ou voyage aux pays des vivants :

« … Je ne recommencerais jamais ce j’ai fait… »

et surtout l’autobiographique oedipienne : je suis né dans la rue. On était plutôt sur un versant Led Zeppelin plutôt que Buddy Holly… Je n’étais pas tellement au fait du chemin parcouru en sept ans par l’idole mais il se murmurait que Johnny ne buvait pas que du Coca et ne fumait pas que des Marlboro de Cow-Boy. Moi ça m’allait et sur la pochette, son visage avec cette barbe rousse sur une chevelure ceinte d’un bandeau noir, me faisait penser au masque mortuaire d’or d’Agagmemnon qui somme toute cadrait bien avec le titre de l’album VOYAGE aux PAYS DES VIVANTS. D’ailleurs, moi aussi je commençais à me laisser pousser la barbe et mon père ne me tarabustait plus pour que j’aille chez le coiffeur deux fois par mois. Et c’est vers cette époque que je me suis dit que je verrais bien mon idole sur scène. Il préparait un spectacle au Palais des Sports, quelque chose d’inédit, d’incroyable de jamais vu. Il y aurait sur scène un ring de boxe sur lequel Johnny boxerait vraiment, un vrai combat, des acrobates, de la pyrotechnique : feux d’artifices et tout et tout et même des danseuses à moitié à poil. La comédie musicale Hair où au final toute la troupe, hommes et femmes, terminait nue avait du quelque peu influencé l’artiste et les concepteurs du spectacle à venir. Fallait que je voie ça. J’ai donc commencé à tarabuster mes parents qui en quelques phrases réglèrent la question, mon père surtout :

« Hors de question… D’abord, hors de question que tu y ailles seul, hors de question que quelqu’un de la famille, même ton frère, t’accompagne. Hors de question de mettre plus de 1000 anciens francs[3] pour voir un abruti qui se roule par terre en hurlant pour savoir si quelqu’un l’aime ici ce soir… en prétendant chanter…Bref… Hors de question… On (c’est mon père qui parle et il inclut toute la famille même si tout la famille, ne pense pas comme lui) supporte déjà assez ses cris sur ton tourne disque à longueur de journée…ça suffit comme ça. L’incident est clos. On n’y reviendra pas. »

Mais à ma façon je suis un têtu, je le relance tous les soirs, jusqu’à limite qu’il pète un câble, mais depuis ce jour-là, où il m’a corrigé de main de maître parce que

Soi-disant une connasse de voisine juive m’avait vu fumer une cigarette près du Prisunic, il contrôle ses pulsions maltraitantes ; peut-être parce que mon grand-père, mort depuis peu, m’avait défendu et lui avait interdit de lever la main sur moi ou sur quiconque de SA famille. Alors, quand je le saoule trop avec mon Johnny, il finit de manger et va se coucher… Et ma mère de dire : «  L’énerve pas, mon fils, il est déjà assez fatigué à cause de son boulot…et de la vie… » Et je réponds : «  OK… mais qui va venir avec moi au Palais des Sports voir Johnny ? Y des matinées le jeudi et le dimanche. »

«  Ecoute… » me dit mon frère,

« trouve toi un copain qui aime bien Johnny aussi, allez y ensemble un jeudi, sans rien lui dire à papa et le soir quand il rentre, tu es là… »

et ma mère rajoute :

« je te paye la place, et même si tu rentres plus tard, je lui dirai que tu es chez Didier pour faire tes devoirs… »

Voilà… j’ai mis tout le monde dans le complot… et ma sœur conclut :

«  Vous ferez la même chose pour moi, si je veux aller voir Adamo ? »

On est en 1969 au printemps. Le plus gros problème qui se pose à moi, c’est que je n’ai jamais voyagé tout seul dans les transports, toujours avec quelqu’un de la famille. Je ne sais pas prendre les bus, le métro et tout ça. Ah… J’étais un drôle d’ado révolté, trop couvé par sa mère, le petit dernier capricieux qui laisse encore son pyjama sous son pantalon quand il fait trop froid. Tu parles d’un rocker, de mes deux… ouais !

