la couverture originale de CharlElie

la première proposition de CharlElie et la bonne !

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Tiens… j’ai dit Tiens !

Jack in the box ! Higelin s’en est allé. Et je savais que cela me ferait autant mal que le départ de Leonard. Mais bon. Si Leonard entretenait mes blues, Higelin lui, me les effaçait. Quand j’allais mal, quand je n’avais pas la pêche, quand les mauvaises ombres de la vie me chahutaient, le remède c’était Higelin. Il avait le don, la grâce de me remettre sur pied. Médecin de mes états d’âme d’âne…

Tout avait commencé avec Brigitte Fontaine, Arezki et lui… chez Saravah de Pierre Barouh, ces années où on avait envie de ne rien faire. « Chope la soupape Leslie !…Chope la soupape ! Remember…

« Je mourrai dans une voiture carbonisée, la portière ne voudra pas s’ouvrir, et je hurlerai. Tu apprendras ma mort, atroce, par un ami, par les journeaux ou par la poste, alors …
Alors tu t’souviendras, que nous avons fait l’amour, remenber, que je pleurais de plaisir, et que ma peau, était douce et vivante à la paume de tes mains, alors …
Alors tu voudras, recommencer, tu auras une envie folle, immédiate, de recommencer, et tu sauras que quoi je parles, en ce moment précis, alors ... »

Déjà la mort avant même la vie… Et même » cet enfant que je t’avais fait… qu’en as tu fait ?  » Elle était là… La mort… Mais c’est cette garce qui finalement le faisait vivre… Il savait la niquer la Mort, Jacquot, jouer avec elle, l’amadouer:

« ceux qui n’ont jamais croqué de la veuve,les bordés d’nouilles les petits rats blancspeuvent pas savoir ce qui gigote dans les trous du défunt cerveau quand sa moitié dépose une botte de roses sur l’chardon du terreau« , se foutre de sa gueule… jusqu’à lui offrir Champagne…

Ouvrez mon sarcophage
Et vous pages pervers
Courrez au cimetière
Prévenez de ma part
Mes amis nécrophages
Que ce soir nous sommes attendus dans les marécages

Voici mon message
Cauchemars, fantômes et squelettes
Laissez flotter vos idées noires
Près de la mare aux oubliettes
Tenue du suaire obligatoire…

C’était surtout la vie, qui l’animait Jacques. À la cartoucherie de Vincennes en 73, on était allés Françoise et moi, il devait y avoir Higelin avec des tas d’autres: Melina Mercouri, François Béranger, Gilles Vigneault, Moustaki… 6 heures pour la Grèce ou quelque chose comme ça. Nous  on attendait  Jacques Higelin… On a croisé Brigitte Fontaine, on lui a demandé :  » il n’est pas là Jacques ? » Elle ne savait pas. On s’est assis par terre devant des babas qui fumaient de l’herbe roulée dans du papier journal. Il est arrivé guitare en bandoulière habillé bleu de jean’s. Il a gratouillé des accords, quelques minutes, sans sortir une parole et il a commencé, je me rappelle ses mots comme si c’était hier… » La première révolution que doit faire un bébé en sortant de sa mère … » et puis et il a dit hilare  » J’en ai marre, j’m’casse… » Et il est parti… Libre… ça avait duré montre en main 5 mn à tout casser. On en est resté cois, Françoise et moi. Un baba a dit devant nous, hilare, lui aussi…  » Il est stone… » On a ri Françoise et Moi. Oui, c’était lui, notre Higelin. Cet homme obligé de rien et qui fait ce qu’il veut. En rentrant on s’est remis sur la platine « Six pieds en l’air… » Cartoucherie de Vincennes 1973  Alertez les bébés

Doux, tout  doucement
 Je me balance
Tout abandonné
 Aux caprices des vents.
Les yeux grands ouverts
Je sombre dans l’enfance
Quand elle m e berçait
Dans ses bras, ma maman
Doux, tout doucement
Vient l’exquise jouissance
Qui m’arrache l’échine
De son spasme brûlant.
Pâle, abandonné
A ma seule innocence,
Dernier râle d’amour,
Je prends du bon temps.
Doux, tout doucement
Voici l’aube qui point.
Doux, tout doucement
Le soleil fait un signe.
Il viendra tantôt
Me réchauffer les flancs
Noircir ce grand corps
Tout gonflé de vermines.
Doux, tout doucement
La corde me ronge.
Mon esprit tantôt
S’en va quitter mon corps.
Puis ma tête ira
se rafraîchir à l’ombre
au pied du gibet où je pends
Tristement
Cru cruellement
les corbeaux incrédules
vont me becqueter les yeux
bouffer mes ornements
se remplir la panse
de ma sombre infortune
gaver leurs petits
des restes du mourant
Doux, tout doucement
Je me balance
Tout abandonné
Aux caprices des vents.
Les yeux grands ouverts
Je sombre dans l’enfance
Quand elle me berçait
Dans ses bras, ma maman.

La Mort… La Mort toujours recommencée… comme pour l’apprivoiser…

Et Jacques Higelin convoqua le Rock en France… BBH 75… La claque de la claque. Pour nous cette jeunesse des années 70…  Deux rencontres avec lui. la première au pop club de José Artur à la Maison de la Radio … je la raconte dans mes rencontres étoilées page 49 et 50. Et une autre au Pavillon de Pantin, futur Zenith… très tard le soir un autre festival il attend son tour pour passer. il fait les 100 pas près des loges, il est habillé en cuir tout en cuir. Perfecto… Il a une Fender rouge, les cheveux courts devant longs derrière à la Bowie Aladdin Sane. Et Il met le feu… aux paumés du petit matin qui sont restés pour lui.`

Pavillon de Pantin 1975 est ce que ma guitare est un fusil ?

Des concerts d’Higelin j’en ai vu des centaines et des centaines, même dans des lieux improbables.  En vrac… Souvenirs… Au cabaret Campagne Première où son batteur Michel Santangelli étant absent, il a fait lui même avec sa voix la batterie quand elle intervenait. Souvenirs… dans un cinéma de province dans une banlieue paumée de la province en question, un trou du cul du monde. Il se jette dans la foule assise sur les vieux fauteuils en cuir rouge du cinéma et atterrit sur les genoux de mon pote Yoyo. Et il continue comme ça en chopant Yoyo par le cou près à lui rouler un patin. Yoyo me dira après le concert: « Il sentait vachement la transpiration. »

Sur les genoux de Yoyo ( 1975? 76?)

