En 1974… J’avais entendu mon maître chanter

I HEARD MY MASTER SING

Pour L…

J’ai entendu mon maître chanter

Je n’étais pas malade au lit

Mais ma tête bourdonnait de toutes ses mélopées

Et il m’a « catharsisé » de ses chanteries

Et il regardait son ciel les yeux fermés

Ce ciel dont il nous a donné un petit bout

Et que nous possédons à l’intérieur de nous

Il m’a montré la similitude de sa vie

Avec la mienne: Suzanne, Judy, Anne et Marianne

C’est comme Françoise, Pascale, Jeanne et Liliane

Il avait, lui, la mémoire des noms de filles,

le souvenir de ce passé tellement présent

De ce passé vraiment à venir, maintenant

J’étais là, immobile muet prêt à mourir pour rien

Et j’étais tué et servile

Et il a voulu partir « Field Commander Cohen »

Mais on n’a pas voulu voir fuir le mort-né

Il rejoignait son fil

Lui, l’ivrogne d’un vieux livre à la mode

Et tous nous aurions voulu

Des kilos de glu pour le ramener

Nous aurions tous voulu

Porter le fameux imper bleu

Et chanter une chanson franche

Qui ne soit ni amère, ni vieux jeu.

Je l’ai vu, je le sais il n’y avait plus de code

Et l’antre du Show-biz est tombé en avalanche

sur l’homme de tous les ans

Refermant furtivement

les portes de sa Babylone vaudou

Qu’il avait entrouvertes pour nous

Sans se soucier des diamants de notre mine

Mais tout en sachant que le vin neuf de nos vignes

trafiqué par quelques docteur clairvoyant est aigre

Tout comme nous, assassins de Kateri Tekakwitha.

Copyright Albert LABBOUZ 1974

J’avais 20 ans… J’ai écrit ce poème, retrouvé 42 ans après, après l’avoir vu et écouter chanter à l’Olympia.  J’avais même réalisé l’enregistrement intégral du concert que j’ai encore et j’avais fait des photos…

Leonard Olympia

C’est un poème rempli de références à ses chansons. ( masters, Bird on a dire, Suzanne, Famous blue raincoat, Last year’s man, Let’s sing another song, Love calls you by your name, Diamonds on the mine…) la plupart extraites de ses trois premiers albums: Leonard Cohen, Songs from a room, Songs of love and Hate. Kateri Tekakwitha qui conclut le poème est un personnage  de son deuxième roman:  » Beautiful losers/les perdants magnifiques ». Leonard Cohen s’en est allé en cette année 2016, sur son fil comme l’oiseau libre qu’il a toujours été. Il s’en est allé, il sera toujours présent, pour moi. On a les pères de substitutions qu’on peut… qu’on veut.

« lead on my son, it’s your world » (The butcher)

copyright  texte et photo: Albert Labbouz pour Désespoir Productions

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s