Un jour en récréation, j’entends un copain, enfin pas vraiment un copain, un voisin de classe,dirons nous, qui seul dans son coin en triant ses cartes de footballeurs qu’on achète chez le boulanger pour faire des albums, fredonne : Entre mes mains, une chanson que chante Johnny :

« J’ai connu bien des filles, puis j’ai connu la fille… Tout se brise … Entre mes mains …»

 Pour chanter cette chanson, faut connaître JohnnyC’est pas que je t’aime ou Mal…ou même Be Bop a Lula

Le mec il s’appelle Philippe Maimbourg, il habite au Bourget, son père l’amène tous les matins en voiture au C.E.G. C’est un petit gros tout rond, c’est un peu le souffre douleur de P’tit Louis, de Achache et de Laporte et des autres durs de la classe. Ils l’ont surnommé Bouffon, peut-être parce qu’il est vraiment rond de visage et que ses joues rouges font penser à un poupon ou une marionnette. Ils le tarabustent, l’obligent à aller leur chercher des bonbons, ils lui foutent des taloches, des pichenettes juste pour l’entendre renâcler du nez … Et là, Bouffon est tranquille, les durs jouent au foot, sans lui, bien sûr. Et, lui, il chante Entre mes mains de Johnny.

«  T’aime Bien Johnny ? » je lui dis en m’approchant de lui sur le muret où il est assis.

«  Ouais… » Il répond. Juste ouais… rien de plus. Je continue.

«  T’as des disques de Johnny, chez toi ? »

« Ouais… mon père, il les a presque tous. Il travaille chez Phillips dans la Zone industrielle du Bourget. Alors, il peut avoir tous les disques qu’il veut… »

«  Tu mens ? »

«  Non… C’est vrai mon gars… T’as qu’à pas me croire… Je m’en fous… »

«  Tu l’as déjà vu en spectacle Johnny ? »

«  Jamais. Mais j’aimerais bien… »

«  Il passe aux Palais des Sports, à la Porte de Versailles. Tu voudrais pas y aller avec moi ? »

«  Rigole mon gars. »

A cette époque les mômes y disent ça comme ça «  Rigole mon gars.… » aujourd’hui on dirait selon les générations :… un peu mon neveu ! … et comment ! ou, des barres !… Bref ça veut dire oui, mais un oui spécial.

« la semaine prochaine c’est le 1er mai…C’est un jeudi. On y va ? Tu demandes à tes parents. Moi ma mère elle est d’accord, mais je le ferais sans que mon père soit au courant… »

«  Rigole mon gars… » Il le répète et a l’air heureux que je lui propose ça et il ajoute.

«  On dit rien aux autres de la classe d’ac ? »

« OK… t’es déjà allé à Paris tout seul avec les transports. »

«  Bien sûr mon gars… tous les week-end je vais voir ms grands parents dans le 12 ème. Je prends, le bus et le métro et un autre bus. »

«  Alors ? Tu sauras aller Porte de Versailles… »

«  Rigole mon gars… Fastoche… »

«  Écoute on part du matin, on amène des sandwichs et une gourde d’eau. On mange devant le palais des sports, parce qu’il doit y avoir du monde… Alors on sera de bonne heure pour faire la queue et avoir des places …

«  C’est cher, je crois ? »

«  Je pense qu’on peut avoir des places pour moins de 500 Anciens francs[4]… on sera tout en haut mais on verra bien quand même »