Souvenir au cinéma Marcadet détruit depuis, un concert où il oublies chose rare les paroles d’une chanson. je suis au premier rang et je lui crie les paroles. Il me répond: Merci Monsieur…vous avez gagné le droit de vous taire. Souvenir. Forum des Cholettes, au moment de la présentation des musiciens, le batteur ne fait pas le solo, et le public siffle…et Higelin leur dit: » Le singe au zoo n’est pas obligé de manger les cacahuètes que lancent les badauds… » Souvenirs encore. palais de la Mutualité. Pierre Louis, un ami, me dit : »tu te rends compte ? On a un mec comme Higelin mon pote en France ! Higelin … Aussi bien que les ricains… Même mieux… » Mis bout à bout les concerts d’Higelin me permettrait de faire deux fois ou trois fois le tour de la terre dans mon aéroplane blindé. Souvenirs… Higelin répète en public dans la petite salle de quartier de l’espace Renaudie à Aubervilliers. Souvenirs aléatoires: au cirque d’hiver, Au Rex, au Théâtre de la Mer à Golfe Juan, à la fête de l’Huma, aux folies bergères, à Mogador, à Bercy, au Zenith, au Palais des sports, à la grande halle de La villette, à  l’espace Renaudie à Aubervilliers, au Bataclan, au forum de Blanc Mesnil, à la Philharmonie … ? Il a jalonné ma vie le Higelin, il a ponctué mes peines, mes amours, mes déceptions, mes amitiés. Comment disent ceux qui savent écrire ? Il était le grand frère que je n’ai pas eu ? le père qui m’a manqué ? le pote indéfectible ? Savait-il Higelin combien du bien il nous a fait, il m’a fait ? Il m’a même appris à aimer Trénet moi qui n’était pas un fan…

Mis à part Bruce Springsteen, je ne connais pas d’autre artiste capable de tenir plus de 4 heures et de tenir la salle, de nous tenir entre émotions, Rock, contes et légendes, déconnades, impros … Comment disent ceux qui savent écrire  et qui se croient artistes ou poêtes? On était en communion,  en osmose, concert chamanisme ? … Non… rien de tout cela on vivait… On faisait la nique à la mort… Il l’a chanté lui même notre pote Crabouif…  » La mort est le berceau de la vie… » Son coeur continue de battre comble cour de ses frères d’amour et de colère à travers le sien…

Vingt-quatre heures sur vingt-quatre
Tournent les machines
Qui s’encrassent et se détraquent
Se calaminent
Et souvent tombent en panne
Vingt-quatre heures sur vingt-quatre
Mon cœur bat

Mon cœur bat
Et quand il tombera en panne
Surtout ne t’inquiète pas
Car le tien continuera de battre
Comme le cœur de mes frères
D’amour et de colère
A travers le mien
O bébé

La mort est toujours proche
La mort est toujours là
J’ai l’cerveau qui résonne
Comme une vieille cloche félée
baby bébé

Avec sa guitare comme un fusil, il nous a descendu quand ça lui a chanté et pour notre plus grand bonheur. Maintant je le sais, le savez vous ? …  Moi, je l’ai toujours su, même après son départ dans son banlieue Boogie Woogie Blues.

« Si un ami vient à manquer … on peut toujours compter sur lui »

Copyright Albert Labbouz Pour désespoir Productions 6 avril 2018crédits photos: Copyright Albert Labbouz

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Ravages et Création artistique

Ça en fait des ravages, et des vagues cette histoire de harcèlements révélés par l’affaire Weinstein.

Les hommes sont des porcs paraît il, et il faut balancer le sien. Du coup, tout Hollywood a levé le voile sur des harcèlements anciens, sur des actrices qui jusque là s’étaient tues. Et les têtes se sont mises à tomber après Weinstein. Kevin Spacey, Dustin Hoffman, James Franco, bien sûr… Polanski, et Woody Allen… et d’autres…

Putain ! … Que des acteurs et réalisateurs que j’admire ! Qu’est ce que je dois faire ? Cesser d’admirer ces gens là … et rejeter leur filmographie, et tous les films qui me les ont fait admirer ?  D’usual suspects, House of Cards, American Beauty entre autres pour Kevin Spacey.… Tous, oui tous les films de Dustin Hoffman…  La quasi totalité des films de Polanski, et tous, oui tous les films aussi de Woody Allen. ? Je fais quoi ? je renie mon  engouement pour leur travail d’artiste ?

Est-ce vraiment une nouveauté que le monde du cinéma, soit un monde de séduction , de dragues mal placées, de désirs, de transgressions, allez je le dis… de cul… … ? Aussi professionnels soient-ils, soient elles ? Peuvent ils, peuvent elles rester insensibles après un baiser de cinéma, après une scène d’amour avec un, une partenaire célèbre ? Après des semaines, des mois de tournage en intimité… Truffaut tombait amoureux quasi systématiquement des femmes qu’ils faisaient tourner, Lelouch, aussi et il en épousa même quelques unes… Questionnons nous : Pourquoi est-ce chez les acteurs et dans le show biz qu’on trouve le plus de divorces et de changement de partenaires ?

Comme si derrière l’artiste on oubliait l’homme et ses fêlures, ces mêmes fêlures qui font de grands films, de grands acteurs et actrices.

Certes, Harvey Weinstein a abusé de son pouvoir pour se taper de jeunes actrices désireuses de faire carrière, il est bien évident que ce gros salaud n’aurait jamais pu conquérir la moindre femme s’il était resté anonyme, pauvre et inconnu.

Se ferme-t-on les yeux à ce point ? Les groupies accrochées aux Rolls Royces des Rock’n Roll Star n’ont-elles jamais existées ? Que se passaient-ils dans les chambres d’hôtel des palaces quand bon nombre de stars du Rock ou du cinéma faisaient monter ces groupies ou ces jeunes femmes attirées par les étoiles, alcoolisées, cocaïnisées ? Le pouvoir de dire NON, certaines de leur propre aveu l’ont utilisé parfois au détriment d’un film ou d’un disque, d’une carrière … Pas d’hypocrisie … Tout se savait dans ce milieu… Tout se sait … Très peu de choses fuitent. Rien n’a été dit, ni mis au grand jour jusqu’à Weinstein …

Moi je regarde l’homme/les hommes harceleur(s), lourdingue(s), pervers, de travers, je leur en veux, je suis triste et déçu, mais personne ne me fera jeter à la poubelle, le créateur, l’artiste: WOODY ALLEN, POLANSKI, Kevin Spacey, Dustin Hoffman, James Franco et d’autres qui m’ont subjugué ou fait rêver ou donner envie de créer moi aussi quand dans une salle obscure l’écran s’éclairait et me faisait voyager, pleurer, rire, m’émouvoir…

 

Qu’on juge les hommes, qu’on les soigne au besoin !

