L’âge du Christ 33 et 1/3

33 ans et un tiers

Avant j’étais sobre je ne buvais pas une goutte d’alcool ou de temps en temps chez des amis, apéro et repas sympas. Je ne fumais pas non plus ou une ou deux fois par an, un cigare ou un cigarillo. Puis, sans me prévenir en douce en cachette, en lousdé elle a préparé son coup pendant des mois sans rien dire à personne et elle s’est  barrée. Elle a abandonné la vie qu’elle menait en famille depuis 33 ans 1/3 (l’âge du christ) Elle allait mal et ça ne datait pas d’hier. Elle ne voulait plus de moi. Elle ne voulait plus, plus rien. Elle voulait autre chose. Savait-elle quoi exactement ? Moi, je ne sais pas trop quoi, même maintenant. Alors après avoir voulu quitter ce monde pour de vrai, je suis passé à autre chose. J’ai inventé l’Ouzo Times, tous les jours vers 18h 40; une sorte d’apéro riche (olives, tarama, houmous, saucisson, soubressade et grignotteries) qui me rappelait les années que nous avions passées en Grèce sous le soleil, tranquilles, quasiment amoureux, sans les enfants au début vers les années 87/88 et après avec nos enfants quand ils étaient tout petits. Les Cyclades on connaît bien on peut dire… A pied, en canot,  bateau et en voiture…

Depuis qu’elle est partie, je bois beaucoup d’Ouzo. Si j’ai des cigares, j’en fume. Si j’avais de la cocaïne j’en sniferais et j’en ferais  les frais. Je suis seul. Des fois, je ne suis pas trop mal, je l’avoue, comme le chantait Bécaud: « la solitude ça n’existe pas! » ! Mais ce que je m’enfile dans le corps malade pas si grand que ça, (naturel ou chimique) et dans la tête ne m’empêche pas de continuer à l’aimer malgré elle, malgré moi. J’aime encore les 3 autres qui ont compté malgré le mal qu’elles m’ont fait en me quittant. « Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours » chante Cabrel. La seule chose que je ne sais pas, c’est combien de temps cela va durer (l’aimer et boire de l’Ouzo) et comment je vais devenir ? Physiquement, psychiquement. Vais-je vivre ou exister ? Ce n’est pas la même chose. Même si j’aime l’Ouzo, je suis prêt à arrêter et que cela redevienne occasionnel à condition que le soleil, le bleu, le blanc, les regards revolver reviennent. Mais je ne suis sûr de rien. On dit tant de choses en colère ou en dépression. Et ces choses,  elle me les a écrites ! Écrites car elle ne pouvait, ne savait plus dire plus parler. Elle était devenue muette réellement . Il y a des moments où les mots ne nous appartiennent plus. Ils peuvent aussi se taire ou déborder comme la lave d’un volcan endormi depuis des siècles. Ils peuvent, cela s’est déjà vu, tuer.

Oui je ne suis sûr de rien comme tout le monde entier dans cette vie, sur cette planète. Qui sait quoi ? Et quoi d’abord croyons nous savoir ? (sic) … « Ne dis jamais jamais ne dis jamais toujours laisse à la mort le soin de prononcer ces mots ». chante François Béranger… Et c’est tant mieux.

Je souhaite qu’elle aille mieux, et qu’elle en prenne conscience, ou que quelqu’un lui en fasse prendre conscience, que comme on dit, elle puisse travailler ses démons comme Saint Michel terrassant le dragon, comme David tuant Goliath avec une fronde,  comme Ulysse échappant aux cyclopes, comme la bête retrouvant forme humaine grâce à la Belle, comme Jekill se débarrassant de Hyde … Seule ou en se faisant aider, si on croit en la psychanalyse. (Je ne parle pas de thérapie mais bien de cure analytique. La psychothérapie s’intéresse aux symptômes, la psychanalyse traite les troubles et les symptômes avec passage à un état de satisfaction; satisfaction ne signifie pas bonheur. Les personnes totalement hostiles à la psychanalyse ne sont pas détachées de leur objet incestueux et l’analyse dit quelque chose de leur objet incestueux que la psychanalyse viendrait mettre en cause. L’objet incestueux cette saleté  !  C’est une attitude majoritaire…) Dans la névrose on fabrique un mythe ( un roman familial, une fiction névrotique. Une névrose est un mensonge que l’on se raconte en trouvant des coupables ( là c’était moi) ou des prétextes basés sur des réalités. ( J’ai pas assisté à des dizaines de conférences pendant 5 ans avec Jean Gerard Burzstein à l’hôpital Bellanger pour rien quand même ! Burzstein qui disait qu’il faut bien accepter une part de saleté en nous pour mieux vivre… Attention nous sommes dans le symbolique, pas dans le social ni dans le quotidien … ) Mais bref ! Je n’écris pas cet article sur de la psychanalyse et vous êtes assez grand(e)s pour aller chercher vous mêmes les signifiants de ce que je sous-entends.

Je souhaiterais qu’elle vive mieux, qu’elle vive, débarrassée de ses névroses ressurgies de très loin, en retrouvant la parole, une parole vraie qui émanerait de son passage à la satisfaction, une joie de vivre comme lorsqu’on s’est connus et si possible en pensant parfois à moi, et à ses familles, et aux souffrances évaporées de nos enfants, selon ses désirs. Et comme on dit en espagnol,  pour finir cet article, je lui transmets mes Besós

Copyright Albert Labbouz pour désespoir productions

13 OCTOBRE 2018

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