Et voilà… le jeudi 1 er mai, après avoir dit à mon père que je passais la journée chez Didier pour faire mes devoirs de maths aux quels je pige que dalle, parce que j’aime pas les maths, je retrouve Bouffon devant l’arrêt de bus du 149, direction Porte de la Villette où on prendra le métro pour aller Porte de Versailles… On doit changer à Montparnasse Bienvenue et prendre la direction Porte de Versailles. Personne ne le connaît sous cet aspect là, mais Bouffon a tout organisé, il connaît le trajet par cœur, le nombre de tickets qu’il faut, le changement… Il a évalué le temps du trajet à 1h 30 / 2h à peu près, 27 arrêts en métro et un peu de marche à pied pour aller au Palais des Sports … C’est pourquoi il nous fait partir vers 10h 30. Il a mis dans son sac de gym, deux sandwichs, un au camembert et l’autre aux rillettes, une bouteille de coca en verre comme celle qu’on sert dans les cafés, des carambars et des malabars. Moi ma mère, elle m’a mis un sandwich au jambon avec du gruyère râpé, un pain au chocolat, deux barres de chocolat Meunier et une banane. Dans une gourde en plastique, elle m’a mis de l’antésite.

Moi je suis Bouffon comme son ombre. Il est dégourdi, il parle beaucoup de ses parents, de ceux qu’il appelle les connards de la classe, de ce qu’il veut faire plus tard : ingénieur en mécanique automobile, il est fou des voitures de courses. Il parle même politique, moi je ne suis pas très bon là dessus. Il admire De Gaulle comme son père et dit que Marchais est un stalinien. Je ne sais pas ce que c’est un Stalinien. Mais j’arrive à lui répondre quand même, que je pense que je suis de gauche… ça le gêne pas… « Y a des communistes sympas… » il répond. « Et c’est la démocratie de ne pas penser tous la même chose et de pouvoir le dire. » Et puis on revient parler chansons… je lui dis que j’aime bien Johnny, mais que j’aime aussi Georges Brassens. Je lui dis même qu’il y a un coffret qui sort avec tous les disques de Brassens, mais que c’est trop cher et que je ne pourrais jamais l’avoir. Il répond juste «  je vais voir avec mon père… »

Et puis, ça y est on sort du métro Porte de Versailles. On repère le Palais des Sports, Y a de grands panneaux avec la tête de Johnny.

«  Tu vois on y est…  Qu’est ce que j’avais dit ? On a mis 1h 45… Y a plus qu’à faire la queue… pour les places. »

On regarde bien… Mais on ne voit personne faire la queue. On cherche l’entrée pour prendre des billets. Ma mère m’a donné 600 anciens francs. Bouffon lui il a 1000 anciens francs. Il m’a dit :

« si t’as pas assez je te prête. » et je lui ai répondu :

«  Rigole… mon gars… »

On rentre dans le hall du Palais des sports et on cherche la caisse où on prend les billets. Y a une dame brune avec des cheveux courts qui tricote. C’est Bouffon qui parle :

«  Bonjour Madame… On voudrait voir Johnny Hallyday… »

La femme lève les yeux en continuant de tricoter…

«  C’est pour quand ? »

«  Pour maintenant ! » il dit Bouffon.

«  Maintenant ? Y a pas de représentations … C’est ce soir à 9 heures… seulement… Il reste que des places à 1500 anciens francs. »

«  Mais on nous a dit qu’il y avait des matinées aujourd’hui ? »

«  On vous a dit des bêtises… »

Bon… Réfléchissez un peu… On est à une époque où y a pas internet, pas de Fnac, pas de France Billets… Les infos et tarifs sur les spectacles, théâtres, concerts cinéma, spectacles, musées etc … On ne les a que sur l’Officiel des Spectacles, Bouffon n’a pas pensé à l’acheter pour être sûr de notre escapade pour voir Johnny.

Et Bouffon, il sort à la bonne femme, comme pour la soudoyer…

«  Et Johnny il est là ? On pourrait le voir pour lui dire au moins … ? »

Bizarrement elle ne rit pas, la caissière… et elle répond :

«  Johnny ? À cette heure-ci il doit dormir… »

Il insiste Bouffon et il ajoute…

«  Vous pourrez lui dire que Philippe Maimbourg et son copain Albert, ils ont voulu le voir. Dites lui… Mon père travaille chez Phillips. »

Elle continue à ne pas rire la dame, elle est même tout ce qu’il y a de sérieux

«  Oui… je lui dirai… »

Et Bouffon et moi tout sourire on répond :

«  Merci Madame… vous êtes bien aimable…au revoir… »

On sort. On s’assoit sur les marches.