 … mais qu’on laisse les artistes et les génies tranquilles, tel est mon point de vue ! Auriez vous préféré que leur schizophrénie artistique en fasse plutôt des sérials killers ? Vous imaginez-vous si Lars Von Trier n’avait pas été cinéaste ? Ou David Lynch ? Ou Abel Ferrara ? Ou Chabrol ? Ou Zulawski ? Et bien d’autres encore dont les images, les films ont été leur thérapie qui vous a fait du bien à vous, spectateur d’abord. Freud disait : « le méchant fait dans la vie ce que le bon rêve la nuit… » Ce pourrait être un début de définition de la création artistique. L’art, hélas ou pas, se nourrit des traumas, des névroses, des blessures psychiques de leurs créateurs. Les plus grands chefs d’œuvres artistiques, tout domaine confondu, sont le fruit de créateur dont les failles laissent passer la lumière qui se projette sur l’écran noir de nos nuits blanches ou sur les CD ou sur la scène … C’est comme ça ! Je ne cautionne nullement les attitudes sexistes de part et d’autres, que ce soit bien clair ! Juste un petit conseil, pour finir, creusez un peu quand vous tombez en extase devant une œuvre qui vous laisse bouche bée, sonné ou heureux et demandez vous quel a été le chemin du créateur pour accoucher d’une telle claque !

ALBERT LABBOUZ pour copyright désespoir production . Janvier 2018

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Souvenirs… Souvenirs… ( « rigole mon gars »… mon clin d’oeil à Johnny…)

UNE RENCONTRE ETOILÉE RATÉE

JOHNNY HALLYDAY

 Peut-être le JEUDI 1 er MAI 1969 …

DUGNY- PORTE DE VERSAILLES: Palais des sports

 J’étais en Troisième dans un Collège d’enseignement général. C’était un début d’adolescence. Oui en ce temps là l’adolescence commençait vers 15 ans, à peu près. De nos jours… Les ados parfois ont à peine dix ans… Nous les ados de la fin des année 60, on était encore à guetter les interdits, l’érotisme, le désir, un bout de sein dans des LUI pudiques ou des films comme La piscine ou les damnés, la fiancée du Pirate, Macadam Cow-boy ou même ma Ma nuit chez Maud pour les plus intellosMoi, déjà en prise avec mon Œdipe, je laissais ma révolte grandir et les conflits naitre avec mon père. Musicalement, je le poussais à bout en écoutant sur mon électrophone : Honky tonk women, Whole lotta Love, Im free, she cames in to the bathroom window, come tohether , Fortunate son, Born on the bayou, Let’s the sunshine et déjà Bird on the wire[1] pour la musique anglo-saxonne et pour les français mon goût était irrémédiablement JOHNNY HALLYDAY qui était mon idole secrète car je ne le disais pas à mes copains de peur qu’ils se foutent de ma gueule, car aimer Johnny pour un ado boutonneux bien élevé au duvet de moustache naissante en ces années n’était réservé qu’aux prolos, au fils d’ouvriers, aux blousons noirs, aux rebelles sans cause, voir un ex taulard. Et moi, pour mes copains, j’étais tout sauf un rebelle sans cause ou un voyou. Mais oui… Mais oui… Dans ma commune, c’était comme ça. J’étais perçu comme un premier de la classe sympa et rapatrié d’Algérie. Je ne pouvais pas être un gosse qui aime Johnny. Seul Jacky mon copain de F.E.O[2] avait le droit d’aimer Johnny… Mes copains écoutaient du rock and roll, Ummagumma des Pink Floyd et Zager et Evans qui chantaient in the year 2525

Pourtant j’aimais Johnny depuis longtemps. Depuis que mon Frère à Oran avait acheté un 33 tours : Johnny Hallyday et ses fans au festival du Rock and Roll en 1961. On le voyait sur la pochette en costume lamé en Noir et blanc guitare électrique demi caisse dans le dos, pointer un doigt vers la foule, en sueur et le micro en équilibre à deux doigts de tomber dans la fosse où des loulous en chemises noires à pois debout devant leurs fauteuils photographiés bouche ouverte sur le recto du 33 tours, devaient hurler en chantant avec l’idole hystérique de 18 ans : Depuis qu’ma môme, souvenirs souvenirs, une boum chez John ou l’incontournable Kili watch aux paroles incompréhensibles. En Algérie mon père avait interdit à mon frère d’écouter ce disque en sa présence. Le disque avait quand même traversé la Méditerranée comme tous les rapatriés de cette foutue guerre d’Algérie et pour braver les interdictions de mon père, je l’écoutais à plein volume, porte fermée dans ma chambre. Le plein volume devrait faire rire tout ceux qui de nos jours ont des amplis HDD Dolby ou des barres de son de plus 300 watts. Il n’empêche, Johnny était et devenait mon porte parole rock and roll de ma crise d’adolescence. Je confectionnais même une sorte de journal dans un grand cahier 21 x 29,7 où je collais toutes les photos, articles que je glanais dans les Télé 7 jours, les Paris-Match, des journaux divers, des mensuels hétéroclites, des Elle, et tous les salut les copains bien sûr, les France-Dimanche, les Ici Paris… Je recopiais aussi les paroles de chansons… C’était une sorte de journal intime où Johnny me servait un peu de bouclier, de paravent. Nous étions en 69 et depuis 7 ans en France. Sur mon électrophone stéréo à présent passait en boucle le dernier 33 de Johnny intitulé Voyage au pays des vivants. Le Rock and Roll de Johnny était plus agressif, plus rageur fini la voix à la Elvis une voix d’ange comparée aux râles douloureux agressifs mais néanmoins musicaux que balançaient Johnny dans des chansons comme Rivière ouvre ton lit, ou voyage aux pays des vivants :

« … Je ne recommencerais jamais ce j’ai fait… »

et surtout l’autobiographique oedipienne : je suis né dans la rue. On était plutôt sur un versant Led Zeppelin plutôt que Buddy Holly… Je n’étais pas tellement au fait du chemin parcouru en sept ans par l’idole mais il se murmurait que Johnny ne buvait pas que du Coca et ne fumait pas que des Marlboro de Cow-Boy. Moi ça m’allait et sur la pochette, son visage avec cette barbe rousse sur une chevelure ceinte d’un bandeau noir, me faisait penser au masque mortuaire d’or d’Agagmemnon qui somme toute cadrait bien avec le titre de l’album VOYAGE aux PAYS DES VIVANTS. D’ailleurs, moi aussi je commençais à me laisser pousser la barbe et mon père ne me tarabustait plus pour que j’aille chez le coiffeur deux fois par mois. Et c’est vers cette époque que je me suis dit que je verrais bien mon idole sur scène. Il préparait un spectacle au Palais des Sports, quelque chose d’inédit, d’incroyable de jamais vu. Il y aurait sur scène un ring de boxe sur lequel Johnny boxerait vraiment, un vrai combat, des acrobates, de la pyrotechnique : feux d’artifices et tout et tout et même des danseuses à moitié à poil. La comédie musicale Hair où au final toute la troupe, hommes et femmes, terminait nue avait du quelque peu influencé l’artiste et les concepteurs du spectacle à venir. Fallait que je voie ça. J’ai donc commencé à tarabuster mes parents qui en quelques phrases réglèrent la question, mon père surtout :

