A l’école de la Poésie… Leo… 100 ans

LEO … 100 ANS…

J’ai entendu dire par Pascal Boniface géopolitologue sur Public Sénat ( eh oui je ne regarde pas que M6 et Cyril Hanouna…, je pense aussi parfois) qu’aucun média n’allait célébrer les 100 ans de la naissance de Léo Ferré et que tous les reportages ou bio proposées avaient été refusées… Euh… Léo Ferré ça vous dit quand même quelque chose, non ? Avec Brel et Brassens, c’était un fameux triumvirat de nos années 60, 70 et 80… Des poêtes ? Non pas des rappeurs, quoique Léo avait quelque chose du slameur quand il balançait ses textes soit a capella soit avec un orchestre pop (ZOO), juste un piano ou un orchestre symphonique derrière lui. Boniface expliquait que Léo était beaucoup moins lisse et conventionnel qu’un Brel ou qu’un Brassens. Plus rentre dedans, plus gueulard contre les médias, le pouvoir en place ou les abrutis de tous poils. Léo n’était pas gentil avec la société. Léo était un homme blessé, dès l’enfance, meurtri aussi par ses amours. Et ce qu’il écrivait était à vous hérisser le poil, à vous foutre le cafard, à vous remettre en question, à pleurer sur ce que vous pensiez être. Non, personne ne fêtera cet immense poète dont les textes, les chansons, les poèmes, les pamphlets n’ont rien perdu de leur force, de leur vigueur et de leur engagement. Plus actuels, en ce moment dans cette époque troublée, tu ne peux pas faire mieux ! Choisir un poème ou un texte ce serait nier tous les autres. Vous vous devez de TOUT écouter ? Prenez le temps. Ne vous arrêtez pas à ce qu’on put dire de lui les gens qui le connaissaient ou croyaient le connaître. Je me souviens à une fête de Lutte Ouvrière devant la jeunesse venue écouter Starshooter, alors que Léo chantait «  le chien » : il s’était approché d’un jeune au premier rang et lui avait balancé avec son sourire et ses fossettes : «  C’est pas facile, Ferré, hein ? ». Non ce n’est pas facile Ferré, c’est pas immédiat comme Booba, Maitre Gims ou même Stromae… Ferré invite à se pencher sur soi-même et à se secouer les neurones pour comprendre son existence dans ce foutoir qu’est la vie. Même Grand Corps Malade l’a zappé dans son récent slam « l’heure des poètes, » lui préférant NTM ou Renaud, et même Aznavour qui au final n’a écrit que peu de textes, ayant ses propres paroliers. Ferré est de ces poètes qu’on muselle parce qu’ils dérangent, parce qu’ils sont sans concessions, parce qu’ils peuvent réveiller les consciences. Ferré peut faire de vous un révolté, un vrai ! NI DIEU NI MAITRE ! Il ne faut pas être comme beaucoup qui se targue d’être poète aujourd’hui, être soumis, ou d’une caste comme il l’écrit dans le texte ci-dessous…

Je ne m’étendrai pas plus longtemps sur le sujet Ferré. De toute façon, il n’aimait pas les hommages, et les cirages de pompes. Prenez juste le temps de lire ce qui suit. Ça s’intitule Préface. Écoutez le aussi si vous pouvez… Tout y est ! Tout est dit. Amis de la poésie. Bonsoir…

PRÉFACE

La poésie contemporaine ne chante plus, elle rampe

Elle a cependant le privilège de la distinction

Elle ne fréquente pas les mots mal famés, elle les ignore

On ne prend les mots qu´avec des gants

À menstruel, on préfère périodique

Et l´on va répétant qu´il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires et du codex

Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n´employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu´ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baise-main

Ce n´est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baise-main qui fait la tendresse

Ce n´est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot

Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s´ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes

Le poète d´aujourd´hui doit être d´une caste, d´un parti ou du Tout-Paris

Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé

La poésie est une clameur

Elle doit être entendue comme la musique

Toute poésie destinée à n´être que lue et enfermée dans sa typographie n´est pas finie

Elle ne prend son sexe qu´avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche

L´embrigadement est un signe des temps, de notre temps

Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes

Les sociétés littéraires, c´est encore la société

La pensée mise en commun est une pensée commune

Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes

Renoir avait les doigts crochus de rhumatisme

Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d´un coup toute sa musique

Beethoven était sourd

Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok

Rutebeuf avait faim

Villon volait pour manger

Tout le monde s´en fout!

L´art n´est pas un bureau d´anthropométrie

La lumière ne se fait que sur les tombes

Nous vivons une époque épique

Et nous n´avons plus rien d´épique

La musique se vend comme le savon à barbe

Pour que le désespoir même se vende, il ne reste qu´à en trouver la formule

Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle

Qui donc inventera le désespoir?

Avec nos avions qui dament le pion au soleil

Avec nos magnétophones qui se souviennent de ces voix qui se sont tues

Avec nos âmes en rades au milieu des rues

Nous sommes au bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande, à regarder passer les révolutions

N´oubliez jamais que ce qu´il y a d´encombrant dans la morale, c´est que c´est toujours la morale des autres

Les plus beaux chants sont des chants de revendication

Le vers doit faire l´amour dans la tête des populations

À l´école de la poésie, on n´apprend pas!

On se bat!

copyright Leo Ferré…

Voilà. Que rajouter après ça ? Écoutez aussi « la solitude » Vous avez Google ?… Taper La solitude Leo Ferré  et vous verrez. Et puis rappelez vous qu’

« Avec le temps va … tout s’en va… »

Oui, le 24 août 2016, à trois jours de mon anniversaire, Léo aurait eu 100 ans cette année, comme mon père… Un autre poète à sa façon.

JUIN 2016

Copyright Albert LABBOUZ pour désespoir Production.

 

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