« Qu’est ce qu’on fait ? » je demande à Bouffon.

«  On va rester un peu en finissant nos sandwichs…Si ça se trouve, il va passer pour venir répéter et on lui dira nous mêmes »

«  Rigole … mon gars… »

copyright Albert Labbouz pour Désespoir Productions Decembre 2017

[1] Dans l’ordre des chansons citées : Rolling stones, Led Zeppelin, Who, Beatles, Creedence Clairwater Revival, Comédie Musical Hair, Leonard Cohen

[2] F.E.O fin d’études Orientées. Nos SEGPA de l’époque .

[3] 1000 anciens francs soit 100 francs… soit 15 euros… On est en 69… et 1000 anciens francs c’est cher.

[4] 500 anciens francs soit 50 francs soit… 7,50 euros.

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Perplexité

FACEBOOK me laisse perprlexe…

 

Personnellement, je n’ai pas Facebook ; j’ai créé deux pages facebook pour mes livres… Rencontres étoilées (http://www.facebook.com/rencontresetoilees) et Jardins à l’Algérienne ( http://www.facebook.com/jardinsalalgerienne) pour me faire de la pub et pour faire connaître mon travail d’auteur. J’ai aussi mon site perso ; (albertlabbouz.fr) qui doit être actualisé par mon webmaster… Mais, comme je suis sur Twitter( @Albertlabb ) et que j’ai mon blog sur WordPress (rencontresetoilees.wordpress.com), et que je re-tweete, les articles que j’écris sur mon blog sont partagés sur ma page Facebook « jardins à l’algérienne » et du coup je peux voir qui a aimé ou pas …

Alors, par le biais des liens, je vais sur les pages Facebook de ceux/celles qui ont aimé. Et là je reste perplexe sur Facebook et sur mes « amis » que je connais en vrai et qui ont Facebook. Je vais sur leur page et je vois le nombre d’amis, de connaissances qu’ils ont et parfois je reconnais des disparu(e)s alors je clique pour voir et savoir ou ce qu’ils/elles sont devenu(e)s ou bien quelle tête ils/elles ont maintenant et quel(le)s sont leurs nouveaux/nouvelles ami(e)s. Mais je reste perplexe, (je sais, je me répète, c’est exprès!)… Pourquoi perplexe ? Parce que je sais que la somme d’ami(e)s qu’ils ont n’est pas le reflet de leur vraie vie. Ils ont des ami(e)s, mais ils n’en voient et en côtoient que quelques un(e)s.