« Hors de question… D’abord, hors de question que tu y ailles seul, hors de question que quelqu’un de la famille, même ton frère, t’accompagne. Hors de question de mettre plus de 1000 anciens francs[3] pour voir un abruti qui se roule par terre en hurlant pour savoir si quelqu’un l’aime ici ce soir… en prétendant chanter…Bref… Hors de question… On (c’est mon père qui parle et il inclut toute la famille même si tout la famille, ne pense pas comme lui) supporte déjà assez ses cris sur ton tourne disque à longueur de journée…ça suffit comme ça. L’incident est clos. On n’y reviendra pas. »

Mais à ma façon je suis un têtu, je le relance tous les soirs, jusqu’à limite qu’il pète un câble, mais depuis ce jour-là, où il m’a corrigé de main de maître parce que

Soi-disant une connasse de voisine juive m’avait vu fumer une cigarette près du Prisunic, il contrôle ses pulsions maltraitantes ; peut-être parce que mon grand-père, mort depuis peu, m’avait défendu et lui avait interdit de lever la main sur moi ou sur quiconque de SA famille. Alors, quand je le saoule trop avec mon Johnny, il finit de manger et va se coucher… Et ma mère de dire : «  L’énerve pas, mon fils, il est déjà assez fatigué à cause de son boulot…et de la vie… » Et je réponds : «  OK… mais qui va venir avec moi au Palais des Sports voir Johnny ? Y des matinées le jeudi et le dimanche. »

«  Ecoute… » me dit mon frère,

« trouve toi un copain qui aime bien Johnny aussi, allez y ensemble un jeudi, sans rien lui dire à papa et le soir quand il rentre, tu es là… »

et ma mère rajoute :

« je te paye la place, et même si tu rentres plus tard, je lui dirai que tu es chez Didier pour faire tes devoirs… »

Voilà… j’ai mis tout le monde dans le complot… et ma sœur conclut :

«  Vous ferez la même chose pour moi, si je veux aller voir Adamo ? »

On est en 1969 au printemps. Le plus gros problème qui se pose à moi, c’est que je n’ai jamais voyagé tout seul dans les transports, toujours avec quelqu’un de la famille. Je ne sais pas prendre les bus, le métro et tout ça. Ah… J’étais un drôle d’ado révolté, trop couvé par sa mère, le petit dernier capricieux qui laisse encore son pyjama sous son pantalon quand il fait trop froid. Tu parles d’un rocker, de mes deux… ouais !

Un jour en récréation, j’entends un copain, enfin pas vraiment un copain, un voisin de classe,dirons nous, qui seul dans son coin en triant ses cartes de footballeurs qu’on achète chez le boulanger pour faire des albums, fredonne : Entre mes mains, une chanson que chante Johnny :

« J’ai connu bien des filles, puis j’ai connu la fille… Tout se brise … Entre mes mains …»

 Pour chanter cette chanson, faut connaître JohnnyC’est pas que je t’aime ou Mal…ou même Be Bop a Lula

Le mec il s’appelle Philippe Maimbourg, il habite au Bourget, son père l’amène tous les matins en voiture au C.E.G. C’est un petit gros tout rond, c’est un peu le souffre douleur de P’tit Louis, de Achache et de Laporte et des autres durs de la classe. Ils l’ont surnommé Bouffon, peut-être parce qu’il est vraiment rond de visage et que ses joues rouges font penser à un poupon ou une marionnette. Ils le tarabustent, l’obligent à aller leur chercher des bonbons, ils lui foutent des taloches, des pichenettes juste pour l’entendre renâcler du nez … Et là, Bouffon est tranquille, les durs jouent au foot, sans lui, bien sûr. Et, lui, il chante Entre mes mains de Johnny.

«  T’aime Bien Johnny ? » je lui dis en m’approchant de lui sur le muret où il est assis.

«  Ouais… » Il répond. Juste ouais… rien de plus. Je continue.

«  T’as des disques de Johnny, chez toi ? »

« Ouais… mon père, il les a presque tous. Il travaille chez Phillips dans la Zone industrielle du Bourget. Alors, il peut avoir tous les disques qu’il veut… »

«  Tu mens ? »

«  Non… C’est vrai mon gars… T’as qu’à pas me croire… Je m’en fous… »

«  Tu l’as déjà vu en spectacle Johnny ? »

«  Jamais. Mais j’aimerais bien… »

«  Il passe aux Palais des Sports, à la Porte de Versailles. Tu voudrais pas y aller avec moi ? »

«  Rigole mon gars. »

A cette époque les mômes y disent ça comme ça «  Rigole mon gars.… » aujourd’hui on dirait selon les générations :… un peu mon neveu ! … et comment ! ou, des barres !… Bref ça veut dire oui, mais un oui spécial.

« la semaine prochaine c’est le 1er mai…C’est un jeudi. On y va ? Tu demandes à tes parents. Moi ma mère elle est d’accord, mais je le ferais sans que mon père soit au courant… »

«  Rigole mon gars… » Il le répète et a l’air heureux que je lui propose ça et il ajoute.

«  On dit rien aux autres de la classe d’ac ? »

« OK… t’es déjà allé à Paris tout seul avec les transports. »

«  Bien sûr mon gars… tous les week-end je vais voir ms grands parents dans le 12 ème. Je prends, le bus et le métro et un autre bus. »

«  Alors ? Tu sauras aller Porte de Versailles… »

«  Rigole mon gars… Fastoche… »

«  Écoute on part du matin, on amène des sandwichs et une gourde d’eau. On mange devant le palais des sports, parce qu’il doit y avoir du monde… Alors on sera de bonne heure pour faire la queue et avoir des places …

«  C’est cher, je crois ? »

«  Je pense qu’on peut avoir des places pour moins de 500 Anciens francs[4]… on sera tout en haut mais on verra bien quand même »

Et voilà… le jeudi 1 er mai, après avoir dit à mon père que je passais la journée chez Didier pour faire mes devoirs de maths aux quels je pige que dalle, parce que j’aime pas les maths, je retrouve Bouffon devant l’arrêt de bus du 149, direction Porte de la Villette où on prendra le métro pour aller Porte de Versailles… On doit changer à Montparnasse Bienvenue et prendre la direction Porte de Versailles. Personne ne le connaît sous cet aspect là, mais Bouffon a tout organisé, il connaît le trajet par cœur, le nombre de tickets qu’il faut, le changement… Il a évalué le temps du trajet à 1h 30 / 2h à peu près, 27 arrêts en métro et un peu de marche à pied pour aller au Palais des Sports … C’est pourquoi il nous fait partir vers 10h 30. Il a mis dans son sac de gym, deux sandwichs, un au camembert et l’autre aux rillettes, une bouteille de coca en verre comme celle qu’on sert dans les cafés, des carambars et des malabars. Moi ma mère, elle m’a mis un sandwich au jambon avec du gruyère râpé, un pain au chocolat, deux barres de chocolat Meunier et une banane. Dans une gourde en plastique, elle m’a mis de l’antésite.

Moi je suis Bouffon comme son ombre. Il est dégourdi, il parle beaucoup de ses parents, de ceux qu’il appelle les connards de la classe, de ce qu’il veut faire plus tard : ingénieur en mécanique automobile, il est fou des voitures de courses. Il parle même politique, moi je ne suis pas très bon là dessus. Il admire De Gaulle comme son père et dit que Marchais est un stalinien. Je ne sais pas ce que c’est un Stalinien. Mais j’arrive à lui répondre quand même, que je pense que je suis de gauche… ça le gêne pas… « Y a des communistes sympas… » il répond. « Et c’est la démocratie de ne pas penser tous la même chose et de pouvoir le dire. » Et puis on revient parler chansons… je lui dis que j’aime bien Johnny, mais que j’aime aussi Georges Brassens. Je lui dis même qu’il y a un coffret qui sort avec tous les disques de Brassens, mais que c’est trop cher et que je ne pourrais jamais l’avoir. Il répond juste «  je vais voir avec mon père… »

Et puis, ça y est on sort du métro Porte de Versailles. On repère le Palais des Sports, Y a de grands panneaux avec la tête de Johnny.

«  Tu vois on y est…  Qu’est ce que j’avais dit ? On a mis 1h 45… Y a plus qu’à faire la queue… pour les places. »

On regarde bien… Mais on ne voit personne faire la queue. On cherche l’entrée pour prendre des billets. Ma mère m’a donné 600 anciens francs. Bouffon lui il a 1000 anciens francs. Il m’a dit :

« si t’as pas assez je te prête. » et je lui ai répondu :

«  Rigole… mon gars… »

On rentre dans le hall du Palais des sports et on cherche la caisse où on prend les billets. Y a une dame brune avec des cheveux courts qui tricote. C’est Bouffon qui parle :

«  Bonjour Madame… On voudrait voir Johnny Hallyday… »

La femme lève les yeux en continuant de tricoter…

«  C’est pour quand ? »

«  Pour maintenant ! » il dit Bouffon.

«  Maintenant ? Y a pas de représentations … C’est ce soir à 9 heures… seulement… Il reste que des places à 1500 anciens francs. »

«  Mais on nous a dit qu’il y avait des matinées aujourd’hui ? »

«  On vous a dit des bêtises… »

Bon… Réfléchissez un peu… On est à une époque où y a pas internet, pas de Fnac, pas de France Billets… Les infos et tarifs sur les spectacles, théâtres, concerts cinéma, spectacles, musées etc … On ne les a que sur l’Officiel des Spectacles, Bouffon n’a pas pensé à l’acheter pour être sûr de notre escapade pour voir Johnny.

Et Bouffon, il sort à la bonne femme, comme pour la soudoyer…

«  Et Johnny il est là ? On pourrait le voir pour lui dire au moins … ? »

Bizarrement elle ne rit pas, la caissière… et elle répond :

«  Johnny ? À cette heure-ci il doit dormir… »

Il insiste Bouffon et il ajoute…

«  Vous pourrez lui dire que Philippe Maimbourg et son copain Albert, ils ont voulu le voir. Dites lui… Mon père travaille chez Phillips. »

Elle continue à ne pas rire la dame, elle est même tout ce qu’il y a de sérieux

«  Oui… je lui dirai… »

Et Bouffon et moi tout sourire on répond :

«  Merci Madame… vous êtes bien aimable…au revoir… »

On sort. On s’assoit sur les marches.

« Qu’est ce qu’on fait ? » je demande à Bouffon.

«  On va rester un peu en finissant nos sandwichs…Si ça se trouve, il va passer pour venir répéter et on lui dira nous mêmes »

«  Rigole … mon gars… »

copyright Albert Labbouz pour Désespoir Productions Decembre 2017

[1] Dans l’ordre des chansons citées : Rolling stones, Led Zeppelin, Who, Beatles, Creedence Clairwater Revival, Comédie Musical Hair, Leonard Cohen

[2] F.E.O fin d’études Orientées. Nos SEGPA de l’époque .

[3] 1000 anciens francs soit 100 francs… soit 15 euros… On est en 69… et 1000 anciens francs c’est cher.

[4] 500 anciens francs soit 50 francs soit… 7,50 euros.

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Perplexité

FACEBOOK me laisse perprlexe…

 

Personnellement, je n’ai pas Facebook ; j’ai créé deux pages facebook pour mes livres… Rencontres étoilées (http://www.facebook.com/rencontresetoilees) et Jardins à l’Algérienne ( http://www.facebook.com/jardinsalalgerienne) pour me faire de la pub et pour faire connaître mon travail d’auteur. J’ai aussi mon site perso ; (albertlabbouz.fr) qui doit être actualisé par mon webmaster… Mais, comme je suis sur Twitter( @Albertlabb ) et que j’ai mon blog sur WordPress (rencontresetoilees.wordpress.com), et que je re-tweete, les articles que j’écris sur mon blog sont partagés sur ma page Facebook « jardins à l’algérienne » et du coup je peux voir qui a aimé ou pas …

Alors, par le biais des liens, je vais sur les pages Facebook de ceux/celles qui ont aimé. Et là je reste perplexe sur Facebook et sur mes « amis » que je connais en vrai et qui ont Facebook. Je vais sur leur page et je vois le nombre d’amis, de connaissances qu’ils ont et parfois je reconnais des disparu(e)s alors je clique pour voir et savoir ou ce qu’ils/elles sont devenu(e)s ou bien quelle tête ils/elles ont maintenant et quel(le)s sont leurs nouveaux/nouvelles ami(e)s. Mais je reste perplexe, (je sais, je me répète, c’est exprès!)… Pourquoi perplexe ? Parce que je sais que la somme d’ami(e)s qu’ils ont n’est pas le reflet de leur vraie vie. Ils ont des ami(e)s, mais ils n’en voient et en côtoient que quelques un(e)s.