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec l’idée d’amitié, car je n’ai jamais su la définir. Je ne sais pas où commence une amitié, où elle finit et ce qui fait que c’est une amitié. Il existe des gens qui ne sont pas de ma famille, et que j’aime, que je respecte, et avec qui partager des choses (repas, concerts, ballades, discussions …) est nécessaire pour moi, pour eux aussi j’espère… Je tiens à ces gens… Mais je ne sais pas nommer la relation que j’ai avec eux… Amitié ? Je ne sais pas… Y a t il une hiérarchie dans l’amitié ? Relation, collègue, connaissance, camarade, copain-copine, ami(e)? Y a t il des règles, des passages obligés pour passer d’une étape à l’autre ? Je ne sais pas… Je ne l’ai jamais su. Ce que je sais, c’est que j’aurais voulu que certain(e)s ne disparaissent pas, jamais, ne s’éloignent pas, que ce soit à cause des aléas de la vie (déménagement, décès) ou bien parce que le temps a passé et qu’il passe sous forme de période : l’enfance, l’adolescence, les mariages, la vie sociale… Certes j’ai encore des amis d’enfance et d’adolescence… Mais les autres ? Ceux/celles que j’aimerais encore sentir à proximité, pourquoi le temps ne les a pas fait subsister ? Serait-ce donc que la relation n’était pas si importante, si vitale ? Sur le Facebook des gens que je connais, parfois, ils sont nombreux… Ne seraient ils pas alors que des fantômes du passé pour leur rappeler qu’à une époque ils se connaissaient, ils se côtoyaient dans le même lycée, la même ville le même quartier, qu’ils avaient peut-être partagé, vécu des choses semblables ailleurs, autrefois ? Autrefois … ? A quoi sert Facebook ? A dire à d’autres qu’on est toujours vivants ? Non… j’ai vu dans la liste de quelqu’un que je connais qu’il avait toujours pour ami quelqu’un de mort…une de ses connaissances (même pas un ami) dont personne n’avait enlevé son profil… On peut donc être ami Facebook avec des morts … C’est bien. Les quelques « amis » décédés que j’ai connus, je n’ai pas besoin de Facebook pour dire que je les ai aimés et que parfois je pense à eux, avec émotion… J’ai vu aussi dans ces listes d’amis, que beaucoup étaient « amis » avec leurs propres enfants qu’ils voyaient encore … Ah Bon ? Facebook est donc nécessaire pour faire comprendre à ses enfants qu’au delà du lien familial, nos enfants sont aussi nos amis et vice versa ? Qui plus est… dans la réalité ce n’est pas toujours vrai, mais bon…  J’ai vu aussi que beaucoup, mettaient en photo des moments de leur vie… Photos de vacances, anniversaires, réjouissances amicales ou familiales… ça me laisse perplexe, ça aussi… « Regardez… Là c’est nous au bord de la mer, dans un pays étranger, nous mangeant dans un bon restau (avec photo du bon plat), c’est moi faisant le con à l’anniversaire de untel »… etc… Perplexe aussi de servir de relais aux infos… regret du décès de tel ou tel personnage public… J’admets à la limite cela comme un hommage perso à quelqu’un dont la disparition nous touche… Voilà… donc si j’ai bien compris, que Facebook non seulement d’être un relais de nos vraies ou virtuelles amitiés, est aussi un réseau médiatique qui nous permet de nous transformer en passeur, en journaliste de sa propre vie. Je sais que je suis mal placé pour écrire ce qui va suivre, mais je l’écris quand même… Nous voulons tous être regardés, aimés, admirés, reconnus du plus grand nombre et pourquoi pas même d’inconnus qui grâce à Facebook trouveraient notre vie géniale… !!! Facebook n’est il pas une fabrication à envieux  quelque part ? Je peux à la rigueur comprendre que Facebook soit une vitrine pour un artiste, un créateur, un politique même … Un thermomètre de sa popularité, un vecteur de sa publicité (mes pages Facebook de mes livres existent pour cela… au départ…) Oui… Facebook comme relais publicitaire je peux l’admettre…

MAIS…

Facebook me laisse très perplexe… oui… me passent par la tête des trucs du genre : « Big Brother is watching you… » « La solitude ça n’existe pas … » Ben… si justement… Je pose la question est: et si Facebook n’était qu’un placebo contre cette solitude qui effraie certain(e)s d’entre nous ?

Je n’arrive pas à m’imaginer (si j’avais Facebook) qu’en « likant » quelqu’un que je connais… Je n’aurai pas, plus envie de l’avoir en face de moi autour d’un café, d’un verre ou d’une soirée. Et lui dire simplement : «  Alors ? Quoi de neuf ? Qu’est ce que tu racontes depuis le temps ? »

À mon âge et à l’heure qu’il est… Mes réflexions et mes pensées tournent autour de ce putain de temps passé et de celui qu’il reste, et de me dire…Qu’est ce qui fait une vie ? Qu’est ce qui la défait ? Qu’est ce qui a été important ? Qu’est ce qui ne l’a pas été ? Que sont mes amis devenus…?  » Dans quel état gère/j’ère?  »  Et  comme ma mère et son Alzeihmer grandissant  tout me ramène à cette question qu’elle nous pose 50 fois par jour …

 » Qu’est ce que je dois faire ? »

 

Coyrighyt Albert Labbouz Aout 2017 pour Désespoir Productions…

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