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec l’idée d’amitié, car je n’ai jamais su la définir. Je ne sais pas où commence une amitié, où elle finit et ce qui fait que c’est une amitié. Il existe des gens qui ne sont pas de ma famille, et que j’aime, que je respecte, et avec qui partager des choses (repas, concerts, ballades, discussions …) est nécessaire pour moi, pour eux aussi j’espère… Je tiens à ces gens… Mais je ne sais pas nommer la relation que j’ai avec eux… Amitié ? Je ne sais pas… Y a t il une hiérarchie dans l’amitié ? Relation, collègue, connaissance, camarade, copain-copine, ami(e)? Y a t il des règles, des passages obligés pour passer d’une étape à l’autre ? Je ne sais pas… Je ne l’ai jamais su. Ce que je sais, c’est que j’aurais voulu que certain(e)s ne disparaissent pas, jamais, ne s’éloignent pas, que ce soit à cause des aléas de la vie (déménagement, décès) ou bien parce que le temps a passé et qu’il passe sous forme de période : l’enfance, l’adolescence, les mariages, la vie sociale… Certes j’ai encore des amis d’enfance et d’adolescence… Mais les autres ? Ceux/celles que j’aimerais encore sentir à proximité, pourquoi le temps ne les a pas fait subsister ? Serait-ce donc que la relation n’était pas si importante, si vitale ? Sur le Facebook des gens que je connais, parfois, ils sont nombreux… Ne seraient ils pas alors que des fantômes du passé pour leur rappeler qu’à une époque ils se connaissaient, ils se côtoyaient dans le même lycée, la même ville le même quartier, qu’ils avaient peut-être partagé, vécu des choses semblables ailleurs, autrefois ? Autrefois … ? A quoi sert Facebook ? A dire à d’autres qu’on est toujours vivants ? Non… j’ai vu dans la liste de quelqu’un que je connais qu’il avait toujours pour ami quelqu’un de mort…une de ses connaissances (même pas un ami) dont personne n’avait enlevé son profil… On peut donc être ami Facebook avec des morts … C’est bien. Les quelques « amis » décédés que j’ai connus, je n’ai pas besoin de Facebook pour dire que je les ai aimés et que parfois je pense à eux, avec émotion… J’ai vu aussi dans ces listes d’amis, que beaucoup étaient « amis » avec leurs propres enfants qu’ils voyaient encore … Ah Bon ? Facebook est donc nécessaire pour faire comprendre à ses enfants qu’au delà du lien familial, nos enfants sont aussi nos amis et vice versa ? Qui plus est… dans la réalité ce n’est pas toujours vrai, mais bon…  J’ai vu aussi que beaucoup, mettaient en photo des moments de leur vie… Photos de vacances, anniversaires, réjouissances amicales ou familiales… ça me laisse perplexe, ça aussi… « Regardez… Là c’est nous au bord de la mer, dans un pays étranger, nous mangeant dans un bon restau (avec photo du bon plat), c’est moi faisant le con à l’anniversaire de untel »… etc… Perplexe aussi de servir de relais aux infos… regret du décès de tel ou tel personnage public… J’admets à la limite cela comme un hommage perso à quelqu’un dont la disparition nous touche… Voilà… donc si j’ai bien compris, que Facebook non seulement d’être un relais de nos vraies ou virtuelles amitiés, est aussi un réseau médiatique qui nous permet de nous transformer en passeur, en journaliste de sa propre vie. Je sais que je suis mal placé pour écrire ce qui va suivre, mais je l’écris quand même… Nous voulons tous être regardés, aimés, admirés, reconnus du plus grand nombre et pourquoi pas même d’inconnus qui grâce à Facebook trouveraient notre vie géniale… !!! Facebook n’est il pas une fabrication à envieux  quelque part ? Je peux à la rigueur comprendre que Facebook soit une vitrine pour un artiste, un créateur, un politique même … Un thermomètre de sa popularité, un vecteur de sa publicité (mes pages Facebook de mes livres existent pour cela… au départ…) Oui… Facebook comme relais publicitaire je peux l’admettre…

MAIS…

Facebook me laisse très perplexe… oui… me passent par la tête des trucs du genre : « Big Brother is watching you… » « La solitude ça n’existe pas … » Ben… si justement… Je pose la question est: et si Facebook n’était qu’un placebo contre cette solitude qui effraie certain(e)s d’entre nous ?

Je n’arrive pas à m’imaginer (si j’avais Facebook) qu’en « likant » quelqu’un que je connais… Je n’aurai pas, plus envie de l’avoir en face de moi autour d’un café, d’un verre ou d’une soirée. Et lui dire simplement : «  Alors ? Quoi de neuf ? Qu’est ce que tu racontes depuis le temps ? »

À mon âge et à l’heure qu’il est… Mes réflexions et mes pensées tournent autour de ce putain de temps passé et de celui qu’il reste, et de me dire…Qu’est ce qui fait une vie ? Qu’est ce qui la défait ? Qu’est ce qui a été important ? Qu’est ce qui ne l’a pas été ? Que sont mes amis devenus…?  » Dans quel état gère/j’ère?  »  Et  comme ma mère et son Alzeihmer grandissant  tout me ramène à cette question qu’elle nous pose 50 fois par jour …

 » Qu’est ce que je dois faire ? »

 

Coyrighyt Albert Labbouz Aout 2017 pour Désespoir Productions…

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Last day ? version augmentée et basta !

LA RETRAITE …C’est quoi cette histoire? Parce qu’un jour on cesse de travailler, Ce devrait être le grand jour, le grand soir à l’image d’une naissance ou d’une mort? Tout le monde me tanne: « alors? C’est ton dernier jour? Tu vas fêter ça ? Et tu vas faire quoi après? C’est une nouvelle étape …  tu vas avoir du temps, maintenant… Etc… » certain(e)s m’envoient des SMS me souhaitant une vie nouvelle, d’autres des regrets de mon départ… Faut il que le travail soit à ce point une douleur, la charge de toute une vie pour que tous veulent en être soulagés à ce moment précis du dernier jour… C’est comme si on avait vécu que pour cela: la retraite !!! Et quand on ne travaillait pas c’était quoi ? Des intermèdes appelés vacances… repos…maladie…? Une vie ne se résume t elle qu’à ses départs… à ses adieux… à ses  » nouvelles étapes »?  Des retraites, des nouvelles étapes, j’en ai vécu des centaines depuis l’enfance, à commencer par mon départ d’Algerie et puis mes déménagements et puis mes changements d’école dans mon boulot de remplaçant éternel et puis aussi les virages dans mes désirs d’artistes ( chanteurs, comédien, théâtreux, auteur, écrivain, voyageur…) et puis aussi mes amours foutus. À chaque fois une retraite; une nouvelle vie, de nouvelles rencontres, et irrémédiablement des pertes, des oublis, des effacements. Il paraît qu’on appelle ça « la vie ». Non… mais tout ça pour dire que cette idée de retraite est bien une connerie, car des retraites on en vit sur tout le chemin qui va de ce premier épisode-naissance à l’ultime. … Changer… Ah Bon ? La retraite va me changer alors ? Je vais pouvoir réaliser mes désirs, mes envies et le travail, ce salaud m’en empêchait ? Non… Non… fausses excuses.  Tout ça parce que notre temps était rythmé d’horaires de lever pour aller bosser, d’horaire de fermeture, de temps de pose pour souffler. La retraite un autre rythme alors ? Que nenni, je me lèverai matin et quoi ? Avec une heure ou deux de sommeil en plus so what ? Alors, je n’ai pas attendu ce moment pour dire que je vais faire ce que je n’ai pas eu le temps de faire ? : des tours Eiffel en allumettes, aller à la pêche, reprendre des études, lire tout Proust, apprendre le piano, faire le tour du monde .Vivre différemment me dit on… Ben voyons… Qui m’empêchait de le faire pendant que je travaillais hein, justement pendant ces intermèdes créés par la loi ? La vie est un travail à elle toute seule, et sa retraite porte un nom beaucoup plus sombre: Mourir. Avec cette notion de travail que beaucoup porte comme un fardeau ( demandez aux vraies travailleurs, travailleuses qui rentrent chez eux les soir avec des crampes dans les mains, des maux de dos, des burn out en sourdine…), il a été créé le monde des retraités pour les soulager un peu comme dans  » Soleil Vert », le « club » comme me le dise certains. Mais comme me l’écrit ma copine Sylvie, c’est juste un rite initiatique pour masquer le fait que tu n’as plus 20 ans et que ta jeunesse et sa force est derrière toi. Alors… Ben… ce qui veulent se bercer d’illusions sur leur retraite à venir, en se disant que tout va changer partir de ce last day… Libres à eux. Et Sylvie ajoute à juste titre ce que disent les gens de Matala en Crête: « To day is life, To morrow never comes… »

Sur l’océan pas toujours calme, même agité de ma traversée, le pas que beau va. Oui, et la nave va…  et comme le chante my boss: No retreat no surrender!

7 Juillet 2017 copyright ALBERT LABBOUZ pour désespoir productions

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JARDINS à L’ALGERIENNE Nouveau témoignage…

Bien sûr, quand on n’est pas un auteur reconnu par le monde médiatico-littéraire, ou bardé d’attachés de presse qui copinent avec le show-biz littéraire,  parce qu’on est qu’un auteur publié par un éditeur indépendant, les retours des lecteurs qui se procurent votre livre dans un salon, ou en le commandant chez l’éditeur ou chez certains libraires ouverts à la découverte ( ils ne le sont pas tous… ils veulent vivre aussi et non pas d’autres recours que de mettre en avant les best-sellers, les grandes maisons d’éditions, les Mussso, Levy, et autres…)- ces retours sont un peu une poussière de reconnaissance, des bribes de notoriété que vous n’aurez jamais… Dans un accès de fierté, personnellement, je peux me dire quelque chose de l’ordre de l’injustice, ou même en gonflant mon ego penser :  » les cons ( ceux qui ne savent pas que j’existe en tant qu’auteur, ou qui ne me lisent pas…) ils ne savent pas ce qu’ils loupent !
Ces retours de lecteurs/trices croisé(e)s le temps d’un salon où la concurrence fait rage, et où vous voilà balourdé vendeur comme sur un marché:« il est beau mon roman, ils est frais… », sont la justification de l’envie de continuer à écrire. Oui, car un auteur non lu et auquel on ne renvoie rien de son travail est un zombie, un mort vivant, un inutile…
J’en suis à 3 livres publiés chez Grrrart-editions et la dureté de la vente en salon m’a fait penser que cela ne servait à rien d’écrire et que je ferais mieux d’arrêter et de gratter ma guitare dans mon jardin en vivant une retraite aigrie. Mais… Un lecteur vous écrit et vous vous dites… Ce n’est peut être pas inutile…
François L. m’a écrit sur Jardins à l’Algérienne et voilà son témoignage. Peut être par l’intermédiaire de ce blog s’il est relayé, d’autres lecteurs/trices inconnu(e)s auront envie de découvrir Albert Labbouz, cet auteur anonyme que l’agneau de Dieu n’a pas touché du doigt…
Cher, Albert Labbouz
 
Nous nous sommes rencontrés 5’ à Saint-Louis, le temps que je t’achète ton roman.
Je viens de le lire avec beaucoup de plaisir et de nostalgie. Le plaisir, c’est parce que j’aime beaucoup ton écriture, ta fantaisie, l’espèce de liberté que tu glisses sous ta plume, les trouvailles qui amusent les pages. Le plaisir, c’est aussi la tendresse que tu mets dans le rappel de ces souvenirs, la gentille distance que tu établis entre toi et Théo avec une bonne dose d’humour, mais humour rime avec amour. Le plaisir, c’est cette narration soutenue qui interdit au lecteur de s’arrêter, des personnages attachants, une histoire vraie et pourtant qui dépasse (je n’ose pas écrire « transcende ») la réalité, qui va en tout cas au-delà.
La nostalgie, c’est parce que nous avons eu des vies parallèles : toi de retour en France et moi le petit Patos qui arrive en Algérie, toi et moi victimes (plus ou moins consentantes mais « réservées) de ce « viol » dont tu parles. La fin des enfances confrontés à d’autres réalités.   C’est aussi parce que nous avons eu en commun Oran ! Et puis, mon grand copain s’appelait Choukroun!
Je suis content de te connaître (lire, c’est co-naître, pour reprendre un vieux cliché) avec ta sensibilité, l’acuité de ton regard et ton talent !
 
Bonne continuation. Je vais me procurer tes autres livres : un type qui se fait photographier avec L. Cohen ! Moi, j’ai aussi eu ma journée de gloire : j’ai passé une après-midi avec Moustaki !
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CHOISIR SON ENNEMI

Je ne peux pas être dans le silence en ce moment… Il y a si peu d’espoirs, si peu d’envie, et pas de désir.

« ILS ONT VOTÉ ET PUIS APRÈS » … ? chantait Leo Ferré…

Cette France qui m’a accueilli lorsque j’avais 8 ans. Cette France je ne la reconnais pas tant elle s’égare dans ses choix, tant elle se laisse berner par de sombres discours et mensonges à tout va. Beaucoup ont d’abord soutenu un voleur, un menteur, un névrosé en faux-self cherchant le pouvoir en promettant sans vergogne le bonheur d’une autre vie à des français abîmés par la violence, la mort, la misère et le rétrécissement des consciences et du portefeuille. Il s’est viandé et c’est tant mieux ! Mais cela n’a pas suffi. Deux sont restés en course…

Et vous voilà mes chers français, mais pauvres français prêts à vous engouffrer dans l’ignominie d’une héritière carnassière feignant la respectabilité et se revendiquant du peuple, elle qui a vécu et grandi à Saint-Cloud dans un château grâce à un don bizarrement acquis offert à son père par un PDG cimentier. Son père, admirateur de l’Allemagne nazi, des chants militaires, créateur de groupuscules fascistes qui ne lésinaient pas à casser du bougnoul ou à se payer un youpin lors de virées scandées par le bruit de leurs rangers ! Un père raciste xénophobe, homophobe, tortionnaire notoire pendant la guerre d’Algérie. Haines à tous les étages que ce géniteur a forcément transmis, et légué à ses filles, à ses femmes, à sa famille et à ses louches amis d’Europe qui arborent des drapeaux avec des relents de croix gammées… Elle veut vous faire croire que de son passé elle a fait table rase, qu’elle a tué le père et que nettoyée dans un bain de renaissance, elle est redevenue vierge de toute haine et est prête à sauver le travailleur opprimé par le patronat, l’agriculteur étranglé par la mondialisation ou le chômeur qui bien sûr, pour elle, payent tous le tribut de l’immigration, de ces gens venus d’ailleurs qui viennent retirer le pain de la bouche des français catholiques pratiquants. Elle veut vous cloisonner dans ses frontières à elles comme si les envahisseurs apocalyptiques allaient nous anéantir, violer et voiler nos femmes… Elle et ses copains parlementaires qui piquent aussi le pognon à leur façon au parlement européen où ils ne viennent que très rarement.

Vous voilà mes chers français, mes pauvres français tiraillés entre cette vermine bleue verdâtre et ce dandy tombé d’on se sait où, sorti de banques prestigieuses et qui n’a jamais biberonné à la politique hormis pour deux années transitionnelles à l’économie. Ce dandy qui dit se situer au delà du bien et du mal, ni de droite ni de gauche… Certes le cartésianisme français a du mal à élever sa pensée, tant ataviquement, nous avons tous été élevé dans la loi des contraires. Une porte doit être ouverte ou fermée, le noir et le blanc, le haut et le bas, le dessus et le dessous, le père et la mère, la terre et le ciel, le bien et le mal. Comment pouvons-nous apprendre à penser si nous ne pouvons plus nous situer ?

Un temps j’ai cru pouvoir rêver de nouveau à l’égalité, à la liberté, à la fraternité, à la jeunesse, à la poésie, à l’intelligence du cœur, à la raison du sentiment. Un temps j’ai cru que l’union allait de nouveau avoir droit de cité et que nous pouvions redevenir acteur de notre destinée conduit par un ou deux hommes fraternels, érudits, rassembleurs. J’ai voté pour l’un deux avec la conviction ferme que tout était possible, tout était permis bientôt… Mais, mes pauvres français vous vous étiez déjà laissés bernés et englués dans la fausseté des trois premiers candidats… Alors… tout est retombé, la dépression est réapparue, la tristesse, l’angoisse aussi avec un choix que j’espérais ne plus jamais avoir à refaire depuis 2002. La déception aussi car cet homme qui avait recueilli ma voix, ma voie, dégouté par sa défaite a retrouvé l’antipathie et l’amertume qu’il avait réussi à combattre grâce à l’amour, à sa nouvelle compagne et à ces milliers de jeunes qui de nouveau étaient prêts à croire à la politique. Qui plus est, lui qui avait été une sorte de lumière ironique dans la noirceur des coups bas, s’est retranché dans une sorte de mutisme, que personnellement j’interprète comme une sorte de « Démerdez vous ! ». Du coup, il nous faut, il me faut encore réfléchir. Quel ennemi devais-je, devons-nous, devez choisir ? Quel ennemi doit se choisir ceux que cette alternative ne réjouit pas ?

Celle qui verrouillera toutes les portes et réactivera la répression sauvage et sanglante quand une lutte sociale pourrait naitre ? Celle qui musèlera la culture en imposant les goûts du parti d’où elle est issue ? Celle qui pactisera avec d’autres diables américains ou russes ? Celle qui musèlera la presse démocratique ? Celle qui régressera en nous conduisant vers une autarcie monétaire ? Ou bien, celui qui se fera les dents à la gouvernance en étant la marionnette des financiers ? … Car franchement, qui peut penser que ce serait la même chose d’être opposé à cette femme qu’à cet homme qui veulent le pouvoir ? Il est à mon sens plus clair et plus facile d’avoir l’homme comme adversaire que cette dangereuse femme. Ne vous trompez pas, votre liberté sera anéantie de toutes parts : liberté de choisir, liberté de circuler, liberté de penser, liberté de rire… Ne riez pas ! Pensez vous que les comiques et autres stand up auront droit de cité ? Pensez vous que vos programmes télé, vos journaux, seront tenus par des hommes et des femmes indépendants du pouvoir qu’elle verrouillera ? Si elle est à la tête du pouvoir, il faudra entrer en résistance ouverte, violente, frontale pendant 5 ans. Ce sera épuisant, car nous retrouverons les clivages, les délations et qui sait, comme dans un vieux Chili ou une vieille Grèce des années 70, ou une Russie stalinienne, combien disparaitront, combien seront enfermés pour avoir voulu retrouver un air sain, un air de liberté où on n’a pas à se méfier de son voisin…? Ce n’est pas de la politique fiction. Cette femme ne promet pas le bonheur, elle vous mène à votre malheur qui que vous soyez … Et vous mes chers français agriculteurs, ouvriers, pêcheurs, petits commerçants vous pleurerez des larmes de sang de vous être fait bernés une fois de plus par une riche menteuse qui se réclame du peuple qu’elle n’a jamais fréquenté !

Pensez vous vraiment que le dandy financier débutant en politique (mais il faut bien débuter…), pourrait vous conduire en enfer comme elle ?

Quoiqu’il en soit, il vous sera plus aisé, plus loyal de combattre cet ennemi là, non ? C’est cet ennemi que vous devez choisir quand vous irez voter…

Ni l’un ni l’autre ne vous feront retrouver le gout du bonheur et l’éclatante lumière d’un soleil renaissant, mais de deux cancers, choisissez le moindre. Demandez vous avec lequel avec lequel vous serez plus apte à le combattre, avec lequel la rémission sera possible,  Choisissez le bon cancer, le bon ennemi !

Albert Labbouz copyright désespoir productions. Mai 2017

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